ÔS SOUVENIRS
besoin défaire le dimanche en goûtant les délices du repos après des labeurs assidus.
Non que je m'abandonne al dolcefar niente...
le ciel m'en garde ! mais je varie mes plaisirs en variant mes occupations, et la lecture des poëtes, la musique , les visites intéressantes , les longues promenades , remplissent et charment tour à tour mes heures. Aujourd'hui donc, pour mieux savourer les douceurs de ma dominicale vacance , j'avais prié le bon Giacomo , dont je vous ai raconté la touchante histoire, de venir près de moi. A huit heures il était dans ma chambrette écoutant avec une attention profonde la lecture de quelques-unes des belles pages du Génie du Christianisme^ où le poétique écrivain soutient avec tant d'éloquence que la religion catholique, loin d'arrêter l'essor de l'imagination, loin d'être prosaïque, était celle au contraire qui, par la nature même de ses sublimes mystères et les pompes de son culte , devait le mieux inspirer le génie.
Longtemps nous discourûmes sur les magnîficences que l'Eglise déploie dans ses cérémonies ; nous rappelant tous deux la profonde impression que ses imposantes solennités produisaient sur nos
jeunes (xmirâ^ et nous disant que cèint^lh peuvent avoir maon y <pà. soutiennent qu'il fhut , quand il s'agit des masses , parlei? aux sens pour arriver "à Tàme. Conduits bientôt par renchalnement des ' idées à ûon^rer la séyhe implicite de la religion réformée aux attrayantes somptuosités du catholicisœéy Giaccmo prétendit •— et sans doute vous serez de son avis — que le calvinisme , en abolissant tout culte extérieur^ en traitant d'idolAtrie Tinvocation à ' la Vierge et aux Saints , en supprimant la bénédiction et fes fèUfêy et réduisant les sacrements au beqpiéme et à la cène, avait jel^ une teinte lugubre sur les objets sublimes vers lesquels Thomme a besoin de pouvoir élever son Ame avec affection et coiifiance... bien différent du culte de Jésus-Christ et de sa divine Mère , de ce culte d'atnour, qui nous promet an delà du tombeau une étemelle félicité , embellit par les plus douces vertus les fugitifs moments de notre existence, somment Faffligé, conforte lea mourants, et répand des fleurs immortelles sur le berceau et la tombe des hommes !.«.
Laissant bientôt de côté les spéculations purement théoriques, bous voulûmes juger par nos prO]NPes yeux de la diffîrence matértelle des deux
cultes, en nous rendant au prêche qui devait avoir lieu à cette heure même. En un instapt nous gagnâmes Saint - Pierre , ancienne cathédrale de la ville : frappéy en y entrant, de la nudité de ce temple où il pénétrait pour la jHnemière fois, le pauvre Giarcomo s'écria : Mais où est donc Tautel ? où sont les prêtres avec leurs ornements, et les fleurs et Ten*cens ?... Quelle triste austérité, DU) mio! et pourtant c est aujourd'hui une fête qu'on célèbre dans nos ^lises avec la plus grande solennité...
— Chut, chut, lui disF-je, ne trouUons pas cette pieuse réunion ; le pasteur monte en chaire , écoutons.
Le plus profond silence r^nait dans rassemblée, et lorsque le prédicateur — l'un des plus renommés de Genève — conunença son sermon, il semblait qu'il n'y avait qu'une oreille pour l'entendre et qu'une âme pour recueillir les touchantes expressions de sa foi : c'est que son langage était simple coaune le langage de l'Évangile , c'est qu'il s'abstenait de toute déclamation, qu'il ne traitait que la morale et qu'il allait au cœur par la raison... Alors nous oubliâmes et ]sL nudité de l'édifice, et ^absence totale de toute pompe dans le service divin , pour ne plus sentir
que la persuasive onction de Féloqueit pasteur.... et il faut bien vous l'avouer, mon cher maître , cette onction se trouve rarement dans les prédications des prêtres catholiques, qui, dogndatisant presque toujours , fatiguent Vesprit aux dépens de la conviction.
