‹ Souvenirs de la Belgique, cent jours d'infortunes; ou, Le procès mémorable: ou le procèsChapitre 30 sur 30 · LA CLEF DE L ENIGME · texte numérisé non relu

LA CLEF DE L ENIGME

SUR LES CAUSES SECRÈTES D'UN PROCÈS BfÉMORABLE.

Dahs un royaume , que je vais nommer , des saB-staP , régnait, en Tan i8ai',nn souyerain très-sage. Ce prince avait réuni sous sa domination deux peuples différens. Leurs coutumes ainsi que leur langage les rendaient ennemis naturels , et d*antant plus qi^e l'on prétendait faire payer aux uns les dettes contractées par les autres. Un ministre , devenu célèbre sous les gouvememens qui s'étaient succédé depuis la révolution evatab , semblait vouloir réunir ceux qu'il avait les plus divisés. D'accord avec V aigle de la finance des sept provinces unies , il proposa au roi des saB-staP un supplément d'impôts , impôts qui , selon lui , devaient enrichir le royaume et épuiser les ressources des sujets. On commençait à murmurer hautement contre les taxes nouvelles, surtout contre celle qui frappait la mouture. Quelques plaintes s'élevèrent et parvinrent jusqu'aux oreilles du prince héréditaire. Il les accueillit, et manifesta son intention de s'occuper dés intérêts du pauvre. Les meneurs lancèrent leurs limiers jusqu'aux marchesdu trône pour empêcher la vérité de parvenir jusqu'au nouveau Charles v. Suivant eux, le salut de l'État se rattachait éminemment à cette grande mesure. Dès lors elle fut soumise aux lumières des députés àes états-généraux du royaume. Bientôt les sycophanted triomphèrent de voir que le fils d'un roi, que l'héritier présomptif d'un aussi bel empire n'avait aucune influence dana les conseils !!! A les entendre, son opinion n'y était d'aucun poids. Us firent plus , ils entreprirent même de former une division au sein de la cour. Là , on représentait au roi que son fils aîné désapprouvait les actes de son gouvernement ; on

disait au moderne Titas que son père lui préférait un autre Frédéric. Tels étaient les discours imposteurs des fondateurs de la république EYATAB, des flatteurs de etrapaitoB (siuciL)et du ministre en crédit auprès de S. AlU emualliuG i. Pendant quelques instans le beau- frère d'un czar devint simple sujet dans les états des saB-syaP ( le bruit se répandit qu'il avait donné sa déinissioii de la place de grand amiral, -etc. ) . On avait entrepris de blâmer la noble popularité de Tidole de la euqigleB; on tentait tous les moyens de pouvoir fhumilier ; on imagina même, pour jeter en quel* que sorte le lidicule sur son auguste personne, ainsi que sur celle de la princesse son épouse, d'emprisonner une femme connue par diverses productions littéraires. La reine des saB-syaP, ses illustres enfans (protecteurs net des lettres) avaient daigné encourager ses talens, et même lui permettre de leur dédier un livre sur le congrès d'Aixla-Chapelle , etc. Ainsi l'auteur, qui s'était vu dans SEi.irExuaB l'objet de la plus rare bienveillance, fut arrêté avec éclat le iS'avril i8ai et traité en criminel d'état. On fit le procès à ce livre fameux environné des plus honorables suffrages ; on y découvrait, d'après un ministre de la justice et un procureur-général , le plan d'une conspiration imaginaire. (Elle leu£«emblait se diriger contre eux. ) Ils en conclurent que les plus illustres personnages de l'État avaient visité l'étrangère , qu'elle entraînerait un jour tous les suC&ages , même celui de leur maître, (La haute sagesse de ce souverain, reconnue universellement , ne pouvait admettre que les réflexions contenues dans un ouvrage eussent pu motiver l'opposition formelle manifestée hautement contre les nouveaux impôts dont on menaçait son royaume. ) Les ennemis du prince et de la princesse egnarO'd répandirent à dessein les plus insidieux mensonges. Tantôt on avait découvert qu'une visite mystérieuse avait été faite à cette Delphis parisienne , par ceux que Fou se plaisait à désigner , et tantôt elle avait annoncé quelle serait l'époque de la vacance d'un trône. Alors on en vint à procéder criminellement contre une Française paisible, après l'avoir calomniée en tons sens. Les sicaires firent plus , ils osèrent la faire condamner à une année

