‹ Souvenirs de FélicieChapitre 72 sur 82 · GEORGES III · texte numérisé non relu

GEORGES III

ROI D*ANGLETEBB£.

Le seul prince vivant dont il est question dans ce livre est l'infortuné Georges III , roi de la Grande-Bretagne. Depuis plusieurs années il languit, retranché de la société des hommes , privé de la lumière de la raison et de celle des deux;. mais ce triste état ne m'aurait pas paru autoriser suffisamment la publication de cet article si je n'avais la conviction la plus intime que cette faculté de penser, cette lueur divine qui constitue le moi y s'est retirée à jamais desa misérable enveloppe, enfin qu'il ne reste plus de ce chef de tant de millions d'hommes qu'une relique animée , qui tient, pour ainsi dire, le milieu entre le néant et l'être. Ce que j'ai à rapporter de ce prince n'est cependant point de nature à le blesser, si, contre toute attente, il recouvrait l'exercice de ses facultés intellectueUes. Ses mtentions ont été pures , son cœur juste, ses mœurs irréprochables. Mais j'ai une si haute idée du respect que Ton doit à èeux qui ont reçu du Ciel le pouvoir et la charge de gouverner les peuples , et ce sentiment , que je partage avec tous les adorateurs de la Providence , avec le» simples amis de l'ordre, est si profond, qu'il m'empédiera toujours d'examiner les actions des souverains, tant que leur misK sîon n'est point terminée. Cette opinion , loin d'avoir rien de servile , s'allie parfaitement avec la véritable dignité , et l'oir observe même dans toutes les cours que les plus fiers sont aussi les plus respectueux ; et pourtant, lorsque ces monarques, ces juges des nations, vont rendre à leur tour compte de leur conduite à un tribunal supérieur et sans appel , il est bon que leur mémoire soit ici-bas livrée à l'examen de ceux qui n»-

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guère ftireiitdaiis leur dépé&dance.lliei^psarti»^ tout lea^ like àrhistoire, nan pour foormr dés aHmenls à là mali^Hlé, toujoun empK«s^ 4'outragOT h granâetn^ qui n'est fkmà tmaé»:, non pas Ibén^ pour satisfaire une Vaine curiosité, . inais afin que Tônpi^ tirer dui^édt de leurs actions publiques m levées des leçons sakftalres, égalmnent profitables aux rôlB '^ aux|>eupl6s; caf'lalr bonlieor ne saurait èi^e séparé.

Dans ce Icnig iPègoe é^ 6eoi^ lU , si fécond «n événemeiits llitoiorables qui ont intéressé le monde àitier, je ne m'oeciH' lierai que de ceux sur lesquels son carac^ré personnel a eu as ¥influ€aiC€ ; e'usL in ini?thode que je crois devoir suivre dans les •lurticlesde ce livre qui coiicemcatlcs princes et les persoDues publiques. Si je me bornais à tracer leur portrait physique, et rà raconter quelques anecdotes , quelques traits isolés de leur • vie, ces notices incomplètes ne rempiiraieat point le désir que J'ai de 1mm coonEiitre, sous tous les rapports, des personnages intéressants, sur lesquels on n*a géuéralemeut en France que •des notions vagues, ou même fausses. Mois si je voulais, au contraire, rendre compte de tous les événements qui se sont passés sous leur règne ou pendant leur administration, je m'exposerais à deux graves inconvénients : d'abord à des redites inévitables, puisqu'il faudrait répéter, par exemple, lorsque j'en serai à l'article de M. Pitt, ce que j'aurais dit dans celui de Georges III , redire dans celui du prince Potemkin ce que l'on aurait déjà vu sous le nom de Catherine II ; le second serait de rendre mon ouvrage excessivement volumineux , et d'ailleurs de lui donner un caractère purement historique , ce que je veux éviter Si le public a accueilli avec quelque bienveillance mes essais en ce genre, je ne dois pas prendre ces encouragements pour le gage d'un succès infaillible dans une entreprise de longue haleine. L'histoire est un océan sans îles et sans ports de refuge , mais non sans écueils ; c'est une témérité que de s'y embarquer lorsque l'on n'a point encore amassé des provisions propo):tionnées à la longueur du trajet. J'imiterai les

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