Dès que le prêche fut terminé et que les fidèles eurent quitté le temple , nous nous approchâmes de la fsimensé chaire où Calvin se livra tant de fois aux fureurs de la controverse et à toute la fougue de son caractère : c'est de là que cet homme extraordinaire , accusé avec trop de sévérité, peut-être, d'intolérance et de cruàiité , conunença et accomplit à Genève' la triple réforme des mœurs , de la religion et des lois; réforme qui assura Tindépendànce et le bonheur de sa nouvelle patrie. Il eût mieux valu sans doute qu'il parvint au même résultat par la douceur et la persuasion ; mais en réfléchissant aux circomtances et aux temps au milieu desquels il a vécu , on comprend, sans Tabsoudre pourtant, comment il a pu se livrer à des rigueurs excessives contre ses adversaires en théologie et ses ennemis en politique ; car le peuple qu'il voiUait régésérer était aussi corrompu que servile , et il fallait tailler
dans le vif pcMir porter remède à la gangrtoe sociale dont il était attaqué.
Qu'on se refuse à i^^rder Cîalvin comme un apôti^ , je le conçois parfaitement ; mais qu on lui conteste avec conuaissance de cause le titre de réformateur de mœurs et de profond législatewi c'est ce qu'il m'est impossible de comprendre.
K'est-ce pas gr&ce k s(m précoce système d'éducation » qu'il sut créer à une époque enoore si peu éclairée f qi|e les Genevois ont du leur$ rapides progrès dans les ^iences moralea et politiques i et eette instruction universelle qui plaça tout aussitôt leur petite répuUique II la t^te de la civilisation ? iX'eatce pas e(ncore grâce à aon inflexible sévérité contre les abus et lea récalcitrants, de quelque nature et de quelque rang qu'ils fussent, que les institutiona organiques du pays purent s'établir, se développer, et que l'amour de la patrie, firuit de la justice et de la tempérance, succéda aux coupables enès d'un égoïsme ausai aveugle qu'impérieux ?
Aussi, n'estH^e qu'avec un profond sentiment de rscannaisiatee poUr leur infatigable réformatear, que les habitants de Genève doivent entrer dans le tempk de Saint-Pierre, consacré par Calvin lui-
même aux deux plus vitales et plus imposantes solennités d'un état démocratique , la sanction des lois par tous les citoyens réunis , et la distribution annuelle des prix aux jeunes gens de tous les collèges.
— Oui, dis-jeà Giacomo, c est dans cette pieuse enceinte où la majesté du culte s'associait en certains jours à l'exercice du pouvoir souverain, que se tenaient ces assemblées générales , causes ou sujets de tant de troubles et de révolutions. Que d'intrigues , en eifet, que de moyens violents et arbitraires l'aristocratie genevoise n'a-trclle pas mis en œuvre , tantôt pour éviter, tantôt pour annuler entièrement ces réunions nationales qui mettaient le seul obstacle à son omnipotence ; et quç d'efibrts aussi , que de persévérance de la part de la bourgeoisie pour conserver et accroître cet inaliénable droit duquel dépendaient non-seulement les libertés, mais l'exîstAice de leur chère patrie !
Combien de débats orageux, de scènes sanglantes ont eu lieu entre ces murs, où qudques centaines d'hommes passionnés se battaient entre eux avec autant d'acharnement que s'il se fût agi de l'empire du monde ! Mais combien il y eut aussi de traits de
patriotisme, de sublimes dévouements!... Je n'en veux citer pour exemple que celui du vertueux citoyen Pierre Fatio , auquel il n'a manqué , pour occuper l'une des premières places parmi les martyrs de la liberté , qu'un plus vaste théâtre et un historien tel que Tito-Live.
