CHAPITRE XVI
UTTM A MA tOKUE.
U M. -«* Mannd la nuiître de daaie. -^ Madame IMeamlér et madame de Staël a Goppey.
Genèfe , |5 décembre.
Je m'étais bien promis de n'accepterimigntie invitation, de n'aller à aucune soirée, à aucun bal; c'était beau et sage, n'est-ce pas?... Mais le moyen de s'entendre dire sans en être séduit : Venez donc à la fête que M. B. donne k la Biedoute ; fOe.sera charmante, et vous y verrez réunie, dans de fort beaux salons , toute la société genevoise et étrangère. Le moyen, dis^je, de ne pas céder au désir de contenir pler en mâme teqips et d'un seul coup d'œil toutes les beau^ de la viUe? ayant surtout la certitude que mes études du lendemain ne pouvaient en souffirir, vu l'ordonnance municipale qui interdit , après minuit, les divertissements et la danse dans les maisons particulières comme dans les établissements publics.
J'avais d'abord souri de ce rigorisme puritain , je m'étais mémr ^ayé; k Ymemll$ ^ tapt d'autres étrangers, sur ces sauteries-cendrillons finissant juste à l'heure où les bals de Paris commencent à s'ani- Tom; vniê il m'a sv^ de qucdhjuoB iiiitnit& d'entretien avec un homme âage du pays , pour comprendre qu'il était prudent , indispensable pour le bien de tous et de chacun, de prescrire le terme de ces réunions qui se renouvellent chaque jour, depuis le mois d'oetd^re jusqu'au taoiê dé mai.
S'il en était autrement, me disaît-^il, nos femmes et nos filles n'y résisteraient pas; leur santé serait bientôt altérée par les Veîllfes ; les devoîts de fkmiUe, les soins du ménage, les études eh souffirîtaient, et ces réunions amicaléis,' aussi simples que pen cofrteuses, ne tarderaient pafc à devenir de fastueuses assemblées où Famoiir^prapre et les passions âe ddn^neraîent carriièpef, au grand préjudice de là morale publique et de la fortune des {)èfe*^ et des iharîs; d'ailleurs , en nous réunissant dé mëîÛeure heute qu'on ne le feit à Baris, nous restons le mtéme temps ensemble et nous y gagnons de notls lever le lendemain matin la tête plus saine et Fesprit plus dispos au travail et aux affaires. Tout cela était tro|>
DE eBNBYE. III
jiidieîéloi pôltf que je ii*y dontuiM! pal mon iiiitti^ timeot, iwbniiâiMlnt f aveo tnoii mpeelabk Gëni^ TOif f qu'il fwt toujours uaer d'uim grandi oirooi^ i^eitiOQ avant de Uàmer tt de critiquer les loia H les usages d'un peuple graVe et aen^é.
Pour arriver, et il en est temps , au grand liai de la Redoute où je figurai non sans quelque succès , voyez la vanité ! — je dois te dire , pour être frane^ qu il fut loin de répondre k tout ce qu on m'avait annoncé de superbe et da pompeux. Soit que le» salons fussent mal éclairés i ou que les dames laissassent à désirer par la fraldieur et Tél^pnce de leurs toilettes , tout me parut terne et froid» comme une assemblée du Marais*^ La musique et les qua^ drilles n'étaient pas de nature à donner vie et gaielé il cette silencieuse fête» car les Genevoises man^ qumt d'abandon et de oette grftce sans laquelle la danse n'est plus qu'un monotone balancement.
Aussi, le bal restart-il roide et cranpassé» malgré les eomiquas effiiHls d'uli petit mâitre de danse, ordon>nateur des quadrilles , qui s'épuisait vainement pour donner de l'entrain è ses nombreuses écdiières* A minuit les violons se turent , chacun se retira , et je rentrai chea moi , me disant que les danies de Ge-