‹ Souvenirs de l'emigration, à l'usage de l'époque actuelleChapitre 3 sur 4 · MM · texte numérisé non relu

MM

Chevalier de Montvallat ( Casimir ).

DE Privezal (Adrien).

RoEAND , fils aîné.

BoÉ.

LoBiwHES, avocat DuFAU ( Anastase).

» Cardàillac.

Tabouknel.

Théron ( avocat ).

Delbées frères , orfèvres.

Mazenc , aîné.

Mazenc (Henri ).

Martin Saurinne cadet.

Fraysse.

Campmas.

Farjou, les deux frères.

La Raussie.

Ollié ( Jean-Pierre ). Dalmas ( Philippe ).

Les actes du gouvernement, à Paris, prouvaient une marche incertaine; il précipitait la publication d'arrêtés contradictoires avec ceux qui les avaient précédés. Tout cet en-

Î)E LEMIGRATIOIV. I^S

semble dénotait une crainte extrême, et détruisait la confiance qu'auraient donnée des mesures fixes , positives , fermes et en harmonie avec les actes antécédens. Il résultait de cette conduite inconsidérée une grande incertitude sur les événemens ultérieurs qu'on n'osait envisager.

Une proclamation du Roi , datée du 1 1 , appelait à lui l'amour des peuples pour la défense de la charte. Toutes ces mesures se discutaient pendant que Napoléon traversait la France en calèche ; et les ministres avaient été instruits du projet de l'île d'Elbe ! ! ! L'histoire décidera de quel tribunal ressort une pareille ineptie.

Une autre ordonnance, sous la date du 1 1 mars , convoquait les conseils généraux et les déclarait en permanence , soit pour l'exécution des mesures de salut public déjà prescrites, soit pour prendre celles que les circonstances ou les localités pourraient leur suggérer.

Une ordonnance du i5 autorisait les employés dans les administrations civiles à prendre les armes , sous peine de perdre leur em-

l-^Ô SOUVENIRS

ploi. Ainsi toute l'administration pouvait être abandonnée si tous les administrateurs eussent été complètement dévoués.

Une autre ordonnance, sous la même date^ ordonnait le paiement en entier des arrérages dus aux membres de la légion d'honneur sur le pied de i8i3.

Au milieu de ce chaos on oubliait la correspondance avec la plupart des préfets. Nous restions en communication avec S. A. R. Monseigneur le duc d'Angoulème, mais ce fut envain que nous voulûmes seconder le noble élan qu'il avait à donner à la cause royale dans les départemens du Midi ; en vain, qu'au milieu des plus grands périls, nous fîmes quitter à des soldais mutinés le signe de la révolte; en vain , que les volontaires royaux accouraient de toutes parts pour s'opposer au mouvement insurrectionnel de la troupe de ligne; en vain, que je parvenais à ramener des hommes égarés en leur faisant entendre la voix de l'honneur et du devoir.

Le 3o mars le préfet m'envoya des exemplaires des actes du gouvernement de Napoléon , avec injonction de les faire afficher

Dr. l'émigration. l'j'j

sans délai dans toutes les communes de mon arrondissement. Au lieu de me conformer à cette disposition, j'écrivis circulairement aux maires afin de les prémunir contre les moyens que les malveillans pourraient prendre pour arrêter, par des nouvelles désastreuses, l'élan de fidélité de leurs administrés : je leur fis connaître la décision des souverains, réunis en congrès, qui déclarait Buonaparte « hors la loi deî nations en le qualifiant de bri- » gand. w Pareille circulaire fut envoyée aux curés et desservans de l'arrondissement, afin qu'ils employassent l'influence de leur ministère pour maintenir les peuples dans le dévouement au Roi.

Ces mesures étaient d'autant plus utiles que, dès le 27, la nouvelle de l'entrée de Napoléon à Paris s'était répandue dans mon arrondissement, ainsi que celle du départ du Roi pour la Flandre.

Loin de suivre les instructions, du préfet , je pris conseil de mon devoir et de mes senlimens. Je ne reconnus de gouvernement que celui du Roi; je ne suivis d'autres ordres que ceux que m'adressait M. de VitroUes , au

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