DE BERGHES
iPiERRE PKiNCE DE Berghes Saint-Winock, né à Auteuj! /"Seine) le 7 juillet 1846, externe au lycée Bonaparte, r'îève de l'école Sainte-Geneviève du 10 octobre i865 au 27 juillet 1866, entré à Saint-Cyr en 1866^ sous-lieutenant au 7^ de chasseurs, officier d'ordonnance du général Lebrun, blessé à Sedan le i^' septembre 1870 et mort à Bruxelles le 23 octobre de la même année.
lin 18685 Pierre de Berghes sortit dans les premiers rangs de l'école de Saint-Cyr, oîi la distinction de ses manières, un caractère plein de douceur el de bienveillance, de brillantes qualités d'esprit et de cœur lui avaient acquis l'estime et Taffection ie ses camarades. Il était sous-lieutenant avec son frère Ghislain au 7™^ de chasseurs, quand éclata la guerre contre la Prusse. Dans la crainte que leur
régiment ne fût longtemps inactif, les deux /eunes officiers voulurent s'engager comme simples soldats dans l'un des escadrons qui partaient pour la frontière; mais leurs démarches furent inutiles, et nos premiers désastres vinrent trop tôt leur fournir l'occasion de prendre part au combat. Choisi comme officier d'ordonnance parle général Lebrun, Pierre accepta ce poste, où il espérait trouver plus de périls encore que d'hoimeur.
A grand regret il se sépara de son frère, pour lequel son affection était si tend/e et si profonde qu'elle était partout remarquée et admirée. Pas une pensée, pas une joie, pas une préoccupation qui ne leur fussent communes, et il était devenu proverbial qu'on ne pouvait les voir l'un sans l'autre.
Après le désastre de Sedan, tandis que Ghislain, avec les débris de son escadron, se frayait un passage à travers les lignes prussiennes, et, à force d'audace et de bravoure, échappait à la honte de la capitulation, Pierre gisait sur le champ de bataille cruellement mutilé. Vers huit heures du matin, le jeune officier d'ordonnance suivait le général Lebrun au milieu des boulets et de la mitraille qui pleuvaient de toute part, lorsqu'un éclat d'obus vint briser sa jambe droite jusqu'au dessus du
genou et tuer son cheval. Transporté dans l'ambulance la plus voisine, il s'empressa, avant l'amputation, de demander s'il pourrait revoir sa mère. Le chirurgien qui fit l'opération a raconté qu'il n'avait jamais rencontré autant de calme et de courage; aussi le proposa-t-il dans la soirée comme exemple aux nombreux blessés qui n'avaient point la même force d'âme.
Pierre, qui parlait fort bien l'allemand, s'adressa au chef des Johannites pour faire parvenir une lettre à sa mère, qu'il voulait avant tout rassurer sur la gravité de sa blessure. « L'amputation a dû être faite de suite; je vais bien du reste et ne souffre pas beaucoup... Ne vous tourmentez pas, ma pauvre mère, je pense bien à vous. » Mme la duchesse de Berghes s'empressa d'accourir et trouva son fils à Givonne. Quand Pierre la vit entrer dans sa triste chambre, ce fut alors pour lui comme une apparition du ciel, et, pendant qu'elle le pressait sur son cœur, toute au bonheur de le retrouver encore vivant, il lui disait: « Mère, vous savez, j'aj une jambe de moins ; je n'ai pas beaucoup souffert ■; il faut nous résigner. » D'une patience admirable, au milieu d'épreuves qui auraient abattu une âme moins virile, à chaqu.3 instant il témoignait de sa parfaite soumission à la volonté de Dieu. Lorsque
