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Souvenirs de Genève: complément des "Mémoires d'un prisonnier d'Etat"

Ma rêcepHoti dans une soeiëlë cécrète. — Conrerfion de M. 4e Ualler «a €iytii0licbiiiB«

Oeftève , 10 06lêlir« l9ai«

Je veux t'associer à de bons patiiotes, m'avait dit Buonarotti ; il a tenu parole : j'ai été reçu hier dans une société secrète.

A sept heures du soir, j'étais au rendez-vous convenu: là, on me fit attendre seul dans une chambre 011 vinrent me visiter deux memibres de la société , m apportant trois questions h résoudre. L'une d'elles étidt ainsi conçue :

Quel eH le gouvernement qui offre au peuple le plus de garanties pour la liberté et la prospérité pybUques ?

J'ai répondu que c'était celui qui ayant po« principe la souveraineté du peuple, était oi^anisé

de manière à ce qu il fût également éloigné de l'absolutisme des rois et du despotisme aveugle desni^çi? . : f J i } \\ i

L'un des membres prit le papier sur lequel j'avâîi^ écrit et resta quelque temps sans revenii^; j'appris ensuite que mes réponses n'avaient pas entièrement satinait qi:raiqueid«iii» des aflidés. Cependant on me mit un bandeau car les yeux , et me prenant fortement par le bras l'on me conduisit danst la «Ue du odiiseil.

—•Qui es-tu?... me demanda le président d'une voi^i^ que je .reconnu^ aussitôt pour cejle de Çuonîe rotti.

,,<^p4i^.wMmnom. ,. , /

-^Quteteux-tu?

-^-M'mitf de cœur et d'action à de brave» gens qui ^ comme toi^ sont esxïÈ doute atiiinés du désir de faire triompher la cause de la Kberté. ' i

— Mais qtqt ùt 'dit que c'était pour servir la liberté que nous sommes ici rassemMés î^

— Qui me l'a dit?... les opinions et le caractère Hé cjelûi <Jui ttx'interroge.

-rQû^eâ sont lés garanties qtiè tu bous prô^

{«Mtes ^ jénite koDune^, pour t'aaaockr à oare difficile entreprise ?

— Ma vie passée , ma vie actuelle , et ma volcrnté de tout' sacrifier, s^ le faut, pour me rendre "digne de la missîoil poHtiqué il laquelle Je nae'cwii appelé.

— Quelle est cette mission ?

^. — L'qïwwcipatioiii e* k.délJiYrancé des pçuplesj»

• r-i* Coiînfib^tu: MB ^MgieN? Sai^^tuà q^m a'esq^osent'las ooÉum fjéûéc^nx <|ui m dévoaewt ^pooc le bk& publie i £&*ta hku pé»Aré dtis ^^Vr /tm qu'il ÛHit ao^rir^ d^ d^ute dopt tu dcôs étràajcfHBG^ pcMr tsftvailkir «veo frilit ^ )a paig^ -ohiilre dâ k r^éoératû^ aoûkle ?

'-^Cfelttî qui , jRiyarit le h«e , a réduit et réduit encore ses besoins à la plus siûiple és^ression , celui qui cherche à se mettre en garde contre Hs Béductloais dô Famour-prqpre et de TâttilMon, 'celui qui s*eSt convaincu que le courage polîticjûe, bien plus rare et plus difficile que le courage du sbldat, itë peut s'acquéiif que p^r Tëtude, la réflexiptii et la n^idératîon die^ désirs, doit aWr autant et plus de chance qu'un mitw pbt» té-

» SOUTSNnS

^sker aux épreuves qtumd le lumnënt éé s y mni^ mettre est arrivé.

Des paroles prononcées à voix basse me sembIèreQt une preuve que ma réponse ne déplaisait pas à rassemblée , que je jugeai devoir être nom^ breuse au bruit sourd que j'entendais autoqr de moi.

— Ce son^ là de belles et sages paroles, jeune homme, répondit le président; mais qui peut nous répondre que tu te cwtiduiras toùjotors^ d'après- les principes qu'elles expriment? Avant de t'enjpigar avec nous dans une carrière où le moindre danger que l'on puisse courir est Fin^titude de ceux mêmes pe^ut lesqudb on se samfie, éoontetout ce que Ton exige des firèf^s qui sont aigourd'hui di^ posés à t'admettre dane leur sein; écpiite toute.rétendue de la tâche patriotique qu'ils se ^opt imposée :

Se taire... obéir... et travailler sans cesse et par tous les moyens — dans la sphère d'action que le sort lui assigne-^ à propager l'amour de la liberté et la haine de la l^jrannie : — aimm* et soute» uir ses J&ères , voilà hs devoirs de celui.qui prend place paraù nous.