Ce Pierre Fatio , mon cher maître , appartenait à l'une des familles patriciennes dont les membres occupaient exclusivement, en 1707 , les principales charges de l'état. Trop juste et trop éclairé pour s'associer aux vues ambitieuses et aux répressions de ]a caste privilégiée, il se voua tout entier à la carrière périlleuse d'organe des griefs du peuple contre l'aristocratie. D'un caractère ferme, d'une modération à toute épreuve , il consacra ses profondes lunnières de jurisconsulte et sa grande expérience des afiàires publiques à asseoir sur des bases plus laides et plus sûres la constitution de son pays.
Placé plus d'une fois , par les circonstances et par la supériorité de son esprit, à la tête des mouvements populaires , il n'eût eu qu'à vouloir pour s'emparer du pouvoir suprême ; mais il sut résister dans le temple même de Saint - Pierre à cette dangereuse épreuve, et n'employa son irrésistible ascendant
qu'à calmer Tindigoation de ses concitoyens irrités contre la tyrannie des nobleç, tandis qu il obtenait de ceux-ci qudques concessions en faveur des libertés publiques.
Pierre Fatio était Tidole de son parti ; mais que pouvait l'amour d'une population mal unie contre la haine toujours croissante , toujours active , d'une compacte aristocratie, qui, semblable à toutes les aristocraties passées, présentes et futures, eut recours aux secours des étrangers plutôt que de céder aux justes réclamations de ses concitoyens. Arrêté, conduit en prison par les troupes bernoises , l'infortuné Fatio fut condamné à mort par le sénat où siégeait son propre frère... En vain s'efforça-t-on d'obtenir de lui de honteuses rétractations, il resta calme et inflexible à la lecture de la sentence, comme au moment de Texécution, prenant Dieu à témoin qu'il n'avait jamais failli à ses devoirs de chrétien et decitoyen.
N'y a-t-il pas là , mon cher maître , un beau sujet de drame, et n'avions^nous pas raison , Giacomo et moi , de nous écrier, en jetant une dernière fois les yeux sur les voûtes de Saint-Pierre : Honneur au grand citoyen qui, confiant dans l'avenir de sa
966 SOUYEMIRS
patrie, se dévoua ^ la cause de la libeité, sachant bien qu en religion ^ comme en politique y les premiers apôtres n obtiennent presque jamais que la palme du martyre.
Le cœur encore tout rempli de l'enthousiasme patriotique que le souvenir de cet hcnnme généreux nous avait inspiré , nous primes la route de la campagne de M. de Sismondi , que nous voulions visiter ainsi qu'une famille intéressante demeurant à côté de lui ; mais nous avions à peine fait quelques pas que Giacomo se rappela qu'un de ses compatriotes y exilé comme lui y devait l'attendre au cabinet de lecture ; je repris donc seul la route du village de Chênes et j'arrivai bientôt à la petite maison de M» le
baron de V , Piémontais d'origine, ancioi oflScier
supérieur dans les grenadiers de la garde impériale ; quoique jeune encore il a pris sa retraite > parce qu'il n'a pas voulu changer son drapeau. Sa femme, née d'une famille noble de la Prusse , l'épousa malgré les sien£ lors du séjour des années firançaises en Allemagne y et lui a donné quatre en&nts dont l'ainé n'a que neuf ans ; les marmots arrivant, ^ la pension restant la même, il eût fallu pour les élever imposer à la famille entière de grandes privations...
DE GENÈVE. fi€7
mais les femmes^ qui grandissentdu tem|>s des épreuves # à peu près dans la même proportion que les hommes se rapetissent , ne sont-elles pas toujours prêtes à trouver dans leur cœur maternel des res- M^urces inattendues?.... Madame de V...., cette fille de noble maison » éleyée dans les préjugés de hante caste , habituée au luxe et aux grandeurs , n'hésita pas pourtant à donner des leçons d'allemand aux Genevois et aux étrangers, pour amâiorer le sort de son mari et de ses enfants.
