‹ Souvenirs de Genève: complément des mémoirs d'un prisonnier d'étatChapitre 29 sur 35 · M SOUVENUS · texte numérisé non relu

M SOUVENUS

la to&t.

Plus je fréquente les réfugiés italiens, plus je me sens animé du désir de servir leur cause : résignés dans leur malheur , ils ne regrettent pas d'avoir risqué pour l'indépendance de leur patrie leur fortune et leur existence^ S'il y a chez eux moins d'enthousiasme, moins d'entraînement que chez les Français, il y a ^ je dois le dire , plus de persévérance et moins de vues et d'intérêts personnek : ce qui. fait qu'a[Mrè8 le succès , oonune après la défaite , ik sont moins .exposés à se laisser dévier de leur route let de leur devoir par ces individualités ^oïstes qui gâtent et perdent les causes triomphantes, rabaissent et avilissent celles qui ont succombé. G'e$t parce qu'ik n'ont point été déçus dans leurs projets ou leurs e^ pérances. particulières, qu'ils se montrent aujourd'hui, si patients à supporter leurs infortunes.

Je les ainie donc , mes pauvres Italiens , je les recherche , et quand je.le puis je les console , je m'associe à. leurs vœux comme je m'associerais à leurs entreprises, s'ils pouvaient eu former encore. Aussi ai-je accueilli avec empressement les ouvertures de Buonarotti sur l'afiiliation à une société, dont le but est de ti^vailler à rendre l'ItaUe indépendante : —Il

y a Id^temps que je t'observe , m'a*t-il dit , et le moment est venu de t associer à des amis de la liberté , à des patriotes qu'aucun revers ne saurait déeourager, et qui travaillent sans relâche et en silence à délivrer les peuples du joug du despotisme : quand les pervers triomphent, il faut que les bons se réunissent : quand Farbitraire est de tous les moments, il faut faire. un faisceau des forces éparses des bons citoyens , et se reconnaître , s'entendre pour travailler en commun à la r^énération sociale.... Voilà désormais la tâche de tout homme de bien; ce doit être la tienne , jeune honmie !

Quoique je sois loin de partager les opinions exagérées de Buoimrotti, je l'estime trop cependant pour ne pas être flatté de la proposition qu'il yient die me faire; et c'est avec impatience, je l'avoue, que j'attends le jour où je ferai partie de l'association dont il m'a parlé avec tant d'enthousiasme.

iS août.

— Venez'vous à Coppet?... criait hier matin sous ma fenêtre M. de la P. , vieux Français royaliste, qui est k Genève depuis quinze jours ; nous partons à l'instant....

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