PÉTION
J'aborde ici une catégorie de personnages plu^ graves, et qui ne se niélaient point à notre coterie de jeunes gens, mais que je n'ai pas laissé néanmoins de voir et d'étudier encore avec quelque profit.
Pétion, par lequel je commence, est trop connu pour que je m'arrête sur les points établis de sa biographie.
C'était, quant à son extérieur, un homme de bonne mine, d'une physionomie calme et ouverte, avec de beaux cheveux blancs. Barbaroux, en nous le présentant, nous faisait remarquer ce caractère de sa figure et disait: « Voilà l'homme qu'ils veulent faire passer ic pour un conspirateur ! » Il avait avec lui son fils âgé de Sou 10 ans.
Pétion s'était enfui de Paris sans argent ni bagage. Un particulier de Caen loi prêt» du linge, it ne l'ai vu qu'avec la redingote uniforme de la garde nationale.
L'imputation si souvent répétée contre lui par les royalistes , au sujet des massacres de Septembre, passait parmi les siens pour une atroce calomnie. Il est connu, au contraire, que la Montagne en avait positivement réclamé l'hori'ible honneur.
On a vu de quelles couleurs M. de WimpfiFen a prétendu peindre Pétion, et tout ce qu'il lui a prêté d'actes et de desseins odieux, sans la moindre apparence de preuve et contre toute vraisemblance. Je ne puis en dire qu'un mot : la haine manque son but en se montrant trop à découvert.