‹ Souvenirs de Jean-Nicolas BarbaChapitre 44 sur 122 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Entrons en matière.

Vous jugez inutile de parler d'un ouvrage oublié. Pourquoi donc en parlez-vous? Oublié! Je sais ce qu'il en est, moi, qui le vends tous les jours. Oublié ! et vous annoncez qu'il se trouve chez votre libraire Le Normant ! Vous espérez donc qu'on se souviendra assez de l'existence de Monsieur Botte pour qu'on débarrasse mon confrère de la rue des Prêtre des exemplaires qui lui restent? Etpuis, si l'ouvrage est oublié, pourquoi écrire quatre colonnes? Que d'esprit perdu, s'il y en a!

Vous reprochez à M. Botte ses quatre ou cinq chutes, et, à cet égard, vous avez beau jeu, vous qui n'en avez jamais éprouvé qu'une. Vous l'avez oubliée, peut-être, et j'ai mauvaise grâce à renouveler vos douleurs ; mais que voulez-vous, mon cher abbé, je suis charitable... comme vous. Je me souviens d'une plate et très plate tragédie des Scyilws, que jamais vous n'avez pu faire jouer que par vos écoliers, et qui a fait rire aux éclats les papas et les mamans accourus au collège de Louis-le-Grand avec l'intention très prononcée de trouver admirable la tragédie de monsieur le régent.

Vous me direz que je ne puis vous prouver que vous ayez fait une pitoyable tragédie. Je conviens que votre rare prudence vous a mis à Tabri delà critique. On sait que, le jour où vous vous êtes vendu à Le Normant, vous avez couru la Halle, et enlevé à la dernière beurrière la dernière des feuilles qu'elle avait achetées à la livre. Laissons donc les Scythes oubliés, très oubliés, fort heureusement pour vous, et revenons à M. Botte.

Pigault-Lebrun, dites-vous, par sa fécondité , aurait été immortel, au moins pendant sa vie....

Ah! voilà de la plaisanterie, du joli, du goût! passe pour cela. Je ne vous ferai pas même observer qiïimmortel pendant sa vie est un pléonasme, et qu'il n'est pas permis à un régent de rhétorique d'en faire. Ce qui suit devient sérieux»

Voltaire avait fait ce vers :

L'impie a dit : // n'i) a pas de Dieu.

Le lendemain Fréron écrivit : Voltaire dit qu'il n'y a pas de Dieu ; et tout votre article contre M. Botte, ne vous déplaise encore, cher abbé, est un peu à la Fréron.

Vous faites dire à mon auteur : Oh ! le bon

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