Tous les jours > hiver comme été , par la pluie ou par le soleil y dès sept heures du matin elle se rend à la ville dans le plus modeste des chars à bancs : Ik y sans se reposer un seul instant , elle passe d'un éoôUer à un autre, et s'en revient, le soir, harassée de fiitigue, mais contente, mais heureuse, auprès de ceux dont les tendres caressx^s l'attendent au retour. Que de fois je l'ai vue passer dans son ehétif équipage , tout exposée à la bise et au froid, et que de ibis aussi, en la voyant si dévouée, ne me suis-je pas incliné devant elle , bien plus profondément , bien plus respectueusement que je ne l'eusse jamais fait quand elle était assise dans la brillante voiture de Âon père !
268 SOUTENIUS
Aujourd'hui dimanchoy toute la famille était réunie , et elle aussi , la pauvre mère , jouissait avec délices de ce jour de repos , pour embrasser, caresser, instruire encore ses enfants chéris , dont il lui faut vivre séparée le reste de la semaine. Oh ! qu elle est grande à mes yeux cette femme si dévouée, si courageuse I et qudle douce joie n'éprouvais-je pas en la voyant ainsi jouir, au milieu des àens, d'un bienêtre qui est son ouvrage!... G)mm»it ne pas apprendre auprès d'elle que le bonheur en ce monde dépend bien plus encore d'une inélxanlable volonté d'accomplir nos devoirs, en prenant là source de cette volonté dans les aflSsctions du cœur et dans notre confiance en Dieu, que des circonstances extérieures et de la fortune !... Je me sentais si heureux au milieu de ces excellents amis, que j'eus grande peine à les quitter pour me rendre chez M. de Sismondi dont le jardin n'est séparé du leur que par une simple haie.
— Puisse la Providence vous conserver votre mère, di&-je aux petits enfants, en les embrassant pour la dernière fois... Priez bien le bon Dieu pour elle!...
— Oh ! oui ! me répondit l'aînée , aivec la candeur
DEGENÈTE. 269
et la beauté d'un ange... et , la voyant lever les yeux au ciel en prononçant ces mots , je sentis. les miens se remplir de douces larmes !
M. de Sismondi, dont Taccueil fut encore plus a£fectueux que la première fois , voulut me présenter à sa £emme , sœur du fameux Makintàsch , qui j de concert avec Wilberforce, a travaillé vingt ans, dans le parlement anglais y à Taffrancliissement des esck*ves. D'un esprit élevé, [d'un cœur aussi bon, aussi doux que sa gracieuse figure , elle entoure de soins continuels l'écrivain laborieux dont elle est digne en tous points de porter le nom. Plus afikble, plus riante que ne le sont ordinairement les Anglaises^ elle sait, par ses aimables prévenances, faire naître autour d'elle cette Sympathique harmonie qui fait le bqnheur de la vie domestique .et le charme des réunions intimes.
Soit que sa présence inspirât M. de Sismohdi, soit qu elle sût a propos le mettre sur des arguments de prédilection , il répandit dans la conversation les richesi^s.de sa science avec une telle éloquence, que je l'écoutais en silence, surpris, émerveillé que tant de connaissances diverses pussçnt se caser sans confusion dans une sei4e tête. Ah ! s'il ne fallait que
27» SOUYSNIRS
pâlir sur me^ livres et le jour et la imit pour parvemr à cette supériorité d'intelligenoe et de savoir^ me disais-je après Tavoir quitté , avec quelle joie n'y sacrifierais-je pa$ les plus bdles années de mon existence et Tàme tout envahie de cette généreuse
émulatiop qui, ne s aveuglant pas sur les diOîcultés d'une grande entreprise, vous laisse cependant en« trevmr la possibilité de les surmonter un jour à force de vouloir et de persévérance , je regagnai Genève où Giacomo devait m'attendre pour aller ensemUe ' faine une {»omenade en bateau sur le lac.