BB 6BNÈTE. ' »

Si ta n'«s pas animé par le seul désir de ùire triompher les droits inaUénables des. hommes et des sociétés contre Tus^rpation des grands; si tu ne sacrifies pas à cette haute pensée tputa idée de vanité, d'ambition et d'intérêt personnel; si enfin tu n'es pas prêt à résister aux persécutions des rois comme aux séductions de la puissance , il &ut t'éloigner de ce sanctuaire du patriotisme, car nous savons punir les traîtres et les ambitieux.

L'œuvre à laquelle nous travaillons, jeune homme, n'est. pas l'œuvre d'un jour ! L'histoire de tous les temps, celle de notre époque surtout, est là pour t'en instruire. Les trames les mieux ourdies se brisent, les succès les plus beaux s'anéantissait, et tout serait perdu si les amis du peuple ne joignaient à toutes leurs vertus celle de la persévérance : c'est la plus difficile parce qu'on se décourage après les tentatives manquées, et qu'on se néglige après le succès.

Lif c(mquéte et le maintien des libertés publiques sont un apostolat qui presque toujours entraîne avec lui la perte de la fortune , et souvent la perte de la vie... Toi qui es jeune e^ riche, te

9 90UYBNIRB

acbé-tu assez de foioe pour affionter fea dâugei^ cTune teile mîssieii ?w. répoiicb. .

' -^Ôuijluidis-jed'imaTOÎxft^teetaïkM^ •j'en âtirai 1^ couruge.

— Jure donc avec nous haine aux oppresseurs et aux tyrans...

I — ^ Je le jure.

— Qu'on apporte, les statuts de Tordre, dit le président , et qu'on reconduise le postulant dans la salle d'attente; niais ayant que nous passions au scrutin sur son admission, j'ai èùcôre une questioh à lui adresser :

Quelles sont tes opinions en matière de l*eKglôn?

— Je crois h un Être suprême , 'd'où procèdent ^^aîement Tordre physique et Tordre moral.

— Quel est le éulte que selon toi Ton doit rendre à cetlÊtre suprême?

— Celui du cœur et des bonnes œuvres.

— Ainsi , tu n'admets pas qu'il y ait urne religion révélée, seule vraie exclusivement aux aiitres, telle que les catholiques et les protestants prétendent la potoéder?

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— Là matière importante dont il s'agît ici appartient trop exclusivement au doittaine de fe conscience, pour que je puisse répondre cat^oriqùément à là question qui m'est adressée ; je crûSs même que vous n*admettriei5 pas dans \6tte sèîb rhomme qui rejetterait l^èrement la croyance de . Ses pèreà : fce^^serait une abjuration, et toute abjxu^tioU ne saurait êtte qu'un acte de foHe ou de mau^ vaise fol, quand la raison et Texamen ne l'ont pas sanctionnée. Je suis d*aiHéurs fermement convaincu que là religion révélée, pourvu qu'on h comprenne bien, est loin d^étre incomfpatil]3e âvec le maintien et le développement das libertés pu- }*qués.

— *Tti tolét^étais âùût le câthedicisme, jeune homme, si tu étais appelé à voter dans une afisen»blée l^i^live?... le catbolkdsme qui dûûs tous les siècles a servi d'auxiliaire aux rois pour river les chaînes des peujj^es?

-^ËBlHseiune pi^ofi^ssiôii de fei rdigieiise, ou bien une associatioii à d'honnétot gens, à de dignes patriotes,ieontre les eiùpiétemente du pouvoir, dont il s'agit ici ? demandai^ à mon t6ur«

*-^ C'est sfôsesK, dk aloi% h demi^*voix, Tim des

ixiembres au président; n'allons pas tODfiber dans la controverse. .