la douleur devenait plus intense : a O mon Dieu, s'écriait-il, faites-moi souffrir, mais envoyez-moi ia force de supporter mon mal. » Il s'oubliait luimême pour ne songer qu'à son frère exposé à tous les hasards des combats. « Pourvu que Ghislain soit épargné, répétait-il souvent, je ne me plaindrai pas. » Jusqu'à son dernier soupir ce fut l'objet de ses prières, et il se consolait en pensant que sa pénible agonie et sa mort intercéderaient auprès de Dieu en faveur de son frère : «J'espère, disait-il peu de temps avant d'expirer, que Ghislain sera sauvé; j'ai souffert pour tous mes amis. » Impuissante à soulager ses douleurs, sa mère lui exprimait parfois le regret de ne pouvoir sacrifier sa vie pour lui épargner la moindre souffrance. « Et moi, mère, répondait-il, je donnerais mon autre jambe pour vous conser%"er. »
Les fièvres pestilentielles qu'engendrent les champs de bataille régnaient à Givonne. Les médecins conseillèrent à madame la duchesse de Berghes de transporter son fils à Bruxelles, où l'attendait une touchante et généreuse hospitalité. La courte et glorieuse histoire de Pierre, bientôt connue, excita le plus vif intérêt parmi les premières familles du pays, et la reine des Belges lui .ît transmettre les témoignages d'une sympathie
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qui devait le suivre encore au delà du tombeau. Rien ne put arrêter les progrès de la fièvre, et le pauvre malade s'affaiblissait à vue d'œil. Pas un instant de repos, et, en dépit de ses cruelles souffrances , pas une plainte ne s'échappait de ses lèvres. Heureux d'avoir accompli son devoir, il disait au fidèle serviteur qui ne le quittait pas : « Au prix de ma jambe, je n'aurais pas voulu rester inactif durant cette campagne. » — Le ïi octobre pour la première fois l'affreuse opération de la ligature de l'artère devint indispensable, et il fallut la renouveler souvent. Pierre fît appeler un Père Rédemptoriste qui le confessa, et le lendemain avec grande piété il reçut la sainte communion, j^î^fe^^^*^^ Les accidents chaque jour plus nombreux ne Ipi^^^a^?^ sèrent bientôt aucun espoir; mais ils soumettaieiTt < ■ à de terribles épreuves l'héroïque patience d'u.r.ma,'^ . *" lade. « Mon Dieu, s'écriait-il à chaque instant, ayez pitié de moi; donnez-moi la force de souffrirais ,i. Il attendit ainsi la mort avec une douceur et une sérénité inaltérables. Le 23 octobre, vers dix heures du soir, il expira entre les bras de sa mère, qui le couvrait de ses baisers et de ses larmes.
Quatre jours après, une assistance d'élite assistait aux funérailles de Pierre, et sur son cercueil des soldats frappais déposèrent une couronne de
lauriers. Au jour anniversaire de sa mort, le 23 octobre 1871, sa dépouille mortelle était inhumée à Rânes (Orne), dans le caveau de la famille de Berghes. Cinquante prêtres, la population entière, les mobiles et les mobilisés du pays, un grand nombre d'amis de la famille s'étaient réunis pour honorer son souvenir; et M. le curé de Rânes, dans une allocution qui émut vivement l'audi-- ■:oire, prononça l'éloge du jeune ofïicier mort en combattant pour la défense de son pays.
Georges Aubry, né à Paris le i" janvier 1848, élève du collège de l'ImmacuIée-Conception à Vaugirard^ puis de l'école Sainte-Geneviève du 10 octobre i865 au 3i juillet 1868, élève de l'Ecole polytechnique en 1868, lieutenant au i4« régiment d'artillerie, chevalier de la Légion d'honneur, mortellement blessé le i5 décembre près de Vendôme, mort à Vendôme le 21 décembre 1870.
