SALUT
c( Nous nous avancions vers vous avec confiance, pour vous
* Extrait du procès-verbal des séances du Conseil Général du département du Calvados, séance du 19 juin 1793, au matin (Collection de la bibliothèque de Caen.)
« porter des paroles de fraternité et de paix, lorsque nous « avons été, près de Brécourt, arrêtés dans notre marche, at- « taqués tout-à-coup, et réduits à la nécessité cruelle de re- « pousser des agressions ennemies.
a Avant de partir, l'armée entière avait consigné dans la (( proclamation suivante, ses sentiments, ses principes et ses « vœux; cet acte devait être notifié par un héraut d'armes. « On ne nous en laissa ni le temps, ni les moyens : cependant « l'un de nos commissaires se présenta devant Tavant -garde « de l'armée ennemie ; il leva son chapeau en signe d'intelli- « gence; des coups de fusil furent la réponse: ainsi on nous a « forcés de combattre, lorsqu3 nous ne voulions que nous faire « entendre et connaître mieux.
« Rien n'a égalé notre douleur, lorsque nous avons vu les « moissons, cet objet si précieux des besoins et des espérances « du peuple, foulées aux pieds par ses amis les plus fidèles, « par ceux qui n'agissent que pour son bonheur ; quelques « légers qu'aient été ces ravages, nos cœurs en ont profondé- « ment gémi.
(( La cause que nous servons ne pouvait être défendue que (( par des moyens dignes d'elle. Nous avons donc suspendu noce Ire marche pour faire entendre notre voix.
a Français, chers concitoyens, lisez cet écrit où nos âmes « respirent, et dites ce que nous devons attendre de vous ; <( nous ne sommes armés que contre le crime, nous désirons la « paix, nous la désirons avec vous ; Voudriez-vous la guebre,