OCCUPATION DE GISORS
(9 octobre.)
L'occupation définitive de Gisors fut le premier acte sérieux d'agression des troupes allemandes contre le territoire de Tancienne Normandie.
Depuis plusieurs semaines, des citoyens sensés appelaient inutilement sur ce point l'attention des autorités de la Seine-Inférieure et de l'Eure. Ils soutenaient avec raison que c'était sur l'Epte qu'il convenait de s'établir solidement, pour couvrir de ce côté les abords de Bouen ; qu^en limitant, comme on se préparait à le faire, la défense à la
ligne de TÀndelle, on sacrifiait d'avance leà^riche» plateaux du Vexin. Ils ajoutaient qu'en prenant position sur l'Epte, il serait au contraire possible d'organiser sérieusement, dans son ensemble, la défense du département de l'Eure, de protéger et de conserver les communications entre les deux rives de la Seine (1).
Les nouvelles autorités ne tinrent nul compte / de cette proposition, en raison des antécédents j trop peu républicains de ceux qui en prenaient l'initiative. Ils furent même ouvertement admonestés à cette occasion par le nouveau préfet de l'Eure. « Il se commet des infamies qu'on ne saurait trop flétrir, » s'écriait éloquemment ce fonctionnaire , trompé par des rapports infidèles, t Des hommes aujourd'hui sans aucun caractère d'autorité, sans aucun droit, . . convoquent les anciens
(1) On a objecté qu'à cette époque les commandants militaires n*avaient à leur disposition aucune force sufiSaaapfunent organisée pour faire bonne contenance dans cette positipQ. Cela n*est que trop vrai pour les troupes de nouvelle formation. Mais nous croyons, qu on aurait pu retenir à Rouen, et affecter utilement à cette destination un certain nombre de ces sddats fugitifs ou évadés de Sedan, que Ton précipitait alors eomnié un torrent vers Touest, par Amiens et Jlouen. Cela est si vrai, qu'on fut obligé dlei^fafire revenir un certain nombre quelques semaines plus tard.
maires et les personnes notables pour leur prêcher
la lâcheté. Dans ces conciliabules, on ose conseiller
de n'opposer aucune défense à l'ennemi. La France
ne leur semble pas encore assez abaissée, assez
malheureuse, ils la veulent livrée toute honteuie à
la flétrissure de l'esclavage . Les conseils de ces
valets du despotisme doivent être énergiquement
repoussés par tous ceux qui ont un cœur françaisv
Et, s'il le faut, des mesures énergiques seront
prises à l'égard de ces hommes qui conspirent
contre la sûreté de l'Etat et le salut de leur pays. •
(Proclamation du 2i septembre.) Ces aménités
s'adressaient principalement à l'honorable M.
Pouyer-Quertier, qui avait cru faire, au contraire,