d^emprisonnement , à 5o francs d'amende et aux frais du procès , comme ayant composé un b'vre mystique dédié et agréé par le iils aîné du roi des saB*>syaP. Ce livre d'autant plus dangereux que les caméléons s'y trouvaient signalés, livre ii jeter au feu !!! (son auteur ayant essayé d'enlever la fortune ou partie de la fortune de ses admirateurs.) On reversait le blâme sur les protecteurs pour avoii* honoré d'une marque d'estime toute particulière une femme qui se trouvait sous le poids d'un jugement correctionnel. L'af&ont était sanglant pour ceux qui avaient daigné accueillir ses œuvres. Mais les frelons politiques du royaume étaient loin de s'attendre à la belle et courageuse défense de la -victime qt^ils prétendaient sacrifier » leur yengeance atroce. Durant ceht jours que dura ce procès fameux, le souverain maître des saB-syaP avait gardé le plus morne éilence. Son cœur souffrait d'une injustice aussi révoltante '^ son devoir lui imposait rigoureusement de s'en rapporter à la conscience des juges et à la Justice de son ministre de la justice. Le prince et la princesse héréditaires ne furent point dupes dps courtisans perve^, ils répétèrent plusieurs fois : « Nous serions bien surpris que cette Française fut coupable ?» Le second fils du roi, qui l'avait jugée sans la connaître , revint aussitôt de ses préventions ; il admira comme tant d'autres sa constance dans le malheur et son éloquence persuasive à présenter ses moyens de défense. Dès lors il jugea que l'on avait voulu opérer une diversion favorable en Caveur desSigisbés qui surveillaient et désapprouvaient LL. AA. IL et RR., en appliquant à celle qu'ils avaient bien voulu distinguer nae amende de jSJrancs.WàuX penser que mademoiselle dnamroNeL, que l'amour seul de la gloire dirigeait vers sellexurB ne pouvait démériter d'elle-même; que celle qui fut honorée de la protection bienveillante du monarque frère de son auguste belle-sœur , n'avait pu ternir sa juste réputation; que l'éditeur des Mémoires d'une princesse regrettée de son siècle , Mémoires ornés du nom le plus auguste f Mémoires déposés par elle aux pieds du souverain des souverains, au milieu d'un conseil de rois , ne pouvait ni ne devait encourir aucune accusation ? L'émule du grand Frédéric se re-

cueillh éàxks ses pensées. Alors il dit : « Cette Française est digne a de ma pltitection et de ceUe de mon frère. An s^ouverain des » saB-staP appartient cependant le droit de Ini Cuire oublier ses » malhenra et de sérir contre cenx qui. Tout perséciutée. Les cou- » pables calomniateurs deyraient être contraints à l'indemniser » eux-mêmes du tort irréparable qu'ils ont fait i sa fortune. C'est » i la justice de mon auguste père, c'est à celui qui donne l'exemple » de toutes les vertus que j'en appelle ! lui seul a le droit de réparer » et de punir les fautes de ses ministres. » (Le plus prévoyant d'entre » eux correspondait i la fois avec les trois prétendans à la cou- » ronne du royaume des Ia.B-syaP (en l'an iSiS), KoÉtoPAN , a stKAPAiroB (sf noL)y et son maître légitime. Le prince bgita&O'd, » ayant été rendu aux vœux de ses sujets, le protégé de Thémisse » prosterna humblement aux pieds d'un roi très-<sage. Ce type » des courtisans obtint enfin de la bonté royale le pardon le plus » généreux , au point qu'il possède aujourd'hui la confiance de » «elni que nagoèr» il avait fait proscrire îît » Ainsi pai le tct attU-o. Frédéric. Ce prince se promit bien de mettre sous les yeux du Sé7 sostris siADHALLOu uu tablcau fidèle des vexations et des. abus de pouvoir dont les caméléons , qui ont figuré à toutes les époques, qui se sont illustrés à force de bassesses sous tous les règnes , se sont rendus coupables , notamment dans les sept provinces unies de la EDSALLoH. (Ce payj forme aujeurd'hui la partie la plus intéressante du royaume des saB-staP. )

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