CHAPITRE XVII
détails en sont charmants. Ses deux pièces, Vert-Veriet la C/zrtr//v«5c, sont très remarquables.
Guimond de La Touche, né en 1703, mort en 1760, a fait Mahomet II et Ipliigénie en Aulidcj son chef-d'œuvre.
On donnait cette pièce le lendemain de l'entrée des soit-disants alliés, en 1814. J'étais au café du Théâtre-Français ; deux jeunes officiers russes, âgés de dix-sept à dix-huit ans, causaient ensemble; l'un demande de qui est la pièce qu'on doit jouer; l'autre répondit qu'elle est de Guimond de La Touche, qu' Iphigénie en Aulide était de Racine, que les Lettres à Emilie étaient des futilités, que le Voyage d'Anacliarsis était un excellent ouvrage ; ils parlaient de notre littérature avec un goût parfait. Je m'avançai auprès de leur table , et leur dis : « Si vous êtes ici, ce n'est pas ma faute ; mais je vous entends parler de notre littérature avec beaucoup de tact et de jugement, je ne veux plus voir en vous des ennemis. » Je parie que les trois quarts du public qui remplissaient le parterre de la Comédie-Française , ce soir là , étaient incapables de dire le nom de l'auteur de la pièce.
N. B. L'émigration a fait faire de bonnes
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études à ces peuples, c'est-à-dire aux gens riches.
Corneille Pierre, né à Rouen en 1606, mort à Paris en 1684. Sa première pièce de MéUte, donnée à Rouen en 1625, eut un grand succès, et l'actrice qui joua ce rôle porta longtemps ce nom. Je n'ose parler du père de la tragédie ; tous les peuples connaissent ce grand homme. Je dirai seulement à mes bons concitoyens. « Ne riez pas quand vous entendrez un vers comique, respectez ce génie; si par mégarde quelques jeunes gens se permettent une irrévérence contre ce rare génie, vengez-le en blâmant ces enfants sans expérience qui ignorent que la langue a changé. Respect toujours au grand et sublime Corneille.
Corneille (Thomas) , né la même année que son frère donna sa première pièce; mort en 1709. Je n'ai jamais vu jouer de lui que Bérénice et le Comte d'Essex. Il a à mes yeux un grand tort c'est d'avoir mis en vers le Festin de Pierre, de Molière, écrit en prose, et qui est un chef-d'œuvre. La Harpe a dit que si son frère n'avait pas existé il aurait joui d'une grande réputation. Je n'aime pas les menteurs.