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y8 SOIVr.MKS
Ayanl oblomi la sur\ivaiur de M. Kî Duc i1« Pontliièvre en qualilé de Oraiid-Ainiral de France, il avait cru pouvoir figurer dans ce combat naval. Il y commandait l'escadre bleue ; il y feit;nii de ne pas voir ou comprendre les signaux, pour ne pas exposer le vaisseau qui portait sa précieuse personne, et M. de Lamolhe-Piquel, son capitaine de Pavillon, fut tellement indigné de sa lâchelé qu'il alla déposer deux pistolets chargés sur la table de sa cabine, en lui disant : — Uonseigneur, après me pareUle conduUCy il ne vous reste plus quli vous brûler la cervelle (4). Le Duc de Chartres avait osé dire qu'il n'a- Tait nulle envie et nul besoin de \)renAre fait et cause
.(J) • La guerre de la FraDcc et do l^Anglclcrre le montra ( le duc d^Orluans -Égalité ) .pour la première fois mêlé aux évdnpmens de la politique ; mais ce ne fut pas pour lui une occasion de gloire. Au combat d'Ouessaut , il ne fut qu^un spectateur inutile: il montait le vaisseau le Saint-Esprit, Le péril était extrême ; ce fut le Comte de La Touche y commandant , qui vint au secours du vaisseau. On raconte que le Duc d^Orléans sV^tait caché à fond de cale. La conduite du Duc d^Orléans, pendant le combat, fut un objcl continuel de railleries. On fit [)araitre un portrait où ce Prince était représenté en costume de marin , et au bas duquel on lisait ce verset du psftimiste : Mare vidit et fugit / il a vu la mer et il s^est sauvé. »
« .... Et cependant il avait la manie du courage ; c'était UQ indice qu^îl n'en avait point la réalité. Il voulut s'élever dans ua des premiers aérostats qui fut lancé à Saint-GIoud. Tout Parif était accouru. Quand le ballon parut vouloir s'élever aux nues , le Duc de Chartres eut peur ; il fallut descendre , et les Parisiens, frustrés d'une fête, se vengèrent par des quolibets. » ( M. Laurentic , Ilist. des Ducs d* Orléans , t. 4, p. 20. )
{Note de V Éditeur,)
pour Thonneur ou la réputation de la Duchesse de Rourbon, sa sœur, parce qu'elle n'était ni sa femme ni sa fille. (Et l'honneur de sa mère, comment en a-t-il parlé quelques années après dans la tribune des Jacobins?) Je ne vous en dirai pas davantage à Toccasion de sa turpitude maritime, et le cœur en soulève. J'avais eu Tintenlion de vous parler de sa conduite à propos du duel entre M. le Comte d'Artois et l'héritier des Condé, mais j'ai promis a M""^ la Duchesse de Bourbon de n'en rien écrire, et c'est un service à lui rendre. J'ai pris aussi rengagement de ne rien laisser dans mes papiers qui puisse être relatif à la naissance de l'Abbé Delitte, et j'en suis fdchée pour vous, car il y a dans tout cela quelque chose de si naïvement tendre et de si curieusement nouveau, pour être absolument comme au vieux temps, que cela n'aurait pu manquer de vous inlércsscr. C'est comme une Sîrvente au donjon féodal et comme une Églogue au cimetière. Mais je reviendrai tout-à-l'hcure à M. Delille, et j'ai la fantaisie de vous parler un peu marine, en qualité d'intime amie du Grand-Amiral.
Les deux années suivantes furent signalées par deux grandes victoires et pai* un grand désastre qui ne fut pas moins honorable à la marine française. Le Comte d'Estaing fit la conquête delà Grenade el détruisit l'escadre de l'Amiral ByroA. L'intrépide Lamothe-Piquet fit face à toute la flotte anglaisé avec trois vaisseaui délabrés, et sauta le riche t^ri-*voi qui nous arrivait de Saint-Domingue. Mais lo 2\ janvier, jour néfaste! lo Comte de Grasse fut battu dans un combot naval par l'Amiral angh'
j8 SOUVENlllS
Ayant oblonii l<i survivance de M. le Duc do Penthièvre en qualilé de Grand-Amiral de France, il avait cru pouvoir Ggurer dans ce combat naval. Il ; commandait l'escadre bleue; il y feignit de ne pas voir ou comprendre les signaux, pour ne pas exposer le vaisseau qui portait sa préckiuae personne, et M. de Lamothe-Piquet, son capitaine de Pavillon, fut tellement indigné de sa lâcheté qu^l alla déposer deux pistolets chargés sur la table de sa cabine, en lui disant : — Monseigneur, afrè$ m^ftçfttfUe conduUe, il ne vous reste plus quà vous trûUr la cetvelle (4). Le Duc de Chartres avait osé dire qu'il n'avait nulle envie et nul besoin de prendra /ai^elcatm
(I) a La guerre de la France ci de T/lngleterre le maiitra ( le duc d^Orléans -Égalité ) pour la première fois mêlé ^uz év^ nemens do la politique ; mais ce ne fut pas pour lui une occasion de gloire. Au combat d'Ouessant , il ne fut quW «peclateur inutile : il montait le vaisseau le SainUEsprU, Le péril était extrême ; ce fut le Comte de La Touche , commandant , qui vint au secours du vaisseau. On raconte que le Doc d^Orlcani sVtait cacbô à fond de. cale. La conduite du Duc d^Orléana, pendant le combat, fut un objet continuel de railleries. On fit paraître un portrait où c« Prince était représenté en costume de marin , et au bas duquel on lisait ce verset du psalmiste : Mar$ vidil et fugit / il a vu la mer et il s^cst sauvé. »
« .... Et cependant il avait la manie du courage ; c'était un indice qu^îl n^cn avait point la réalité. Il voulut s'élever dans UQ des premiers aérostats qui fut lancé à Saint-Cloud. Tout Parif était accouru. Quand le ballon parut vouloir s^clever aux nues , le Duc de Chartres eut peur ; il fallut descendre , et les Parisiens, frustrés d'une fête, se vengèrent par des quolibets. » ( M. Laurentic , llist, des Ducs d'Orléans , t. 4 , p. 20. )
{Note de VÉdiieur.)
