‹ Souvenirs de la Belgique, cent jours d'infortunes; ou, Le procès mémorable: ou le procèsChapitre 26 sur 30 · A MM. LES JUGES · texte numérisé non relu

A MM. LES JUGES

du trîbuaal de première instance de cette ville.

Istuc est sapere , non quod ante pedes modo est F'idere , sed etiam illa quas Jutura sunt Prospicere,

Ce qui s'appelle être sage n'est pas seulement de considérer une afTaire sous son yëritable point de vue, c'est encore de prévoir ce qui doit en arriver.

TsREifca.

Messieubs ,

Un auteur français bien riche en souvenirs est venu de nouveau poser le pied sur le sol de vos admirables contrées ! déjà sa muse en avait chanté la richesse; elle avait peint, elle avait décrit les mœurs et la franchise hospitalière de ses heureux hahitan».

La terra motte Ueta e dUettosa , Sùmli a se l'abitator proditcere. *

(Tasse. )

Elle avait vanté la sagesse , la force et la douceur de son gouvernement. Que de fruits après tant de tourmentes s'était-elle plue à rassembler d'elle-même dans son opuscule du Congrès dAuc^ la-Chapelle! ils sont dus aux veilles du nouveau Charles v**, S. M. .Guillaume i^r.^de sa noble épouse et de ses enfans ; tous concourent à la fois au bien général des peuples et à la splendeur du royame des Pays-Bas ! ! !

Jusqu'à Thémis, à qui je m'étais plue à rendre mon hommage. . . , mais je suis sous l'empire de la balance , arrétonS'!>nous fort à propos... ? Point de louange , elle me ferait soupçonner de crainte... C'est la justice seule que je réclame; j'os^ l'invoquer; il me faut une absoute générale , et le triomphe m'attend ! ! !

Je jouis noblement de ma réputation ; c'est le fruit de mes veilles et de mes longs travaux ! elle doit m^étre trop chère pour la laisser flétrir. Comme tant d'autres tnaeurs , j'ai aspiré à la gloire littéraire ; où je devais rencoUtrer des couronnes , j'ai trouvé un écueil ; mon vaisseau s'est brisé en rade, le pilote a abandonné son gouvernail ; mais il me reste des juges ! ! !

Considération publique, où êtes- vous dans ce moment? faveur si légère, pourquoi avez -vous si rapidement disparu pour moi? hier encore , déesse coquette , vous sembliez me favoriser ; aujour« d'hui, je marche seule sur un terrain glissant... sans lumière et sans guide. Livrée à l'étendue de mes réflexions , je dois observer graduellement la marche d'une procédure qui n'offre pas d'exemples.

Heureusement, on n'invoquera pas au dix-neuvième siècle, comme au seizième , les témoignages des génies Astaroth et As^

* Cette terre riante et gracieuse produit des habitans qui lu ressemblent. ** Charles y , roi de France , sans sortir de son cabinet , faisait réussir ses desseins.

modée. Un nouveau Laubardemont * ne paraîtra pas à Bruxelles , pour venir tout exprès stimuler ou effrayer mes juges...

Minerve préside dans leur sanctuaire, et leur religion est trop éclairée pour ne pas me permettre de donner ici toute la latitude Ihplusplénière à ma noble et si singulière défense!!!

Le prisonnier chargé de fers oublie quelquefois son cachot pendant son sommeil , et ne s'éveille que pour accuser son dénonciateur devant les mondes assemblés ; une noble pudeur m'empè<^e ici de décliner quel fut le mien !

Dans la chambre de réflexion (ou je suis depuis le i8 avril), r*épreuve de la grande patience a dû le faire connaître ! ! ! ** il doit me savoir quelque gré de ma généreuse modération ; je laisse k qui de droit le soin de lui adresser les complimens les plus flat* teurs... plus tard je pourrai, s'il m'en prend fantaisie , arracher le masque de l'intrigue ; il me suffit pour aujourd'hui de me désopiler la rate , en disant :

Nullo thure litabis,

Hœreat in stuUis hrevis ut semuncia recti:

Hctc miscere ne/as ***.