— Je t'observe, citoyen, répondit celui-ci paiement à voix basse, que c'est à moi seul qu'appaj['tient le droit d'interpeller le postulant.... Puis i^evant la vodx il me dit :

. — Ce que , nous cxigieons de ceux qui veulent ji'unir à nous , c'est un esprit exempt de préjugés et de superstition ; c'est un cœur droit , et surtout un dévouement à toute épreuve à la cause populaire : retire-toi donc , jeune honune, et bientôt tu Cûim^tras la décision de l'assemblée à ton ^rd.

. Mes deux guides me reconduisirent dans la salle d'attente ; dix minutes après , à un signal donné , l'on me ramena de nouveau devant les membres ràmis.

— Es-tù toujours déterminé à vouloir prendre place pamii nous? me demanda le président.

Je répondis afiirmativement.

— Ta jeunesse et tes habitudes p^onières de luxe et de dissipation auraient offert si peu de garanties à la société dont tu désires faire partie , que nul dé nous n'aurait osé proposer ton admission si nous ne t'avions soumis à un long noviciat ,

INBG£1ÎÈVE. 9

si la surveiUanœ active que Dous exerçons sw toi depuis que nous avcuie conçu respérance de te ranger $ou$ notre drapeau , ne nous avait donné sw ton caractère ime opinion favorable et analogue aux vectufi que nous exigeons de nos fi'ères,.... Oui, jeune hommes oui, nous t Vous suivi pa^ à pas : nous avons été témoins de tes efforts pour t'kistruire ; nous avons (^iservé les améliorations morales qui s'opéraient dans ton cœur ; nous nous en «ommes r^ouis pour toi qui dok j trouver l'estime . de toi-même, pour nous qui acquétçi^ un frère , . e^ pour la société qui gênera, nous Tempérons , un d^enseur incorruptible et infatigable.

Sois donc désormais l'un des n^res ; mais avant qi«e le Irauideau qui couvre tes yeux en soit enlevé, jiire ici devant Dieii que jamais tu ne trahiras tes nouveaux firères , que jaouiis leur nom ne sortira de ta bouche, que jan^is tu ne révél^rttô rien de œ que tu entendras ,. de ce que tu verras , ni de ce que tu £^;as dans Tassociatioa respectaUe do^t ta vas . faire partie.

-—'Je le jure*. <•., répétai-je avec émotion.

Aussitôt Y(m m'ôta le bandeau, et je distinguai, à la darté de plusieurs flambeaux , soixante paonnes

10 feoùVE*nté

ènvirt«î,'eiitôtit«tftt<nè tablé Convertie des attrii>ùt8 delà Fîanc-Maoôilïièrite, et revêtue «HeB-mêmes iâés itiisigties de cet ordre. Dans le même instaiM: 1è piHB^ent se leva ^ me dotina avec effîasîôh l'acèolade ftfltertielle que je lui rend^ de totit ce^r, pttâd il m^todiqua te j^lêtèe <}ttë Jd devd?

• Les^ îïilembreë de Ik dôéiétë , détit je iwoimuà tm 'grand ncymbre , àé levèrent spontanément, me seN i*èt*ènt là main^et me compKmetotèrent sur tùùti âdmislsi<!>n. J'ép)X)Uvaid alors tout à la fois un attendrisseïitïent profond et une satisfaction intérieure d'avoit» tùéthê d'être associé à des hommes dont j'autaid été fier éluk toute circonstance d'être Faiïii» Je mê? sentais honoré d'être appelé par eux à panieîpër à léiirâ ttavâni^ 9 à léuk« périk ; moti s^le et ma confiance en Ypdopbl^ent^.4 «é et> s'il faut le dii^, U mie sevid^kqHae je taillis quelque ckoElë d0» pln^ depiiift cette agrégation^

Je n-écrirai pas^ici q^els sont lès hommes» c^ài faisaient partie de cette assemblée ; je dirais seulement, en toute vérité, qu'ils appartenaient aux cl&sseô leô pltîs redpedteiblès de la société , que tous étaient '^tmés du libéralisme le plus ardent , saiis

qu^atiùQit cFéUï fllt dâiis utie poditioû à vbukHr ftbtM tlàôÉe qùè F6rdï*e dociial et lé bonheur Aê» fmiplm, <

