CHAPITRE VI
homme tous les jours et le tromper ainsi? C'est fort mal. Depuis ce jour Corse ne m'a plus traité qu'en simple connaissance, et toujours avec quelque cérémonie. Je m'aperçus , du reste, qu'il ne me pardonnait pas ma franchise, et pour avoir eu raison j'avais tort à ses yeux; mais je n'en éprouve aucun regret, et aujourd'hui j'agirais encore de même. Le bon Caignez a eu aussi beaucoup de succès au boulevard. On appelait Pixérécourt le Corneille, et Caignez le Racine du boulevard. Corse était en eflèt un acteur de talent, mais, après avoir joué 300 fois Madame Amjoi au Sérail, il en avait conservé le tic dans tous ses autres rôles, de même que Beaulieu, qui dans Mahomet était encore Cadet Roussel au café des Aveugles: il prononçait!*/ esi mart au lieu de mort.
Le premier mélodrame représenté sous la direction de Picardeau fut \icior o\x l'Enfant de la furet; Bitmer, qui avait joué avec succès la pantomime de Dorothée des quatre fis Aijmon , débuta avec talent dans les rôles de Roger et de Victor. Vinrent ensuite Révalard, et un autre bon acteur, nommé Grevin, que j'ai toujours mis sur la même ligne que mon ami l'irmin des
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Français. Révalard, qui eut dans Victor un succès prodigieux , est venu mourir ensuite au théâtre de l'Odéon. Je suis étonné qu'on n'ait pas encore songé à remonter Victor ou l'Enfant de la forêt; on pourrait le faire en débarrassant cette pièce de ses marches et contre-marches que le temps exigeait. On y compte trois beaux rôles, sans parler d'un rôle de femme. Cet ouvrage de Pixérécourt est tiré d'un roman de Ducray-Duminil portant le même titre, et il se joue encore quelquefois en province. Mon ami Maradan avait imprimé alors trois romans de Ducray , Lololte et Fcinfan, Alexis, Vicior ou l'Enfant de la jorêt. Le Prieur, qui s'était établi quai Voltaire, sous une porte cochère près la rue de Beaune, s'entendit avec Maradan pour la réimpression de ces trois romans, et pour une assez faible somme; car Maradan était un homme très désintéressé. Un grand succès couronna la spéculation de Le Prieur qui s'enhardit et traita directement avec Ducray-Duminil pour ses romans nouveaux. La fortune de Le Prieur n'a pas eu d'autre origine. Cependant lorsque l'au. teur devenait vieux, Le Prieur refusa ses écrits. Ce bon Ducrny-Dnminil venait souvent pieu-