LA G
EUE l'indépendance
soldats se dispersèrent, et Bali, se réfugia versTinos avec dix hommes seulement.
Je parvins à l'arrêter au village de Sternia etjel'envoyai au siège du Gouvernement.
De retourà Andros, je reçus les nombreux témoignages de reconnaissance des primats et du peuple délivrés de ce brigand.
Comms récompense, je demandai le payement de la dime, qui se fit avec le plus grand empressement; je donnai ensuite les instructions nécessaires k l'éparque, et je m'embarquai pour Samos, ofi j'arrivai heureusement le lendemain. Mes collègues s'y trouvaient déjà depuis plusieurs jours, Ils m'annoncèrent que Logothetis leur 'ayant promis une certaine somme d'argent, ils lui avaient rendu la liberté à Samos, mais qu'à peine libre, le fourbe s'était moqué d'eux et avait oublié sa promesse. Je les réprimandai sévèrement d'avoir agi ainsi malgré les ordres du Gouvernement et de n'avoir point attendu mon arrivée à Samos.
J'ajoutai que ne voulant pas me rendre solidaire de leur faute, j'allai partir immédiatement pour Hydra. Je transportai à bord tout ce que mes collègues avaient ramassé d'argent, et sans écouter leurs
I instances pour me faire rester, je partis la
La vue du ciépuscule entre Samos et I l'Asie est d'une beauté indescriptible.
' Quoique nous fussions alors aux premiers jours de décembre, l'atmosphère était chaude, et dans la nuit sans lune, les étoiles scintillantes répandaient une douce lumière qui éclairait vaguement les rivages de la Grèce. Le brouillard, comme un voile transparent, cachait la terre d'Asie ; mais, avec les premières lueurs du crépuscule apparurent sur la côte asiatique les collines couvertes de plantations, puisles premiers rayons du soleil découpèrent en brillantes dentelles les sommets des montagnes de Samos. Cependant poussé par un vent favorable, le vaisseau fendait rapidement les flots et ce spectacle ravissant disparut trop vite de nos regards.
Nous naviguâmes heureusement jusqu'à midi, mais, arrivés devant l'île d'Icarie, nous fûmes assaillis par une tempête formidable. La neige tombait sans cesse, le vent était furieux, la mer démontée. Nous pûmes abordera aucune des îles voi- L> sines ; la nuit vint effrayante et profonde,
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et saisis de désespoir nous nous mîmes à fuir au hasard sous l'effort de la tempête.
Après minuit, nous nous trouvâmes toutà-coup sous les hauts rochers de l'île de Kéa ; notre vaisseau s'y fut infailliblement brisé, si un matelot expérimenté qui se tenait debout à la proue, n'eût compris à l'agitation des flots, que nous étions près de la terre. Par son cri albanais :<(GiASTOu, GiASTOu! » il en prévint le capitaine, qui tenait le gouvernail, etqui fit virer immédiatement le vaisseau. A la force avec laquelle la mer déferlait contre ces rochers escarpés, nous comprimes la gravité du danger auquel nous venions d'échappei comme par miracle. J'appréciai là l'intelligence des matelots hydriotes, qui, sur leur petit vaisseau, combattirent toute la nuit contre la fureur des flots et des vents. Au lever du soleil, reconnaissant qu'il serait inutile d'essayer de lutter contre la tempête, nous nous dirigeâmes vers Milo; en passant près de Kythnos, nous vîmes un brick jeté sur les écueils, et un grand vaisseau européen renversé sur le sable d'une plage de Séripho. Il nous fut im,possible d'aborder à aucune de ces côtes.
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et après midi, seulement, nous pûmes nous réfugier à Milo,
L'amiral français de Rigny, s'y trouvait alors avectrois vaisseaux de guerre. Étonné à la vue de notre petit navire, il envoya un canot pour prendre des renseignements sur la territ)le tempête que nous venions de traverser. Dès qu'il apprit que je me trouvais à bord, il m'invita à venir sur le vaisseau amiral français, où je fus reçu avec la plus noble courtoisie. Et comme Is conversation roulait sur le danger que nous avions couru, et les deux vaisseaux naufragés, j'eus le plaisir d'entendre dire à l'amiral de Rigny que les Hydriotea étaient les premiers marins de l'Europe.
Je profitai de mon séjour forcé à Milo, pour y mieux organiser l'administration et y percevoir les dîmes. Enfin, dans les premiers jours de i8sj,je revinsàHydra, et mis ainsi iîn à mon commissariat dans les lies de la mer Egée.