I.I CA.I.IFE
n suffit , je t'entends ; Mais je veux que mon peuple en liberté s'éclaire , Pour comprendre le bien que je prétends lui faire , Et que mes grands TÎsirs soient assez généreux Pour souffrir que je règne en les rendant heureux.
^ ' bis. Haroun-al-Rascliild, cinquième calife delà race des Abassides, avait fait égorger sou beau-irère Barmecideet quarante personnes de safamille. Le remords pénétra bientôt dans son cœur, et, pour éloigner le souvenir de son crime, il défendit qu'on prononçât le nom de Barmecide.
Barmecide n'avait usé de son crédit que pour combler le peuple de largesses , et il laissait de longs souvenirs. Indigné de son trépas et de l'insulte faite à ses mânes , un poète , qui devait tout à Barmecide , vint chanter des yers en son honneur à la porte du palais d'Haroun. Ce prince; qui' était à table , entendit le poète , et commanda qu'on le fit venir en sa présence, u Pourquoi, lui demanda- 1- il ^ » oses-tu braver mes ordres? — Seigneur, lui répondit le »poète, le Roi des rois est bien puissant , mais il est quelwque chose au-dessus de lui. — Eh! quoi donc? — Les «bienfaits. wHaroun, frappç de cette réponse, prit une superbe coupe d'or et la donna au poète. « Puisque tu es Dsi reconnaissant, lui dit-il , c'est moi que tu dois désor- » mais célébrer : Haroun est devenu ton bienfaiteur; rem- » place dans tes vers le nom de Barmecide par le mien. » L'Arabe reçoit la coupe, lève les mains au ciel, et dit: a O Barmecide ! comment veut-on que je t'oublie ? Voilà » encore un présent que je te dois ! »
Le poète croyait que sa réponse Texposait à la mort^ Haroim versa des larmes d'attendrissement , et ne défendit plus qu'on louât Barmecide.
^ ^ Monsieur le Vicomte ,
La délicatesse me fait un devoir d'implorer votre intérêt en faveur de mademoiselle Le Normand ; j'oserais ajouter, en parlant à M. Yanderfossc , mais non au procureur général, que le jugement prononcé contre elle par la cour correctionnelle de Louvain figurerait sans disparate dans nos vieilles annales, où les devins, les sorciers , les puérilitésdes siècles obscurspouvaientintimiderT/g/iorance. Comment ! sur un livre publié, imprimé en France depuis trois ans , un livre agréé des Souverains , qui l'ont encore dans leur bibliothèque, on condamnerait une femme étrangère, qui n'est venue dans ce pays que pour leur offrir Thomniage d'ouvrages nouveaux -, qu'ils ont de nouveau accueillie, après l'avoir gratifiée! et pour prix de la confiance qu'elle a mise en enx,elle serait condamnée sans accusateur, sùnsi que le démontre le prononcé du jugement ! La terre âe Thospitalité devient pour elle celle de la réclusion. Ah! Monsieur, je ne puis l'abandonner aussi inhumainement ^ elle m'a offert aussi ses ouvrages, m'a fait demander, avant de venir ici, si je croyais qu'on la recevrait encore avec plaisir, connue elle avait été rçue lors de son passage, en revenant du congrès. Je ne voyais dans elle qu'une curiosité de plus pour égayer le passe-temps, et j'ai encouragé ses dispositions. Combien j'ai de regrets d'avoir involontairement contribué à son infortune ! Je vous confie son sort et ^ pénible situation , veuillez la prendre en considéra-
tion. Cette douloureuse leçon lui suffira pour ne plus revenir dans le pays , et cette considération conciliera rindu]gence sociale et la sévérité du juge, en ajoutant ^ à mon particulier, de justes droits à ma sensible reconnaissance. Ne rejetez pas mon intercession.
J'ai l'honneur d'être, pénétrée de la plus haute considération ,
M. le Vicomte et Procureur général,
Votre très -humble servante ,
duchesse deX.**"^C.*^
Du château D***, ee lundi , 9 juillet .1S21.
