‹ Souvenirs de la Belgique, cent jours d'infortunes; ou, Le procès mémorable: ou le procèsChapitre 3 sur 30 · SIMPLE AVEU · texte numérisé non relu

SIMPLE AVEU

u Barbarous tîntes j'oined wUh ealamitiés and disasters. *> « Ils ont Tonlu nous ramener les calamités , et les dé- » sastres des temps barbares. »

Stsuts, sermons.

C^'esi à Bruxelles^ c'est dans ce Brabant où on était si libre jadis et si jaloux de ses privilèges , que l'infortune d'une femme a été consommée... Elle a été arrêtée au mépris du droit des gens , des lois et de la constitution du royaume.

On l'enveloppe des plus infernales ruses, et sans préparation, sans sujet, sans aucune cause, on lui ravit sa liberté pen^dant cent jours. Quelque explication qu'on veuille donner à cet acte absolu, il sera toujours illégal et odieux , car il y a des règles indépendantes de tout intérêt personnel, et même de toutes circonstances , qui constituent le droit légitime.

Il était résolu , dans l'opinion de certaines gens,

( lo) qa une Française devait passer pour coupable aux yeux des Belges étonnés ; cette arme , dont ils ont fait un terrible usage , prouve jusqu'à quel point les agens du pouvoir se sont rendus répréhensibles, en devenant les ministres d une basse vengeance , et en prêtant à leur caprice un libre essor à la calomnie. C'est peut-être dans le nœud de cette énigme qu'on voit naître et se développer cette insidieuse accusation.

La personne accusée veut présenter simplement Un aperçu itioral et politique sur les cflUi^s ,, la duréis 5 le but et les suites de son étrange proeéduf ë. Elle ne cherchera à blâmer persohae , qU'àutaUt qu'il sera nécessaire de le faire pour défendre la vérité , et pour empêcher le public d'être la dupe de l'imposture , de la mauvaise foi , de l'hypocrisie et de la superstition.

Que l'oti traite soti ouvrage de fable , d'invetîtiôti 5 de libellé , il il'eri sera pas mbiùs iinprktié. 11 se peut qu'elle ait parcouru un labyriiilhe dVrréUrs ; un l'etcusèrà de s*y étte ëgaf'ée, thsis il lui est itiipdssiblé de se renferiilel* danà tm cadre plus nouveau , plus rapide et âtdrtoUt plufe^ sage. On ne parviendra jamais à lui imposer silence. O vous qui tenez la balance de Thémis ,

écoutez l'éloquent Massillon. « Là perfidie qui 9 trompe les rois est aussi crimindle que celte » qui les détrône ; la vérité est le pretoier hom- » mage qu'on leur doit : il n'y a pas loin de la » mauvaise foi du flatteur à celle du rebelle : on tie » tient plus à la vérité , qui seule honoife l'homme » et qui est k base de tous ses devoirs. La mênie » infamie qui punit la perfidie et la révolte de* » vrait être destinée à l'adulation. La sûreté pu- » blique doit suppléer aux lois, qui ont omis de » la compter parmi les grands crimes auxquels » elles décernent des supplices. »

Ainsi celle qui n'était venue en Belgique , que pour déposer ses ouvrages dans les mains des plus illustres princes, a dû conserver devant les courtisans toute sa dignité d'auteur. En vain le despotisme ministériel essaya de l'humilier et de l'abattre, elle a prouvé par sa constance, par son courage , par ses écrits * , qu'elle était étrangère à l'odieuse accusation que l'injuste aréopage avait dirigée contre elle.

* On remarque dans mes écrits une originalité brillante , quelquefois incorrecte ; j'écris sans art. La franchise, ou plutôt Tindiscrétion calculée , de mes révélations , répandront toujours quelque intérêt sur mes ouyrages.

(la)

C'est la politique des courtisans d'opprimer celui qu'ils ont offensé , surtout s'il possède assez de talens pour se faire distinguer.

Mais la victime d'un pouvoir occulte a triomphé à Bruxelles avec les honneurs d'un martyr d'état ; elle lève sa tête innocente et superbe, tandis que d'autres sont obligés de ramper dans les ombres d'une nuit ténébreuse.

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Malheureuse Française, j'ai pu croire un moment me reposer sur une terre hospitalière... Mon réTeil a été terrible. Cest à l'histoire à s'emparer de mes aveux ! ! !

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