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pièce du commencement de la nHolulion.
Rochon de Chabanues, mort en 1800, âgé de soixante-dix ans. Le Jaloux , en cinq actes , et Heureusement, sont ses deux meilleures pièces, surtout Heureusement , qu'on devrait jouer plus souvent; Mole, qui fit réussir la pièce, était divin dans ce rôle d'Heureusement.
Rotrou, mort en 1650, est le premier poète tragique avant Corneille; son ]yinceslas eut du succès et fut écrit de nouveau par Marmontel. J'ai imprimé ces deux pièces dans une même brochure. Rotrou est mort d'une maladie épidémique en courant à Dreux, sa ville natale, pour secourir ses concitoyens.
Desforges. 11 nous reste de lui la Femme jalouse, Tom Jones, le Sourd ou l'Auberge pleine, dont le succès fut pyramidal, et joué3 d'abord par Baptiste Cadet, puis par Brunet, qui ne resta pas au-dessous de son devancier ; //Épreuve villageoise, qui réussit aussi grâce à la musique du spirituel Grétry et à la voix de Martin. Je ne puis passer sous silence un beau trait de Grétry.
Il existe aujourd'hui des bureaux dramatiques où on perçoit les droits d'auteur pour les
pièces de théâtre dans les départements et à Paris. C'est à Lemercier et à Framery qu'on doit cette amélioration; ils firent rendre la loi de 1793. Framery tenait les bureaux. Comme les hommes sont bien partout où ils ne sont pas, une scission s'éleva et un autre bureau fut installé. Grétry, sans motifaucun, suivit le torrent; plus tard, il vint trouver Framery et lui dit : « Je suis vieux, je me suis mal conduit envers vous, reprenez-moi et ne m'en voulez pas. »
Ils s'embrassèrent et demeurèrent amis toute leur vie.
Regnard naquit vingt-trois ans après Molière et mourut à l'âge de cinquante-quatre ans, en 1710. Un littérateur de mes amis, homme de talent, disait : « Ne pouvant être Molière, je voudrais être Regnard. — Vous n'êtes pas dégoûté! » lui répondis-je. Parmi ses pièces, on peut citer : le Retour imprévu, la Sérénade que j'ai vu jouer ; le Joueur et le Légataire sont ses chefsd'œuvre; les Ménechmes, les Folies amoureuses et le Distrait, pièces plus que passables, resteront au répertoire. Le Distrait tomba à la première représentation, et on ne le rejoua que trente
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ans après la mort de l'aïUciir, et il réussit.
Lorsque les comédiens français écoutent la lecture d'une nouvelle pièce et qu'ils la reçoivent, il doit y avoir du bon. Si une pièce était silïlée, je la laisserais reposer quinze jours ou un mois pour épuiser les critiques et les effets des imbéciles, qui, sur les données des autres, répètent : « C'est mauvais! » Je risquerais une seconde représentation en sournois, sans l'annoncer ; alors les gens raisonnables et les gens d*esprit, qui l'auraient déjà vue, jugeraient sans prévention, et on retrancherait les futilités. J'en appellerais au public, et du public en tumulte au public attentif.
Regnard, revenant d'Italie en France, fut pris par des corsaires, conduit à Constantinople et vendu comme esclave. Il s'acquit les bonnes grâces de son maître Achmet Talem en présidant à sa cuisine, et revint en France, après avoir payé une rançon de douze mille francs.
Regnard était passionné pour les voyages.
Fuselier travailla pour tous les théâtres de Paris seul et, avec le sage Dorneval, pour les théâtres des foires. Il a fait beaucoup de pièces,
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et il n'en a qu'une de passable, dit la Harpe. Il était petit, trapu, avait le cou très court, était traîné dans une brouette, et appelait celui qui la tirait son cheval baptisé. Il lui disait souvent : « Mon ami, quand tu me trouveras étendu sur le carreau de ma chambre, c'est que je serai occupé à quelque chose de sérieux ; il ne faudra pas me déranger. « Le 19 septembre 1752, cet homme, étant monté chez Fuselier et l'ayant effectivement trouvé le nez contre terre, descendit en disant aux voisins : « Notre maître travaille sérieusement. » Fuselier n'existait plus.
Goldoni, né à Venise en 1707 et mort à Paris en 1793, a laissé de nombreuses pièces, dont une partie ont été traduites pour le répertoire des théâtres étrangers. Il fut surnommé le Molière de l'Italie. Le Bourru bienfaisant figurera toujours au répertoire. Mole, Saint-Phal, et aujourd'hui Perrier, ont joué ce rôle avec succès; ce dernier surtout y ressort mieux que partout ailleurs. J'ai vu aux Italiens les Jumeaux vénitiens, du même auteur, pièce fort amusante.
Gresset, né à Amiens en 1707, mort en 1777. Sa comédie du Méchant est un chef-d'œuvre de style ; l'action n'y est pas très forte , mais les