* Laubardemont , avec douze autres juges , vint pour instruire le procès d*Urbaiu Grandier , curé de Saint Pierre de Loudun , accusé d'avoir ensorcelé les religieuses ursulines , dont il était le directeur ; après avoir eatendn Astaroth , de l'ordre des Séraphins ; Asmodée , de l'ordre des Thr6nes ; Néphatum , Cham , Uriel , de l'ordre des Principautés , on le condamna à être brûlé vif , comme coupable de magie et de possession.

( Arrêts notables. )

** Riez , riez , tous dont la nacelle TOgue toujours sur une eau douce •t tranquille ! Riez d*un malheureux qui, jeté en pleine mer et battu par les flots , cherche à s'accrocher aux herbes qu*il appercoit sur les bords ; si tous partagez un jour son sort cruel , tqu^ connaîtrez l'influence des chagrins sur les esprits mêmes les plus forts , et tous apprendrez que les premières consolations d^un infortuné naissent de cette faiblesse de cœur qui le mène à Tespérance.

( Année la plus mémorable de Kotzbue. )

*** Avec tous les sacrifices du monde , vous n'obtiendrez pas qu'un sot puisse avoir une once de bon ieu» : la sagesse ne s'allie pas avec la sottise.

Du reste , enseydie pour ainsi dire dans mes pensées , incertaine je me laisse aller à me yagne rêverie, qni bientôt fait naître en moi les'.idées les pins sombres et les plus mélancoliques. Le temps, dans son cours insensible, d'un pied lourd détruit tout dans l'univers ; mais il a peine à adoucir les tourmens d'une âme qui sent si fortement la dignité de son être !

Je me demande à. toutes les heures si c'est bien moi , moi , qui naguère rendis mes oracles dans le palais des rois... , et reçus au Congrès d'Aix-la-Chapelle la marque la plus insigne d'une auguste bienveillance, qui me retrouve aujourd'hui à Bruxelles, dans la maison d'arrêt , écrouéeen vertu de l'artidie 4oS du Code des délits et peines..., dont la malignité ou la stupidité pourrait me croire passible ! ! !

Le pensezrvous, Messieurs? oh I non assurément, et j'aime à rendre une justice trop éclatante à vos lumières intuitives ; certes, vous êtes loin, dans votre sagesse, de m'appliquer ces propres paroles de l'Écriture :

Qui seminat iniquitatem metet mala , Et a/irga irœ suas consummabitur. *

Au contraire, Messieurs, la Vérité^ cette fiUe de la radson, doit s'écrier , non du fond de son puits , mais bien par la notoriété publique : Vous pouvez appliquer hardiment cette autre citation, en faveur de l'opprimée :

Divimm Jmnai4i pacif.

Veuillez , Messieurs , me prêter toute votre attention ; je la réclame comme femme ; j'en ai le droit comme étrangère : je suis

* Celui qui sème Tiniquité moissonnera le malheur , et il sera br'ksé par la yerge de sa colère.

** Je porte le symbole de la paix.

ici «tff la toi des traités; mon gouyemement ne peut souffrir une injustice , il est de sa dignité d'avoir les yeux sur moi , de me protéger ! ! ! il est de mon devoir de m'en renclre digne , et de dé* traire entièrement tout cet échafaudage de mensonges obscurs , fruits si récens delà plus rare et de la plus inconcevable ineptie l'!! Je n'ai peint passé à l'école de la vanité , Messieurs ; j'ai su me garantir dans tous les temps du ^an de Fambition : je n'ai donc point-, dans les tristes Keux que j'habite, de leçons étrangères ni amères à recevoir.

Je dois à la réputation que se sont plus à me faire les plus grands de la terre , à mes nombreux amis , k ma qualité d'auteur, de vous faire bien connaître, et surtout de vous justifier , Messieurs , quelles étaient mes vues , mes rapports , et pourquoi j'ai dirigé mes pas vers une ville amie. Bruxellois ! vous m'aviez si bien accueillie lors de mon séjour dans vos murs , à la fin de novembre 1818, que je n'ai pu résister au plaisir de vous revoir encore. Hélas ! les hommes comme les états sont soumis à une destinée!