vjTEORGES se rendait à Metz, au mois d'août 1870, pour entrer à l'école d'application, et deux jours après son arrivée la ville était complètement investie par l'armée prussienne. Comme ses camarades , il supporte avec courage les souffrances du siège et s'exerce à la manœuvre du canon; en peu de temps , il était devenu un pointeur
habile. Quand les Allemands entrèrent dans Metz, ils permirent aux élèves de l'école d'application d'aller où ils voudraient. Georges n'hésite pas un seul instant, et, n'écoutant que son devoir en présence de la France envahie, il court embrasser sa famille;, alors à Bruxelles, et gagne l'armée la plus voisine qui se formait à Lille. Mais comme l'organisation traînait en longueur, impatient d'aller au feu aussi vite que possible, il se rend à Tours, demande du service au gouvernement de la défense nationale, et obtient d'être envoyé à Toulouse, où il est nommé lieutenant dans le 14* régiment d'artillerie.
Dix jours après il était sur la Loire et prenait part à ces brillants combats qui, un moment, semblèrent interrompre la série de nos désastres. Beaugency, Meung, Tavers, Vendôme, — cinq batailles en huit jours, — furent les témoins de la valeur de Georges, qui avait dit à son père en l'embrassant pour la dernière fois : « Je serai digne de vous et de ma mère. » A la tête de sa batterie, il montre un mépris du danger et un sang-froid qui excitent l'admiration de ses chefs.
Le 7 décembre il écrit de Beaugency à son père :
« Je n'ai pas eu le temps ce matin d'achever ma
lettre; la faute en est aux Prussiens, qui sontvenus nous déranger. J'ai donc reçu le baptême du feu. Cela ne m'a pas produit trop d'effet ; du reste nous n'avons été engagés que fort peu de temps, à la fin de la journée... Mon capitaine a été très-exposé. Ne recevant pas d'ordres, il s'est porté tout seul en avant de Foinard, oîi les Prussiens venaient de s'installer dans le clocher et dans les maisons, et de là tiraient sur nos troupes. Pour moi, il y avait une minute que j'avais fait changer mes pièces de place, quand des obus sont venus tomber juste à l'endroit que j'avais quitté... Nous avons eu parmi les mobiles un instant de panique. C'était navrant, et cette terreur sans cause m'a fait mal au cœur... Je vais prendre quelques instants de repos, au coin du feu, dans une ferme. Peut-être que dans quatre ou cinq heures d'ici il faudra tirer de nouveau l& canon. »
Le lendemain, 8 décembre, eut lieu le combat de Tavers, et Georges dirigea le tir de ses pièces avec une rare précision; il eut son cheval tué sous lui, et le soir même il fut proposé pour la croix d'honneur. Le 9 décembre, nouveau combat où se distingue encore le jeune lieutenant, et pour la seconde fois on le présente avec plus d'insistance pour la décoration.
GEORGES AUIJRY.
Le 10 décembre au soir, après une quatrième bataille, le commandant Keim annonce aux officiers qu'il vient d'être nommé chef d'état-major de l'artillerie du i6"^ corps; mais « avant de quitter ma batterie, dit-il, je vais faire un rapport spécial sur la belle conduite de mon jeune vit vaillant camarade, le lieutenant Aubry. Esclave du devoir, admirable au feu, il donne à' tous, officiers et soldats, le meilleur exemple. » A la suite de ce rapport, Georges fut décoré avec la mention suivante : « Jeune officier d'un rare sang-froid, a très-bien dirigé le tir de sa section composée de jeunes soldats, dans les journées des 7, 8 et 9 décembre. » Lorsque la nomination officielle arriva, Georges venait de mourir, et cette croix d'honneur si bien méritée fut déposée sur un cercueil.
Pour mieux faire apprécier les qualités militaires de notre brave lieutenant, nous citerons la lettre écrite après la mort de Georges par M. le commandant Keim à M. Aubry, maire de Meudon ef membre de la chambre de commerce de Paris.
(c Monsieur, toutes vos lettres m'ont été remises avant-hier , hier et aujourd'hui ; et c'est tout attristé, bien peiné par la perte douloureuse que nous avons faite, que je viens m'entretenir avec vous
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de votre cher fils, mon bien cher camarade et ami.
