CHAPITRE XVIII
couplet auquel je me permis d'ajouter à la fin une exposition très forte :
Quand le tonnerre
Vient eu éclat
De son fracas Épouvanter la terre
De'sa colère,
Qu'alors pour nous
Le choc du verre Amortisse les coups;
Bouchons volez,
Flacons coulez,
Buveurs sablez.
Lu dieu sert les ivrognes ;
Au sein de l'air,
Que noire œil fier,
Nos rouges trognes Fassent pâHr l'éclair, S. n.de D. !
Il se leva et vint m'embrasser en me disant : «Je voudrais l'avoir trouvé, nous faible mortels, faire pâlir l'éclair ! Il faut avoir le diable au corps pour avoir fait un couplet pareil. »
Vernet, des Variétés, était fait pour briller sur une scèn^ plus élevée. Je n'ai jamais pu trou^
ver l'occasion de lui faire une observation, ni un mot de critique, tant il me semblait parfait. Je ne veux pas que le comédien regarde dans la salle ; il avait le talent de le faire sans que l'on s'en aperçut. Gavaudan, de F Opéra-Comique, était de sa force. Ce dernier n'avait presque pas de voix et pourtant c'était un grand comédien aussi.
Klein , du Gymnase , est devenu un bon comédien. Je lui ai vu jouer un rôle d'une pièce tirée d'un épisode de la terreur, où il n'y avait ni chant ni vaudeville ; c'était purement comédie ou drame. Il a joué ce rôle avec une grande perfection , je lui en ai fait mon compliment dans le temps.
Bernard Léon et Lepeintre aîné, dont la réputation est faite depuis longtemps
J'étais au café du Théâtre-Français avec mon ami Offeld , qui y vient depuis cinquante ans , lorsque Pigault-Lebrun entra, m'apostropha en me disant : « Tu n'auras pas mon roman nouveau car je l'ai vendu trois mille francs à un autre libraire : Je lui répondis, « Je te parie un bol de punch que je l'ai.» Nous touchâmes dans la main, le pari eut lieu et je lui dis : « C'est que je t'en