Pour se convaincre de ma moralité , il ne faut que feuifleter mes écrits; c'est l'histoire entière de ma vie. Lisez-la , Messieurs , et veuillez me répondre l

Mon existence ne repose point sur de vaincs et chimériques espé" pérances. Je suis brevetée depuis 1810 , et j'appartiens au corps respectable de Messieurs les libraires de Paris; mes ouvrages sont ma propriété; j'ai des immeubles. Je n'ai point recherché la fortune à Bruxelles , elle me suit partout ; elle me sourit en France , je n'ai qu'à reparaître l Non , Bruxellois , ni vous , Messieurs , je ne rentrerai jamais dans ma patrie sous une caution de 5oo francs; non, encore une fois, non!!! je veux revenir paisiblement dans mes foyers. Je veux prouver à mes concitoyens que je suis restée pure de toute accusation ; que j'ai soutenu la dignité française , que je la suis par le cœur ; et comme l'épouse de César, je ne dois pas même être soupçonnée*! I !

Ils sont vrais , ils sont honorables les motifs qui m'ont fait quit-

ter mes pénates et renoncer à me$ pUu ch^e» affections. Le pre» mier est l'honneur... L'honneur! aUez?TOU« dire, eh! quoi , c'est une femme qui s'exprime ÙMm ; elle de?rait s'occuper du ^oin du ménage ou de tpumer le fuseau. Non, Messieurs, la louange a chatouillé trop délicieuaement qies oreilks pour poitTw quitter désormais les pijmreftHK... cependant, il n^i^'a j&Un qiu'une demiseconde pour Toir eu que^ue «iorU s*éYm9W 1«9 songes les plus flatteurs ! Aioii le sort dispense à son Hfté la glcHre, et ce n'est pas l'écrivain distingué , celui qui en est le plus digne , qui jouit de ses faTeun innpcentes ou tardires.

Je ne suis point accoutuipée k je|ter le gant , mais je sais le ramasser \ d'i^eurs me* armes ne sont ni charmées ni même offea-* sives. Mon style est la plume, ^e m'« servi à repondre à une lettre de M. Pescham** , lettre coosigoée dans nos journaux français le 7 noyen^bre 1S90 ; elle tendait ea quelque sorte à obscurcir l'intérêt que les Ményoires de l'impératrice Joséphine semblaient devoir pron^ettrel* Vondrail^n m'en punir, me faire expier tant de succès ! ! ! ou m'en préparer d'antres ! *

J'arriT'e enfin au plus noble et au plus efficace de tous mes motifs ^U glpirelejle est inconstante comme toutes les saisons; et pourtant j'avais su la fixer. Dès les premiers in^tans de mon séjour à l'h^el de Belle-Vue , la foule importune ne pouvait m'assiéger , et les journaux , fidèles échos de la renommée, n'avaient point encore décliné mon nom dans leurs feuilles**. Un pieux devoir inspiré par la reconnaissance m'avait dirigé vers Braxelles. Reconnaissance , fille dn ciel , ma Tertu favorite , mien génie que j'encense à mesure qu'il s'éloigne du globe... ( où nous traînons jusqu'au tombeau, dit Bossuet, la longue chaine de nos espérances trompées).

* Deux voiaiaes in -8^ de près d« laoo pages , gravures, portrait, foc *spi^,

♦* Mon arrivée n'a été annoncée dans les feuilles de Bruxelles , que le 3 ou ^ ittajrs.