« J étais loin, Monsieur, de m'attendre à la triste nouvelle que vos deux dernières lettres sont venues m'apporter. Je comptais, au contraire, pouvoir faire prendre des renseignements à Vendôme sur notre pauvre abandonné , et déjà je me faisais un vil plaisir de lui envoyer la lettre d'avis lui annonçant sa nomination de chevalier de la Légion d'honneur; je voulais y joindre ma décoration pour le récompenser de sa belle et franche conduite au feu pendant qu'il était mon lieutenant, et pour lui donner une preuve de plus de la bonne amitié que je lui avais vouée; amitié doublée de toute l'estime qu'un chef doit à un bon et brave jeune homme comme l'était notre pauvre Georges.
« Je comprends, Monsieur, tout le chagrin que vous devez éprouver par celui que j'ai ressenti en recevant la fatale nouvelle ; vous perdez un fils 'îhéri,moi je perds un bon ami que j'aurais été heureux de retrouver pendant le reste de ma carrière , un enfant aimant et joyeux qui s'était attaché de tout cœur à son capitaine, lequel, soit dit en passant, était bien heureux de se voir choyé et aimé, et qui faisait ce qu'il pouvait pour prouver son affection à son jeune ami.
« Oui, Monsieur, votre fils était un bon et brave
soldat. J'étais capitaine instructeur, au 14'' d'artillerie, lorsqu'il y est arrivé, à sa sortie de Melz. Son zèle, son aptitude, me l'ont bien vite fait distinguer au milieu de ses nombreux camarades, désignés comme lui pour l'armée; aussi, dès que j'ai su que le ministre de la guerre voulait bien me relever de mes fonctions pour m'envoyer commander une batterie à l'armée, j'ai insisté auprès' du major pour que notre jeune homme me soit donné; il y avait déjà sympathie entre nous, la vie de campagne est venue nous rapprocher ; quelques jours après, votre bon enfant était devenu l'ami de celui qu'il se plaisait à appeler Aie in Lieber capitaine.
« Au combat en avant de Beaugency , notre Georges avait si bien dirigé ses pièces, il avait montré un si grand calme au feu, que je m'étais fait un devoir de le présenter pour chevalier. Deux jours après, à la bataille de Tavers, ma batterie fut sérieusement engagée , mon jeune lieutenant emporta sa deuxième proposition. Enfin, à ce malheureux combat devant Vendôme, sa conduite énergique fut remarquée de tous. Je n'étais plus avec lui, vous le savez; mais, quand sa troisième proposition arriva chaleureusement appuyée, je fis valoir à l'état-major ses deux propositions anté-
rieures, et cette décoration, noblement gagnée, fut demandée et accordée.
(c Soyez donc fier de votre fils^ Monsieur; c'était un brape. Il avait bien commencé cette carrière, dans laquelle il aurait bien certainement réussi, car il avait pour cela les qualités voulues : garçon de cœur, travailleur, dévoué à son métier, à ses chefs, il aurait pu arriver à une position brillante. Dieu ne l'a pas voulu, il faut nous résigner, tout en pleurant le brave enfant qu'il a enlevé trop tôt à notre affection.
(c J'ai été. Monsieur, pendant un mois, l'ami, le confident de votre entant; à ce double titre, j'ai pu l'apprécier; ne soyez donc point étonné des éloges que je lui donne. Vous êtes venu bien souvent au milieu de nos conversations intimes ; nous nous promettions, en des jours plus heureux, de nous retrouver à Paris. Je me faisais, à l'avance, un vrai plaisir de faire votre connaissance; le malheur qui vous frappe n'arrêtera pas, je l'espère et si Dieu le permet, le projet que nous avions formé avec votre fils. J'accepte donc avec plaisir l'offre que vous me faites. Après la guerre, je compte rejoindre ma femme à Toulouse; de là, nous irons reprendre mes deux jeunes enfants que j'ai été obligé de laisser dans le Pas-de-Calais; bien certainement, en pas-
sant à Paris, je me ferai un devoir d'aller serrer la main du père du pauvre enfant que je n'oublierai jamais.
