CHAPITRE VI
Théâtre de la Gaîté. — Nicolet. — Ribié. —L'Ambigu-Comique. — Audinot. — Corse. — Guilbcrt de Pixérécourt. — Victor, Vcnfant de la forêt. — Ducray-Dumiuil et son libraire Le Prieur. — Picard,
Le théâtre de la Gaîté jouissait alors d'une grande vogue ; devant la porte, sur des tréteaux, Nicolet disait ; Entrez, messieurs, vous allez voir le fameux Constantin vous montrer ses cinq superbes habits, dans le rôle de don Juan du Fcsiin de Pierre. Corse, dont je vais parler tout-à-l'heure^ était alors à la Gaîté, et y jouait le rôle de Madame Angot ou la Poissarde parvenue^ en deux actes, de Maillot. J'achetai cette pièce à la cinquanlc-uoiùme représentation , et je gagnai beaucoup d'argent.
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Il y avait du reste à la Gaîté quelques bons acteurs : d'abord un premier comique nommé Guillomont, digne de la Comédie-Française; un petit acteur nommé Mayeur, excellent dans les niais; enfin mesdemoiselles Tabraise et Laforêt, qui, outre le talent qu'elles possédaient, étaient de fort belles femmes. M. ^laradan, libraire, a épousé une de ces dernières, et n'a eu qu'à s'en féliciter. En m'établissant libraire, je possédais fort peu de chose, et M. Maradan me fit crédit d'une centaine de francs de livres, lors de mon installation , maison des frères Savart, restaurateurs, galerie vitrée, le premier février 1791. Que la famille de M. de Maradan reçoive ici mes remercîments sincères pour ce trait de bonté et pour la bienveillance dont son digne chef m'a honoré toute sa vie ; il m'appelait son étourdi.
Mon premier client fut M. de Beauregard, rédacteur de la Gazette de France ; quoique sur le chapitre de la révolution nos opinions aient toujours été très différentes, il n'a jamais cessé, même encore aujourd'hui, de me traiter avec amitié. 11 m'écrivit un jour ([u'il avait été fort surpris de voir sortir de mou magasiu uu ou-