Je le trouvai bientôt sous les arbres de Saint"*Ân» toine : scm comjpatriote , jeune homme d'une figure pâle et mélancolique ^ était près de lui : c'est le pauvre Andréa dont nous parlions hier, me dit Giacomo, en me le présentant ; lui aussi, il a laissé dans notre chère patrie une famille bien-aimée dont il était le seul soutien ! lui aussi a été comme moi, et plus que moi , victime des bouleversements politiques de TItalie, car il a bien souffert depuis son exil L.. et sans l'appui de notre généreux Sismondi , mon pauvre ami n'existerait peut-être plusl
•— Ah l conte-moi , m'écriaîrje , conte-moi ce nouveau trait de bonté de l'homme éminent auprès du-
DE GSNÈYS. 271
quel je vienâ de passer de si profitables instants , el dont le cœur, je le vois , est encore plus grand que rintelligence.
-^ Mon cher Andréa fut toujours faible de corps , ' reprit le bon Giacomo, en me montrant son ami* qui nous précédait de quelques pas ; mais quoiqu'il fut souf&ant , au moment de la révolution , il nhé* sita pas cependant à quitter sa profession, d'avocat , poiu; se ranger sous les drapeaux des amis de la li*berté!... La tâche était malheureusement au-^dessus de ses forces^ et lorsque nos désastres survinrent, le mal avait fait de tels progrès , que ce ne fut qu'à grande peine qu'il se traîna jusqu'à la frontière suisse où il arriva presque mourant* Le peu de ressources qui lui restait encore fut bientôt épuisé.*. Alors notre Andréa ^ dont le cœur est trc^ fier pour se plaindre jamais, se retira dans le village de Car* rouge où il ne vécut pendant des semaines que de kit et de pain , attendant avec résignation que Dieu mit fin à ses peines.
Nul ne sachant le lieu de sa retraite , ce fut' par une permission de la Providence que Tun dô nos réfugiés le rencontra un soir sur les bords de Larve , aiissi fiiible , aussi défait , qu'un homme qui
n'a plus que quelques heures u vivre. U ne tarda pas à savoir quelle était sa détresse, non par lui qui n aurait pu se résoudre à proférer une plainte , mais par les pauvres gens chez lesquels il Ic^eait ; il sut aussi que lesprivationsqu'ils'imposait étaient la principale cause de son dépérissement ; et sa première pensée , son plus vif désir fut d'y apporter un soulagement immédiat... Mais comment y parvenir, puisque luimême était pauvre, et Andréa trop généreux et trop fier pour accepter quelque chose de ses c(»npagnons d'infortune ? Il désespérait déjà d'arriver à son but , lorsque Theureuse idée lui vint au cœur de s'adresser à la providence des Italiens , à notre Sismondi l...
Son espoir ne fut pas trompé : le lendemain même, Sismondi part de grand matin de sa campagne , arrive à Carrouge, frappe à la portedu pauvre Andréa,... se nomme, lui adresse de ces mots qu'une âme connue la sienne sait seule trouver et faire entendre , le touche , l'attendrit, l'encourage.... et quand le cœur de l'infortuné , prpfondément ému , se fut épanché dans le sien, quand jl eut acquis par ses irrésistibles paroles les droits d'une ancienne amitié, il déposa sur son lit, quoi qu'il pût dire, tout l'argent qui remplissait ses poches. •• -«-Prenez, prenez,
BB GENÈVE. â7S
lui di8ftkf*il9 ne me reftiseat pas cette fiivear«.* Vous nie Tendres un jour ce que je suisassesb heuieux pour vous prêter aujourd'hui..*
Andréa voulait résister encore, le remercier .«.Siâ^ mondi était déjà loin l
— Ehbi^iy qjaen dite^vous? s'écria GiaccHrib; F Ame n'exulte*-t«elle pas au récit de telles actions ?
*— Et la confiance en Dieu ,. la foi dans ravenit, ne succèdent^lles pas au doute et au découragement? ajouta son mélancolique ami qui venait de se rapprocher de nous... Puis en soupirant profondément^ il prononça pieusement le nom de sa mère et celui de Sismondi.
