‹ Souvenirs de l'insurrection normande, dite du fédéralisme, en 1793Chapitre 19 sur 45 · BERGOING, SALLES, ETC · texte numérisé non relu

BERGOING, SALLES, ETC

M. de Wimpffen a qualifié Bergoing du titre de républicain enragé. 11 ne Tétait ni plus ni moins que tous ses collègues, avec lesquels il vivait en parfaite intelligence, plus préoccupé peut-être de rechercher des plaisirs faciles, que de soigner les intérêts de l'insurrection .

Bergoing avait été membre de la Commission des Douze, avec Salles et Henri Larivière, ayant mission

de recueillir les pièces de l'enquête commencée contre la Montagne ; et la publication sommaire qu'ils en firent, avait soulevé contre eux les haines les plus violentes du parti.

Bergoing fut un de ceux qui échappèrent aux suites de la proscription, et il paraît que, comme Louvet, il avait dit alors de M . de Wimpfifen ce que les faits de la campagne en avaient fait connaître. De là, sans doute, la dure épithète attachée à son nom .

On ne comprendrait guère autrement cette différence affectée entre V enragé Bergoing et le franc et loyal Kervélégan, que tant d'autres placeraient sur la même ligne. Tous deux dans le procès du Roi, avaient voté la détention, Tappel au peuple et le sursis. Tous deux étaient parfaitement d'accord entr'eux et avec tous leurs collègues, et lorsque les affaires de l'insurrection commencèrent à devenir plus douteuses, la confiance était telle de part et d autre, que ce fut Kervélégan, qui dépêché au nom de tous, se rendit aussitôt aux environs de Brest pour y préparer une retraite et des moyens d'évasion pour toute la compagnie y compris ceux qu'on nous donne pour des incendiaires et des enragés.

J'ai peu vu Salles, et n'ai guère fait que rencontrer la plupart des autres.

J'ai dit que Buzot et Larivière ne séjournèrent point à Caen.

Page 1