Lorsque chacun eut repris sa plâcts le ptféin<iiMt rëtdhUt le silence ; et Ton disetfta' ^^ues'nàeàttiM iînpoitaiites relative à dé^ dfflUatibnç ^«aovdlefe dans le midi de la Ffànee, en Âtténkagne et ea Itatie. Plusieurs membres firent ensuite des rapports, soit sur desmissions dont ils avaient été char<- , gés 9 Mit gurdiâs adeptes cor lesqàckiilabvaiMrnt jpris rded infoonnatmM?, 90Ît «un des poofeta esamaésiptir <9UIE dans leur probabilité (VeKéeutk)ni . i ' > , < ; . ' Le président lut à son tourfue^^aMkttnse^ dv idiifires, où des agents diversiluiQeiiçaieqt Je sf¥>tlèsdie la propagation de lordM^etpMr t^anûli^ la séance ; le trésorier rendit oom^te^derét^t defe Dàiase pù^goniieat des iTcns^ments râ^ntâ 0t conrsidéràbles.' : ■ -'.. . ■ -..-! ; ,.. .

Avant «le>>s8 «éparer^.oafit icnroder lajbounse tooinmunë^ etjiou^y^aeloiitleui^iiiOjiré^ y d^ppsèrdttt liiie offirande. ; - i. '

Après que le président eut levé la séanqe , eh^cup se dépottiUa[de8 insignes d^ Éonçohactie» que nous éndonicms pat pnidanoe , me dit B^OIlaootti , et pbàr né paraitisetque francs^ maiçoDS'duaB le ùf s

où h néophyjte^ ne répondant pa$ à notreatteote , nous iarcerait à né pi^eodre à ses yeux que cette ioDoceote qualité. Nous soumettons /souvent nos ^andiduts h dés preuves longues et difficiles, ajouUiMt*il, miQS je te conQaissçlis , et nous avons mis de côté en ta faveur presque toutes k^ forn^lités.

14 octobre.

Je me demande si mon initiation à une société secrète a causé en moi un changenouent suhit, tant je me sens d'importance et de gravité depuis quatre jours. Je ne puis songer qu'à ma réception y à mes coliques ^ à nos projets.... ; je ne rêve qu^institutioBS , assemblées , convention , réforme, constitutions..*.

Qui fôt entré hier chex moi , m'aurait surpris àéclamant sur l'abus intolérable des gardes royales.... , sujet que je m'étais domié pour exercer mion éloquence Enfin , je me crcHs . quelque chose , tout

grain de sable que je puisse être dsiBS la balance politique.

En me dkant que je pourrai peut-*être un jour exercer quelque influence sur la destinée des peuples, mon cœur s'épure, mon âme s'élève ! Il me

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semble que désormais le but m'était donné , il ne me faudra que redcniUer d'efibrts et de courage pour y parvenir* Cest surtout sur l'Italie que se portent met penaées , c'est le champ d'action que je chèisiraia avec prédilection : je l'ai dit souvent, j'aime les Italiens , leur langue , leur pays ; travailler à leur dâiviante est un de mes projets favoris y parce que rien ne me touc^ plus que l'infortune d'un peuple qui gémit sous le joug de l'étranger*

JUBTTRE A M. Q,, PROFfiSSBUE.

Il n'est bruit dans le monde protestant que de la conversion de M. de Haller au catholiciaBe.Tout le consistoire est en émoi, tous les zélés odvinistes crient au scandale, et Berne, pour se montrer digne de tant de courroux , a renvoyé le transfuge de ses conseils.

Une controverse s'est engagée entre un ministre protestant et le nouveau catholique ; controverse peu concluante au fond, quoique f(Hrt animée dans la forme. Chacun , comme de coutume , prétend avoir le bon droit et la vérité de son cèté. Les pas«

4» '«)u.viafi]w

leurs / contre noa attente , xaeUmt im^ h àkiw^ 'fikm une roideur, tme ammonie, ime iatolâ'SHftee que je croyais ne psis exklei^ dam rfigl^ rér formée. M. de Haller' eBt foirt heureux qu'on n'alr lume pKid aujoilnf hui dé hùiékan, commeau tcmp^ deOalvîn!

Je fbs dttrptis y je dcn» vous VavomeXf moh cImt ilialtre / Jestè^tiesoitir de fa boucshe do l'un dq^ j^teui^s iled "pâroies de téprobation et â'anatliànie que les Dominicains du treizième siècle n'auraient pas reniées ! . . . . L'indignation dont Thomme de Dieu était animé contre le nouveau catholique s'épanchait avecittôi fe grands flots. Selon lui , le change^ ment àm tdigifm de M. de Haller n'était qu'une '•postaaiB,qa*ulic hypocrisie, qu'un fruit mwdît dfe rankiur^'propre, qu'un besoin de célébrité crfi h convietioa n'avait anoune part.

