‹ Souvenirs de jeunesseChapitre 3 sur 15 · PAUL OLLENDORFF, ÉDITEUR · texte numérisé non relu

PAUL OLLENDORFF, ÉDITEUR

ï8 bis, rue de Richelieu, 28 bis

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// a été tiré de cet ouvrage dix exemplaires sur papie. ■ y**gé de Hollande, numérotés à la presse.

Ma chère Madeleine,

Ton père te dédie ce livre, où il a conté quelquesuns des souvenirs de sa jeunesse. Tu peux le lire d'un bout à Vautre sans scrupule. Comme je pensais à toi en récrivant, comme je voyais sur le papier l'ombre de ta tête penchée sur mon épaule, tu n'y trouveras aucun récit dont puisse s'effaroucher la chasteté de tes oreilles de quinze ans.

Tu y verras que ton pauvre père, comme toutes les créatures humaines, hélas ! a été pétri de mal et de bien ; qu'à côté de grands et nombreux défauts, il a eu quelques qualités sérieuses dont la moindre n'est pas ce goût de sincérité, qui lui a permis de convenir, sans fausse pudeur ni ostentation, des uns aussi bien que des autres.

Il y a une leçon que tu emporteras, je le souhaite de cette lecture.

J'ai beaucoup travaillé, mon enfant, et je travaille encore énormément. Il faut travailler dans la vie; il n'y a que cela au monde de bon et de vrai. Le travail ma épargné bien des sottises et m'a consolé de celles que f avais faites.

Voltaire a dit dans un livre, que tu liras plia tard, le mot où se trouve enfermé le secret d:( bonheur : « Il faut cultiver son jardin. »

Oui, cela est vrai : si petit que soit notre jardin, il faut le cultiver...

Je te quitte pour aller ajouter un coup de bêche à tous ceux que j'ai déjà donnés. La vie moderne est ainsi faite que Von a à peine le temps d'embrasser sd fille entre deux coups de bêche.

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