‹ Souvenirs de Jean-Nicolas BarbaChapitre 115 sur 122 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

couplet auquel je me permis d'ajouter à la fin une exposition très forte :

Quand le tonnerre

Vient eu éclat

De son fracas Épouvanter la terre

De'sa colère,

Qu'alors pour nous

Le choc du verre Amortisse les coups;

Bouchons volez,

Flacons coulez,

Buveurs sablez.

Lu dieu sert les ivrognes ;

Au sein de l'air,

Que noire œil fier,

Nos rouges trognes Fassent pâHr l'éclair, S. n.de D. !

Il se leva et vint m'embrasser en me disant : «Je voudrais l'avoir trouvé, nous faible mortels, faire pâlir l'éclair ! Il faut avoir le diable au corps pour avoir fait un couplet pareil. »

Vernet, des Variétés, était fait pour briller sur une scèn^ plus élevée. Je n'ai jamais pu trou^

ver l'occasion de lui faire une observation, ni un mot de critique, tant il me semblait parfait. Je ne veux pas que le comédien regarde dans la salle ; il avait le talent de le faire sans que l'on s'en aperçut. Gavaudan, de F Opéra-Comique, était de sa force. Ce dernier n'avait presque pas de voix et pourtant c'était un grand comédien aussi.

Klein , du Gymnase , est devenu un bon comédien. Je lui ai vu jouer un rôle d'une pièce tirée d'un épisode de la terreur, où il n'y avait ni chant ni vaudeville ; c'était purement comédie ou drame. Il a joué ce rôle avec une grande perfection , je lui en ai fait mon compliment dans le temps.

Bernard Léon et Lepeintre aîné, dont la réputation est faite depuis longtemps

J'étais au café du Théâtre-Français avec mon ami Offeld , qui y vient depuis cinquante ans , lorsque Pigault-Lebrun entra, m'apostropha en me disant : « Tu n'auras pas mon roman nouveau car je l'ai vendu trois mille francs à un autre libraire : Je lui répondis, « Je te parie un bol de punch que je l'ai.» Nous touchâmes dans la main, le pari eut lieu et je lui dis : « C'est que je t'en

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