‹ Souvenirs de l'insurrection normande, dite du fédéralisme, en 1793Chapitre 20 sur 45 · DÉPUTATION DU CALVADOS · texte numérisé non relu

DÉPUTATION DU CALVADOS

La députationdu Oïlvados h la Convention Nationale au commencement de l'année 1793 se composait en tout de treize membres, savoir :

L'abbé Fauchet.

Dubois-Dubais.

Lomont.

Henri Larivière.

Bonnet de Meautrv.

Vaitlon .

Doulcet de Ponlécoulant .

Taveau.

Jouenne.

Dumont,

De Cussy.

Legot.

Philippe Delleville.

Cette députât ion à très-peu d'exceptions près, avait paru d'abord suivre assez généralement la ligne mo-^ dérée des opinions de la Gironde.

La grande question du procès du Roi y introduisit quelque division. Toutefois, en résultat, quatre de ses

membres seulement votèrent la mort et encore avec des restrictions qui devaient annuler les effets du vote.

Dans les longs et scandaleux débats qui se prolongèrent jusqu'au 31 mai, le caractère de cette majorité parut se maintenir plus ou moins honorablement. Plusieurs de nos députés ne craignirent pas de s'y prononcer en adversaires décidés de la Montagne, dont la haine éclata contre eux dans toute sa violence. Nous eûmes souvent lieu de craindre qu'il ne fût porté atteinte à la liberté de leurs suffrages, et que leurs noms déjà compromis ne finissent par être décidément insérés dans les listes toujours ouvertes des proscriptions.

Ce motif n'avait pas été l'un des moins puissants entre ceux qui déterminèrent, d'abord, la réclamation de nos corps administratifs, et, ensuite, l'explosion de notre mouvement insurrectionnel.

Cependant les attentats du 31 mai n'avaient pas produit immédiatement ces effets.

Henri Larivière, comme membre de la Commission des Douze chargée de l'enquête contre la Montagne, se trouva seul d'abord gravement compromis. Il s'enfuit, parut à Caen, y séjourna peu et chercha un asile ailleurs.

De Cussy s'était joint volontairement aux proscrits. Il les attim dans le Calvados, les suivît dans leur retraite en Bretagne, et périt avec la plupart d'entr'eux.

I^mont avait promis de les rejoindre à Caen, II ne tint pas cet engagement.

Jouenne et Taveau s'étaient livrés à la Montagne.

Bonnet de Meautry lui appartenait d'avance en propre .

Fauchet en était quitte, quant à présent, pour une renonciation volontaire à ses fonctions de député. — nous verrons qu'on sut bien le retrouver pour le dénouement final.

Philippe Delleville avait honorablement attaché son nom à la protestation dite des Soixante-Treize, en date du 7 juillet 1793, et eut à en subir les conséquences essentielles, excepté seulement la détention à laquelle il eut Tadresse de se dérober jusqu'à la fin. Il fut rappelé et réintégré avec les autres par décret du 8 décembre 1794, après quatorze mois d'interdiction.

Le reste avait plié plus ou moins obscurément.

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