Ërarellois, et yoo& , Messieurs, je suis veime pour mes Mé* hioires historiques de Joséphine , àe celte femme dont !a mémoire doit être à jamais précieuse à ceux qui, comme moi, l'ont connue , l'ont pratiquée et ont pu la juger. J*ai déposé cet ouvrage aux pieds des personnages les plus augustes; tous ont daigné l'agréer avec une grande bienveillance ; le succès manque rarement à une volonté ferme ! c'est un capital que je paie avec usure. Il m'est doux cependant de penser que j'ai entre les mains des titres honorables je les tais par modestie ! c'est aux gens d'une certaine trempe d'esprit , et tout extraordinaire, à vouloir bien le révéler ; quant à moi , je veux un instant m'isoler de tout ressouvenir.

L'on m*a interrogée sur l'^art divinatoire , que les anciens ont si bien connu , si bien interprété ; que répondre aux modernes ? irai-je leur dire avec Socrate ;

Siquîsmajus quam sapientia humana n>eHt consequi , divinationi det opérant necesse est *. Je m'en garderai bien ! ! ! pourtant le savant La Mothe le Vayer nous assure que Dieu permet qu'il y ait des devins ; la haute antiquité nous parle des oracles ; l'Écriture même nous désigne particulièrement Michée , Isaïe , Daniel, pour être des prophètes. L'Évangile nous en promet encore ! !!

Les grandes et importantes relations que j'ai eues au passé , celles que je conserve encore au présent, tout cela, dis-je, m'a fait et dû faire de nombreux admirateurs ! ! ! Y trouverai-je des défenseurs ? c'est ce qui m'importe aujourd'hui ! J'ai malheureux sèment stimulé la curiosité des Bruxellois ( naguère mes amis , et qui le seront encore ) ; mais conmient les a-t-on signalés , ce» gens si paisibles et si bons , qui venaient visiter mademoiselle Le Normand ? Quel malin génie a pu déposer les avoir vus, les avoir reconnus? Ici je m'arrête encore ! je sais respecter le secret qui m'est confié. Mais comment retenir celui des autres? qui les au^ rait dénoncés ces malins, pour les avoir vus dans mon temple , s'ils ne l'avaient fait eux-mêmes ? ou bien je pouvais croire , et cela

* Pour parvenir aux sciences plus qu'humaines , il faut s'appliquer à l'art de la divination !

me sembbit bien permis , de donner le signe du très-sage aux maçons , sans craindre les faux frères.

Qoi TOUS fait donc pâlir ?

Quel objet effraj;ant tous a fait trassaillir.

Shjlkespearz.

M*aTe2-vous vue, 6 vous tous? m*avez-vous vue, armée d'une baguette magique , vous tracer un cercle dont vous ne pouviez sortir qu'après avoir prononcé plusieurs conjumtions et laissé vos meilleurs effets? ma personne , Messieurs, ni mon langage ne sont point allégoriques ; je ne porte sur mes vétemens ni l'image du soleil , ni même de la lune , encore moins des constellations ; mon habitation n'offre rien de merveilleux ni d'extraordinaire ; la meil* leure société s'y rassemble journellement. Venez me visiter àPariSi

prétendus incrédules , vous en verrez la preuve

Aussi ,' Mes^eurs ,ni l'esprit de Python , ni le démon familier de Socrate , le bel Ariel , ni même le fameux bâton de Jacob , ne se sont point retrouvés à mon domicile , me Ducale , n. a , au moment où une perquisition exacte , mais polie , a été faite par M. le juge d'instruction Greindl , qui s'était fait accompagner, à cet effet , des autorités compétentes. Le tout eut lieu sous mes yeux. Rien n'échappa à la surveillante Thémis.ËUe ne peut que m'étre favorable. Le trait , je le devine , sera en ma faveur ! ! !