Vainement lui olgeclai- je qu^ M* de HaUcr JHe semblait guidé par aucun intérêt personnel, puisque son changement de md^gton liû eoutait ses emf)k)is ; vainement Itnrfpjpelai-jefiicore qu^en faiaaatt uâ9ge du libtie eatameii y en se servant de sa raiâon oomme le cniierimm le pkis in&ilUhle dans larèchordie de -la véritié , ilavM^ pu èta» coàduit k YejcMrCQnwie

ii|«>f\plqt> omm^ ^Wé, le pixrtqstwti^Q qi;i« lui y pasteur, trouvait inattaquable* -*^ M- de Huiler Tje yoi^ dit-il pas, ajoutai-jc , que ce u'^est qu'après uu exaœw hu^ et cw*ciencieux qu'il ji'est 4#err mipé à q^i^ter U ar^Iigioa de e^ pères ? ne po^testet-il pa« QçuU^ toutes lefi.i»terprét£^ioo^ naalveit- If nte« quq Xoo.pQutrsôt douo^ac k CQt ^te ^ntoo^ et le plw solem^i^l de ^ vie? £t de qu^l d^oit ve*nes^vous Tinteppeller et verser à.pleines i^aios U irt4t»esursa.t^,vou3, protestante, quiaveztQujours planté conw^e h^^ de voti e édifice rf^gieux^ que voi» m i^ecoiuiai^fies d'«u(re aiji^wi^ dans liuteipiët^on des livres saints <|Ue eelje de h j?asQn?4.M Qu'avec --vQps à répondre à u^ homn>e qui v<His ditavec franchise et douceur ; Ce ^pe vous ^vez proclamé faux i je le recsosp^is yi^i ; ce que TOUS cKKidawpeB comnAe; abs\u4ef je, V^adua^ts ^mme raisonnable.

Ou sont vol Pères de TSiglifiiiey vçH^qonciji^aypow* hive coucher oe docteur sQq^,m^>fiutDril|é irréfi^ -gàble?M. CeUiQpahetm de la mison que vous invoquea , il s'en esl servi comnde vous pour s'éclairw, et rien ne nous dit que vos prétendtifs lunsûi^res ne soient pas ténèbres, tandis que tout ce

i« SOUVENIRS

que vous appelez ses erreurs peuvent être les dartés de la vérité suprême. ' .

Le pasteur se contenta d'abord de sourire d'un air dédaigneux , puis il rqprit avec véhémence :

—Il n'y a qu'un sot ou un ambitieux qui puisse se soumettre volontairement à la suprâiiatie des papes et aux superstitions de l'Église rcNtnaine; la moindre étude vous en convaincrait, mcmsieur^ et je ne voudrais qu'un mois'pour vous prouver qu'il n'y a de route vraie, de conviction inébranlable , que dans la religion réformée.

Pour toute réponse, je me bornai à lui demaiider si c'était la calviniste , la luthérienne ou l'anglicane.... et je le remis à d'autres temps pour la continuation d'une conversation qui avait besoin de mûres réflexions pour être suivie avec fruit. Celui que j'en retirerai quant à présent, mon cher maître, c'est la persuasion toujours plus profonde en mon âme', que, de totri;es les vertus ènseignéei par l'Évangile, la tolérance est celle qu'œi s'efforce le moins d'acquérir et de pratiquer, tout en la réda* mant à grands cris de ceux mêtaie qu'on traite avec le £lu» de rigueur.

DE GENEVE. il

' FRAGMENTS BU JOLRXAL.

30 octobre.

L^nsurrection grecque fait de rapides progrès : le drapeau de Tindépendance flotte d'une extrémité a l'autre de la Morée.... Jeunes et vieux, riches et pauvres se sont levés comme un seul homme pour chasser leurs farouches oppresseurs...

Cette lutte terrible, ce drame sanglant dont la catastrophe doit être ou l'anéantissement de ce malheureux peuple ou sa liberté glorieuse , est un des événements les plus attachants , les plus pathétiques que puisse offiir l'histoire de notre époque. Que Dieu protège les armes des valeureux enfants de la Grèce !

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