Après un frugal dîner, pendant lequel nous ne cessâmes de nous entretenir des rares qualités de celui que nous admirions , nous montâmes tous trois dans une barque aussi l^ère que facile à gouverner é La soirée était calme et chaude; pas un souffle de vent , pas une vague, pas une nde sur la surface transparente de ce beau lac , où se reflétaient , conune dans un céleste miroir, les collines parsemées d'habitations et les nuages du ciel : quelquefois seulement, un bateau chai^ de promeneurs venait, en animant la «cène > draanger le poli
a7« , soofiniaa
dn.ondts, tandis que des groiqM» dte jeuMs fiUec ^«inl»«* vètoes, foraudeat daas la leintaiti sur ks rives comme une guirlande de fleurs animée^.
Xjg taUeau ratisaant » qui me plongeûtdans une douce extase 9 n inspirait, hâaBl qi|e dite tegteta a mes jeuoca comp$|^i»«MM* ImJm x^g^tàà «sxaient tri«tai9eiit $ur le» 9tiaye» banutés de la Qatuie; pw Gia()omo dit k son ami : Z^'Â ilnùHro iègo Maggiore? , « Où est notre hû Majeur? )i
^^£t cellû de Gomel repnt Andréa*. ^b* Et il se «Mt k Irécitertd' v»e yoix douce et acoeatoée, •oeb veifs
lo , de' miei colli ameni Nel bel cUma innoceiUe Passero i éi sereni, Yra la beata gènte Cbi dîfatièlw «leala Ë vageta a robiiiU *•
QiÉQonlo lui r^pradit par eettei' CëmzéMàe PAtHOEque.r.
Italia mia ! benchè ^1 parlar sia ipdamo Afle ptaghe tnorCaS
* « Jouimot [du doux climat de nos béUei QoUîae^^ Ja «mlerai das jours freins parmi l'heureuse population que les traia]Di to ç^É^ta rtudant tobasl* et vi^aee. »
Chè nél bet corpo too si êpesso veggio ,
tmtmi fltaea,^ ch'i mieisosplri li» qoali
Spcra 1 f evcre e TAmp
£ 1 Pô dove doglioso e grave or se^^io ;
Rettor del ciel, iô cheggio
€he là plètà che il eonddsse in terra ' '
Vi YOlBa al too dOitto aiiBsipaB<e\
Ittgdtet wootaiTojelL«ft^ dml ioitotia 'flattent To^ reille et vous forcent àiecoDfaitf» ^ûtiett.ipùux le chant que l'idiome des Métastase et des Monti , jusqu'à ce que, de souvenirs en souvenirs, mes pauvres Italiens en vinrent à chanter des octaves du Tasse, comme on les chante sur les gondoles de Venise, soulageant ainsi les tristesses de l'exil, comme les Athéniens prisonniers en Sicile soula-
* «G mon Italie!.... bien que les plaies mortelles que je vois sur ton beau corps ne puissent être guéries par de raines paroles , laisse an moins mes soupirs s*nnir à ceux du Tibre , de l'Amo et du Pô , sur les bords duquel je m'asseois maintenant triste et pensif I... Maître de Tunivers, écoute ma prière, et que la pitié qui te conduisit sur la terre, te fasse aujourd'hui abaisser ton regard vers ton pays chéri !..«
376 SOUVEMIBS HE GENÈVE.
geaient autrefois leur misère en récitant les vers de
Pindare et d'Euripide Déjà la nuit était venue ,
que les chants duraient encore Puis nous re^
vînmes lentement , lentement, jouissant de la frai* cheur des ondes et modulant quelques mélodieuses barcaroUes dont les FaoMS iMvtliiient la mesure. Cest ainsi, mon *ami> qu'a fini ce dimanche,
dont je viens de' vous faire ùft lolig et fidèle fécit
tellement long, en eJËet, que je m^aperçôîs que l'horloge a sonné minuit Adieu ; puissie^-voiis dire
nn jour de votre âève que les exemj^ de vertus quHl s'est plu'à vous raconter avec tant de convictîoil n'ont pas été perdus pour lui I