Où étes-vous , méchant homme noir ? vous que l'on présume avoir vu si constamment à mes cotés pendant mon séjour à i'hôtel de Bellé'Vue.'/J Où étes-vous, M. le Génte noir? Vous me

fuyez Seriez-vous comme tant d'autres 1 1 ! N'auriez-vous

point par hasard escamoté la flèche d^Abaris , la loupe magique , le Mystérieux jeux de tharot , où se rencontre un tigre ! ! ! Que sont devenus les guinées , les ducats , les quadruples que des trembleurs on des menteurs avaient soi-disant déposés sm* ma table ? Vous m'en répondrez , hypocrite ! Allez , allez leur

rendre Lors de lùon retour à Paris t vous m'en ferez

raison

Je me renferme dans mon sujet, et je tous supplie, Messieurs , de vouloir hiea me pardonner cette petite digression , en fayeur de mon infortune ! ! ! Qui mieux que tous . peut penser , qui mieux que tous peut dire :

Des profanes humaivs U foule impitoyable

Parle et juge eu aveugle , et condamne an hasard *,

Un ouTrage, qui peut paraître léger en af^arence» mais, selon moi , d*un grand a&as, ** semblerait donner quelques armes contre ma personne. Le respect doit ici m'arréter : je n'ai rien à dire. II est sous les yeux d'éminens personnages , qui déjà aTaient bien touIu me permettre de leur en offrir la dédicace ; eux seuls doivent prononcer ! ! !

Cependant je me permettrai de répondre sur des faits qui ressortent du même oorrage. **^ Ceci doit nécessairement établir ma

* Pers<»ne n*ignore l'histoire de l'esclaTe aflfranefaî de l'ancienne Rome , qu*oii accusait d^être sorcier et qui , par cette raison , fut appelé en justice pour y être condamné par le peuple romain. La fertilité d*un petit champ que son maître- lui avait laissé et qu*il cultivait ayec soin avait attiré sur lui l'envie de ses Toisins ; sûr de son innocence , sans être alarmé de l'édile cumle , qui Favait ajourné à rassemblée du peuple , il s'y présenta accompagné de sa fille : c'était une grosse paysanne bien nourrie , bien vêtue ; il conduisit à rassemblée ses bœufs gros et gras , une charrue bien équipée et bien entretenue , et tous ses instmmens de labour en fort bon état. Alors se tournant vers ses juges:

Romains , dit - il , voilà mes sortilèges. Les suffrages ne furent pas partagés , il fut absous d'une commune voix , et fut vengé de ses ennemis par les éloges qu'A reçut,

( M de /AfTCOITR. )

** La SthfUe au congrès cT Aix-la-Chapelle , suivi d'un coup d'œil sur celui de Carlsbad, etc.

*** Page aaa. Je me trouvai soi-disant , vers la fin de Tannée 1819 , aa congrès de Garlsbad, là j'étais dans une vaste rotonde éclairée par sept lampes, qui me semblaient vaciller; celle de Tune des extrémités.

défense , et augmenter, si faire se peut , toute votre attention ! ! f De grâce , Messieurs ^ ne '«oye» point en moi autre chose qu*une femme annoiée de^ meilleures intentioqs , et surtout rempUe de respect pour les gouvernemens.

J*ai voulu me rapprocher, si faire sejpouvait , du doux Fénélon ; mais j'étais trop loin de mon modèle ; aussi je devais naturellement succomber ! ! !

he ncc phts ultra de ma gfrandiose maladresse est peut-être d'avoir osé dire , d'ftvoir osé écrire , à 1|l fin de Tannnée 1819 *, que les Grecs allaient entrer en schie et faire parler d'eux. Ne voilà-t-il pas que , pour me faire pièce à Bruxelles , le prince Ipsilanti Tient à^ s'aviser de vouloir intenter un procès au grand Turc ! ! ! etc. , etc., etc. Delà les commentaires !

Vous ne pouvez , Messieurs , admettre. aucun chef. d'accusation contre moî ; je n'ai lésé persçnne. Où sont mes accus^efirs , où sont les témoins ? Qu'ils se montrent en face- ! ! ! Je n'emploirai point un langage mystique pour les effrayer ni pour les séduire ! ! ? Je ne Iqur d^rai que ces mo^.i4diyidu^em,çnt à chacun d'eux, :

Thçu Ajji a pers9n as a light mind a drum, , Is a type^tbec; it sauading , Bepausç^it is^empty^ spectator **.

surtout, ne jetait qu'une lueur sombre (d'un rouge pâle) , dont les étîn<i celles se; réfléchissaient cependaut vers les monts Pyréuées. ( Qup s'est^l passé eu Espagne depuis cette époque ?

