‹ Souvenirs de funambulesChapitre 17 sur 49 · LA RKINE DES CAROTTES · texte numérisé non relu

LA RKINE DES CAROTTES

A cette époqae, j*éUi8 Tivement prépocnpé des|doclrines de M. Gleizès^ inventeur de Thalytie^ livre qui prêche exclusivement le régime des herbes. Ma rencontre avec Jupille, son apôtre ( voir les Excentriques) , me donna Vidée de la Beine des Carottes^ qui se montra en Auvergne dans un si beau jour, que je jetai immédiatement sur le papier une 'espèce de plan , ainsi que quelques tableaux ; mais, un voyage subit ayant coupé mes idées, et ne trouvant pas de dénoûment, je confiai la pièce à un jeune auteur ; c'est la seule de mes pantomimes qui ait été faite en collaboratiou. Il y aurait beaucoup à dire sur la collaboration dramatique, qni ne peut jamais amener que des résultats déplorables. H m'est bien prouvé maintenant que, deux intelligences inégales traînant le même boulet, la plus forte sera vaincue par la plus faible, Tesprit commun grimpera sur l'esprit distingué, Thomme à idées deviendra l'humble serviteur du faiseur.

Devant un dialogue commun, trivial, apporté par le collaborateur, l'inventeur est effrayé et n'ose dire son sentiment : l'affirmation est toujours blessante et ne se proave pas. Le créateur, honteux de s'être laissé prendre à une collaboration, baisse la tète, gémit en silence^ et jure de ne plus faire de pièces à deux.

l6 me consolai en rédigeant le liyret :

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