a J'ose espérer, Monsieur, que vous voudrez bien excuser cette longue lettre. Je me suis laissé entraîner par mes souvenirs; puis, je l'avoue, je suis bien heureux de pouvoir faire l'éloge de mon pauvre ami; c'est la seule consolation qu'il me soit permis de vous offrir. Je le fais avec bonheur, car c'est le devoir de votre tout dévoué,
« J. Keim,
« chef d'état-major de l'artillerie d|i )6« corps. « Laval, 5 février 1871. »
Le 1 5 décembre, Georges avait installé ses trois pièces de canon sur une hauteur, à deux kilomètres de Vendôme. Les obus pleuvaient autour de lui sans l'émouvoir; un caisson saute, son second cheval est tué, sa capote est transpercée, et au milieu de la panique générale , tandis que les mobiles s'enfuient, il encourage ses soldats à tenir ferme. Vers cinq heures, un obus tombe sur un canon, tue roide le pointeur et blesse mortellement Georges à la jambe. On s'empresse autour de lui pour le transporter dans une ambulance; mais il s'y refuse, déclare qu'il quittera sa batterie le der-
nier etsurle dernier attelage,et se fait placer sur un tas de pierres^d'où il peut encore commander le tir.
Quand il est bien assuré que ses chers canons ne tomberont pas au pouvoir de l'ennemi, il se laisse conduire au hameau du Temple, dans une maison abandonnée. L'aide-major se présente pour fain un premier pansement. « Avant tout, lui dit-iL allez me chercher un prêtre. » M. Caille, curé de la Trinité à Vendôme, s'empresse de venir et entend sa confession. Calme et tout heureux d'avoir pu remplir son devoir de chrétien, il se laisse mettre l'appareil par l'aide-major.
Peu de temps après, il est transporté dans un quartier de cavalerie, où il reste seul, abandonné sans secours pendant quatorze heures, trop faible pour étancher le sang qui s'échappe avec la vie de sa blessure. Le lendemain, M. l'abbé Rouillé le découvre enfin et le fait transporter à l'ambulance de Mme veuve Motheron, femme d'un grand cœur, puis à celle du lycée, où il subit avec résignation et courage une amputation trop tardive pour pouvoir être utile. La simplicité et l'élévation de ses sentiments chrétiens excitaient l'admiration des blessés qui l'entouraient, d'autant plus qu'ils avaient été les témoins de son héroïque bravoure sur le champ de bataille.
5o GEORGES AUBRY.
Durant ses derniers jours, il n'a plus qu'une seule pensée, celle de Dieu et de ses chers parents, et sur son lit de souffrance il leur écrit un dernier adieu. Mais sa lettre pourra-t-elle traverser les lignes ennemies? La Providence vint à son aide. Près de lui, un officier allemand, le comte de Lûtichau, se mourait. « Donnez-moi votre lettre, dit-il à Georges; elle parviendra avec la mienne, soyez-en sûr; car, moi an-ssi, j'ai à saluer des parents que je ne reverrai plus. » Et ces deux braves soldats qui, la veille, s'efforçaient de s'entre-tuer, se tendirent une main amie.
Le mal fit en peu d'heures d'effrayants progrès, et notre cher blessé expira le 21 décembre 1 870, après avoir reçu les derniers sacrements de la sainte Eglise. Ame vaillante et loyale, ennemie du moindre mensonge, honnête dans toute la force du mot, enthousiaste pour le noble métier des armes, Georges Aubry appartient à cette génération d'élite qui seule peut relever notre pays de ses ruines par la virilité du caractère, l'habitude d'un travail sérieux et la fermeté des convictions religieuses .