Page 282. Borne devait recevoir les fiers Germains.

Page 236; Les Espagnols tépioignaient de la craintç , les Naçolitain» redoutaient une nouvelle éruption du Vésuve ; le^ Russes et les Belges faisaient seuls bonne contenance ! ! ! Comme je ne cherche point à frapper Us esprits par le genre iJjLerveilleux, je veux en rester là. Sauf au lecteur 4 deviner , ou à m'en demander dava^tage si le cas y échoit I ! !

* Voyez et lisez en entier l'ouvrage sur les cono:rès d'Ai:^-la-ChapeUe et de Carlsbad.

** Tu es im homme d'un esprit léger , tu ressc^mbles au tapibojar » \\ e%\ sonore parce qu'il est vide.

C'est du séjour oà règpie une étepoeUe douléuk* qa<inve femme telle que moi- doit attendre son arrêt !-! ! EHene pëul! paraître au' grand jour sous te poids d'une accusatioii ! Nimif | ADsssiears' , Far-^ ticle 4oS ne peut lui être apiplicaUe ^ elle- est venue s'asMoir un instant parmi^ voua p elle à voidb j^évnm'leB efaaMps fleuri»' de k- Belgique 'yt elle sejkrépai^it sewieiiieilt à faim àe BOtt?eles o h W j fva * tiont dana une seconde édition' de ÈKarnsoffres^ Cet incidbnt Va^kti* fournir en entier unehapitre!!! NoUyMessieurs, je ne serai libk'è' de ma personne Cj^e le jour où je serai acquittée honorablement par TOUS... Je resterai isolée pour l'univers ; mon courage fut à plus d'une

épreuve ; mais j'aurai toujours cette consolation , partage inné des grandes âmes , de n'avoir fait souffrir personne pour cette cause. Je ne commencerai pas , dans les plus beaux jours de ma gloire , à la terniri ni même à altérer cette antique confiance dont le public m'honore et qui a traversé avec moi le vent des révolutions ! ! ! Je suis restée constamment impassible à la crainte ainsi qu'à la menace*; et du sein des tempêtes politiques qui ont tout détruit , tout bouleversé , j'ai su conserver l'estime invariable de mes amis f n'importe la divergence de leurs opinions.

Aussi y Messieurs, dans une prison, j'ai pour seule et unique compagnie la tranquillité d'une bonne conscience et l'assurance d'être l'objet de l'intérêt et des regrets de la société , même au sein de Bruxelles ! ! !

O Bruxellois/ et vous , Messieurs , je me renferme dans ces deux derniers argumens ; ils sont nécessaires à ma cause , ils sont nécessaires à mon repos. C'est le dernier prix de l'âme accablée , mais non ulcérée. Je me reporte au passé , et je soupire ! au présent , je me tais ! à l'avenir, je calcule ! Je ne peux qu'attendre avec le calme du sage quels seront les fruits de vos délibérations ; mais daignez vous rappeler que je suis étrangère ; que mes affaires me rappellent instamment dans mes foyers ; que j'ai le droit , me reposant sur votre équité , de vous demander bonne et

* Voir les pages i8i , x8a , etc. , des Souvenirs prophétiques.

prompte justice [!! Mon écrou est injiirietix ; il f est poor ceux ipu m'honorent de leur amitié ; il l'est pour ceux qui ont eu k rare bieuTeillance de jeter sur mes écrits un regard protecteur; il l'est encore pour ma nation , qui, depuis tmrt d'années , a ton* jours su me rendre justice! M Je n'ai démérité de personne. Messieurs; je suis digne de l'estime , même de la louange de» gens de bien! l! U Touà reste maintenant 4 prononcer sur lai font ! ! !

LE NORMAND^ De la maison d'arrêt de Bruxelles , 7 mai 182 r.

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