•*4 L'empire turc enfin ne ressemble-t-il pas aujourd'hui à un de ces édifices qui , rtal assis sur leur base , ne sont retenus que par un vieux ciment, et que le moindre coup de vent doit faire écrouler, et ce , de Tan i8^3 à i832? Aussi , déjà
L'Orient retentit da clairon de la guerre i Sur le vaste Océan déployant sa bannière , Le'^Russe va ronibattre, et'les Turcs consternés D'un 6i.^attd appareil s<mt «Bcore' étonnés»; Jamais flotte si belle , «a «efs plus redoutable , - Pl'a fait gémir les mers sous son poids formidable. La proue en long sillons fend le cristal des eaux , 'Et'la vague écumante assiège les vaisseaux, (lia mii«iq««'g«èrrièfe, auJbfuit'des v«àts iu«e, Porte au plus haut des airs sa ftrouoihe harmoiûe ; Et des Russes les cris , élevés jusqu'aux cieux , Laisstfnt douter s'ils sont des mortels ou des dieux. Mais la rame rougie, et d'emblèmes >ornée', ^Fatijg^e Vie sescoa^s'AmpIiitriteétMiaée.
lies armes des igmerners , jes^lmadiers , les 4«rds • Sur les flots aplanis brillent de toutes parts.
Des forêts de roseaux plantés sur le rivage De ces dards hérissés à peine offrent l'image. Ce spectacle imposant fuit avec les vaisseaux , Le plaisir qu'il produit glisse aussi sur les flots. L'infidèle ennemi dn ciel qui les envoie Des enfans de Moscou se croit déjà la proie.
Il a vu leurs vaisseaux ; le chevreuil ou le daim Par le chien poursuivi n*eBt pa^ plus intertain. Cependant le jour vient éclah-er la bannière Où du Christ est empreint le signe tutéhrire , Le Sarrasin altier tremble et pâlit d'efïîroi , Le deuil est dans son cœur , il est au désarôi. Aussitôt les esquifs , les barques , les chaloupes , S'empressent à Tenvi , se rangent près des poupes ; Déjà chaque guerrier à son poste est rangé ; Chaque écuyer l'y suit de ses armes chargé.
Les boucliers unis lancent au loin des flammes ; Leur bruit s'accroît encor du mouvement des rames. L'ennemi délibère , incertain et craintif, n veut tirer le glaive f et son glaive est oisif. Alexandre s'avance... Aux sables de Libye, On a vu quelquefois un lion eu furie ; Belliqueux , plein d'audace , appelant les combats , De ses yeux enflammés il lance le trépas :
Tel est le czar , et l'or brillant sur son armure Semble encor rehausser sa superbe stature.
Agitant sa main droite au-dessus des guerriers , Ce héros leur proÉnét des moissons de lauriers. Ainsi l'acre des deux par sa splendeur efface L'astre incertain des nuits qui lui cède la place : Tel un lis orgueilleux , parmi les autres fleurs , Éclipse leur éclat , efface leilrs couleurs.
Alors , les 'yeux hagards , ta hideuse Épouvante , A la ibarche rapide , à la tête sanglante , Les cheveux hérissés , et suivant la Terreur, Précède le Trépas , que poursuit la Douleur.
Parmi les combattans les voilà pêle-mêle.
Les dards pressent les diirds , semblables à la ^rêhï ,
(3aô)
Le fer croise le fer , et la lance aiguisée
Par la lance bientôt vole en éclats brisée.
La mort plane au-dessus de ces scènes d*borreur^
Et du fier combattant augmente encor Tardeur.
Mais l'Ottoman succombe , et la croix triomphante
Semble , au milieu des airs , l'étoile étincelante*
Le Grec yictorieux , le Grec couvert de sang ,
Cette Ame du combat , Tole de rang en rang ;
De ces nombreux exploits la mort même étonnée
Voit la fleur de Bysance à ses pieds moissonnée :
Le soleil des chrétiens fait pAlir le croissant ;
Chacun de ses guerriers est un dieu menaçant.
Et ces fiers dievaliers , imitant sa yaillance ,
Du Sarrasin altier ont trompé l'espérance.
En faveur de César Bellonue se décide ,
La palme brille aux mains du vainqueur intrépide ,
Le drapeau du dieu Mars flotte au milieu des airs:
De ces soldats joyeux on entend les concerts.
Couronnés de lauriers ,' devancés par la gloire ^
Ils reviennent jouir du prix de la victoire.
Des bras qui leur sont chers ils seront donc pressés !
Leurs femmes , leurs enfans les tiendront embrassés.
Ils goûteront en paix les fruits de leurs conquêtes ,
En paix ils recevront et donneront des fêtes.
Et trouvant le bonheur écrit dans tous les yeux ,
Ils oubltront les maux qu'ils ont soufferts loin d'eux.