CHAPITRE VI
temps que celui où les prêtres égorgeaient les chefs dont ils n'claient pas contents, et vous n'ajoutez pas : Pigault dit cela du ton de l'ironie dans un paragraphe qui me vexe un peu. Voilà une réticence condamnable, car, enfin, on pourrait croire, d'après vous, que Pigault veut former des Cliatcl et des Clément.
A^ous donnez à entendre que Pigault est un athée. Je vous remercie pour lui de votre modération , car comme on disait naguère : Sois mon frère, ou je te tue, vous pourriez dire aujourd'hui : Soiscliréiien, ou je te brûle, et cette phrase sonnerait très agréablement à certaines oreilles, n'est-il pas vrai, cher abbé ? Je crois bien, comme vous, que Pigault n'est ni Israélite, ni Baaliste; mais je me demande ce que vous êtes, car la charité étant la vertu par excellence que prescrit le christianisme, je ne puis croire que vous teniez sincèrement à cette secte-là.
Vous remarquez qu'il n'est pas généreux cle donner du ridicule à un noble; mais vous savez bien, malin corps, que ce noble estun être idéal, et Chénier est vivant. C'est lorsqu'il siégeait à la Convention qu'il y eût eu du courage à l'attaquer; c'est en disant qu'il fut courageux lui-
^ SOUVEMRS.
même, en osant mettre un prêtre tolérant sur la scène, il y a dix ans, que vous auriez écrit avec bonne foi. Bah ! la bonne foi ! sottise, duperie, n'est-il pas vrai, l'abbé?
Vous appelez la scène d'imagination, où des nobles rassemblés tirent de leurs poches leurs ordres et s'en décorent, une odieuse calomnie! Vous voulez donc, mon très cher, désigner Pigault pour plastron à toute la noblesse de France? Oh! cela n'est pas joli, cela n'est pas chrétien. Heureusement pour l'auteur, il a mis à côté de M. d'Arancey un d'Égligny, très bon gentilhomme, et qui n'a que des qualités et des vertus; mais vous n'avez pas jugé à propos de parler de celui-là.
Vous ne dites rien non plus de mademoiselle d'xA^rancey, quiest bien aussi noble que monsieur son père, et qui, dans toute sa conduite, offre la perfection du beau idéal et moral. C'est une femme comme vous en voudriez une, l'abbé, si vmis n^aviez juré d'étouffer votre postérité à la plus grande gloire de Dieu, et vous n'en dites rien, lecteur ingrat! juge inique!
Vous vous rejetez ensuite, avec fureur, sur un pauvre euré qui déclame, selon vous, contre