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CHAPITRE TROISIÈME

Proposition du Pouvoir Exécutif, — Je suis nommé ministre de la Justice, et André Métaxas ministre de la Police. — Mon envoi dans la mer Egée comme commissaire. — De quelle manière les îles sont gouvernées par les Turcs, — Canaris incendie le vaisseau amiral. — Peur des Insulaires, et leurs adresses à !a Porte. — Négris demande la guérison du mal. — Cruel moyen de guérison, et sa réussite.

— Evénements de Santorin. — La flotte égyptienne longe la côte. — Terreur des habitants de Santorin. — Les primats me saisissent et veulent me livrer aux Turcs.

— Stratagème employé pour ma délivrance. — Les Céphallènes me sauvent.

Au commencement d'avril nous allâmes à Corinthe, où nous trouvâmes le gouver-

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nement établi. Il était composé : i" du Corps Exécutif, dont le président était Mavrocordato, le vice-président Canaris, et les membres, Jean Orlando d'Hydra, Anagnostis Délijanni et Jean Logothétis ; a" De sept ministres, Théodore Négris, président du conseil et ministre des affaires étrangères ; Notis Botsaris, ministre de la guerre, Jean Colettis, ministre de l'intérieur remplissant aussi les fonctions de Botsaris lorsque ce dernier était absent ; Panoutsos Notaras, ministre des finances; Théodore Vlasis, ministre de la justice, que je remplaçai; l'évéque d'Androusa, ministre des cultes ; et Lambros Naccos, ministre de la police, qui fut remplacé par André Métaxas; et 3° d'un corps parlementaire ou législatif, composé des députés des provinces, dont Hypsilanti était le président et Sotir Charalambis le vice-président.

Le ministère de la marine était dirigé par une commission de trois membres.

Mavrocordato nous reçut d'une manière bienveillante, avec les éloges accoutumés sur nos services et nos sacrifices antérieurs, et nous proposa, au nom de l'Exécutif, de prendre part au gouvernement

provisoire. Etant obligédepartirlui-roème pour commander l'expédition de la Grèce occidendale, il nous dit qu'il prendrait sous ses ordres notre corps militaire qui se trouvait dans l'Agrapha, et qu'il l'unirait à d'autres Septinsulaires sous la conduite de Spyridion Panas, lequel avait également reçu l'ordre d'aller combattre dans cette partie de la Grèce.

A cette proposition soudaine, qui nous fut faite fort adroitement et avec beaucoup de courtoisie, nous répondîmes que nous réfléchirions, et qu'ensuite nous lui ferions connaître notre résolution. Nous comprimes le dessein de Mavrocordato : il désirait nous éloigner de la Grèce occidentale, soupçonnant qu'avec nos relations et nos sympatliies, nous pourrions être un obstacle à ses projets politiques, Pour lui ôter tout soupçon, et ne pas devenir des causes de discorde, dans un moment où Mavrocordato était en désaccord avec Hypsilanti, nous résolûmes d'accepter provisoirement les offres du Pouvoir Exécutif.

Le lendemain nous fîmes savoir à ce corps, que notre intention était de servir militairement la patrie, avec nos compa-

triotes, pour l'affranchir du joug ottoman ; mais que, attendu l'état de notre santé 1 (nous avions tous les deux la fièvre intermittente), nous étions obligés de prendre ^ un peu de repos, et de renoncer provisoirement à collaborer à l'expédition de j la Grèce occidentale. Nous occuperions donc le siège du gouvernement, toujours prêts à servir notre patrie. Le Pom Exécutif fut satisfait de cette réponse, et nous reçûmes le jour même deux diplômes, par lesquels nous étions nom- J mes, moi, ministre de la Justice, et André t Métaxas, ministre de la Police. Je trouvai étrange ma nomination à des fonctions, qui, vu l'état du pays, ne pouvaient pas être exercées et, avant d'accepter, je me présentai au Pouvoir Exécutif, et lui soumis mes observations. Le président fut de mon avis, et ajouta que, | jusqu'à ce que le Péloponèse et la Grèce continentale eussent pris une siette plus régulière, il fallait me rendre J comme commissaire dans les îles de la j mer Egée, les organiser et y recueillir des | souscriptions pécuniaires, pour l'entretien I de la flotte grecque, qui naviguait dans ces |

parages. La flotte ottomane se trouvait alors dans les eaux de Chic queses marins avait saccagée depuis peu.

Cette mission dans la mer Egée était extrêmement délicate, car la plupart des lies appartenaient aux Turcs et plusieurs autres étaient habitées par des Latins qui préféraient le joug ottoman à leur indépendance. La difficulté même de l'entreprise me tît accepter les propositions du Pouvoir Exécutif, et je procédai immédiatement à une organisation administrative provisoire, divisant les îles en provinces et en districts, et y établissant les autorités nécessaires.

L'Exécutif approuva mon projet, et me chargea, comme ministre de la justice, de le défendre devant le Pouvoir Législatif, afin qu'il devînt loi de l'État. Puis, on me donna pour collègue Benjamin de Lesbos, prêtre vénérable et instruit qui, par la considération dont il jouissait dans toute la mer Egée, me facilita l'accomplissement démon mandat. Munis des ordres indispensables, nous partîmes, au commencement de mai pour Hydra, oii m' étant entendu avec les communautés de cette île

et de celle de Spetsia, je crus nécessaire que chacune d'elles adjoignit au Commissariat, un membre qui fut comme une espèce de député. Mon conseil fut suivi, et on nomma sous-commissaires : Nicolas Economes, d'Hydra; et Basile Gkinis de Spetsia, homme d'une grande probité(i),

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