pour Thonneur ou la réputation de la Duchesse dtë Fourbon, sa sœur, parce qu'elle n'était ni sa femme ni sa fille. (Et Thoniieur de sa mère, comment eni a-t>il parlé quelques années après dans la trtbufre des Jacobins?) Je ne vous en drrai pas darantagé à Toccasion de sa turpitude maritime, et le cœur en soulève. J'avais eu Tintention de vous parler de su conduite à propos du duel entre M. le Comte d'Artois et riiérilier des Condé, mais j'ai promis à M*"^ la Duchesse de Bourbon de n'en rien écrire, et c'est un service à lui rendre. J'ai pris aussi l'engagement de ne rien laisser dans mes papiers ^dl puisse être relatif a la naîssoiice de l'Abbé Delîtte, et j'en suis fâchée pour vous, car il y a danâ tout cela quelque chose de si naïvement tendre et de èi curieusement nouveau, pour être absolument comme au vieux temps, que cela n'aurait pu manque^ de vous intéresser. C'est comme une Sirvente au donjon féodal et comme une Églogue au cimetière. Mais je reviendrai tout-à-l'hcure à M. Del il le, et j'ai la fantaisie de vous parler un peu marinei en qualilé d'intime amie du Grand-Amiral.
Les deux années suivantes furent signalées pat* deux grandes victoires et par un grand désastre qui ne fut pas moins honorable à la marine française. Le Comte d'Ë^taing fit la conquête de la Grenade et détruisît l'escadre de l'Amiral Byroiï. L'intfépldé Lamothe-Piquet fit face à toute la flotte anglaisé avec trois vai«se<1ùi délabrés, et saiita le riche ëdîi-»voi qui nous arrivait de Saint-Domingue. Mais le 2\ janvier, jour néfaste! le Cortife de Grasse fut ballu dans un combat naval par l'Amiral anglais
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Rodney (I). L'histoire moderne ne nous offre aucnn exemple d'un pareil acharnement ; tous es capitaines de vaisseaux français se Grent tuer sur le bord de Taniiral ; le Comte de Grasse n^amena son pavillon blanc qiraprès dix heures et demie de combat, et après avoir inutilement cherché la mort: il n'avait sur son vaisseau que quatre hommes YÎYans lorsqu'il se rendit. Nos ennemis admirèrent sa Ya- Icur, et ses concitoyens ne lui rendirent pas la même justice.
Pour réparer cet affreux désastre, ainsi que la perle de six vaisseaux qui furent capturés par les Anglais, Monsieur, Comte de Provence , et M. le Comte d'Artois, offrirent au Roi, leur frère, chacun un vaisseau de cent dixcanons; et M. le Prince de Condé rendit un pareil hommage à la couronne au nom de la province de Bourgogne dont il était gouverneur et dont il fut présider les états. M. de Penthicvre fit construire deux frëgafes et n'en dit rien à personne.
Sans compter que Tvibbc Delille est le premier po(;te, ou plutôt le seul pocMe de son temps, yous verrez qu'il est un des hommes les plus aimables et les plus solides en amitié que vous puissiez connaître. Son esprit, disuis-je autrefois, est comme un feu de sarment, pétillant et chaleureux, vif et pénétrant, salutaire et gai. Sa conversation me rappelle toujours celle de Voltaire, mais d*un Voltaire ingénu, loyal et franc que je n'ai pas connu. La
(f ( Fraiiçois-Jospph de Grasse dos Princes trAnlibes, Comte du IJar en Provence , etc. , né 1725 , mort en 1788.
DE LA iMAUQUlSE DE CRÉQUY. JOl
sincérité, IVsprit de justice et ia bonne foi, faisaient grand' faute à celui dont je me souviens : et je dois remarquer ici qu'en dépit de l'autorité que s'arrogeait M. de Voltaire, ses paroles d'approbation, de louange ou de réprobation ne pouvaient jamais ni persuader, ni toucher sensiblement qui que ce fût, à raison de sa légèreté quinleuse et de son manque de franchise.
La physionomie de M. Delille n'est pas moins originale et moins agréable que son genre d'esprit. M"*'' Le Couleuix du iVlolay disait de lui qu'il avait tant de mouvement dans la figure qu'il ne lui laissait pas le temps de paraître laide; mais c'est, à mon avis, une de ces phrases où l'on trouve plus de mouvement que de jugement, car le" visage de M. Delille a toujours, dans le repos, une expression de bienveillance exquise ou d'intelligence admirable.
Les ouvrages de l'Abbé Delille n'ont aucunement le caractère ou la physionomie de sa personne et de sa conversation ; c'est un côté par lequel il ressemble à M""® de Genlis, et c'est le seul raport qu'il ait avec elle. Il m'avait été recommandé par le Vicomte de Vintimille, au sujet du refus qu'on aurait fait de le laisser parvenir à l'Académie française, et ceci parce qu'il était trop jeune , avait dit le secrétaire perpétuel; je pris la liberté d'en parler directement au Roi, qui mg répondit que c'était une invention très impertinente , et qu'il n'avait jamais rien dit de semblable. — Il a si bien traduit Virgile, me dit S. M. , qu'il me fait l'effet d'être de l'ancienne Rome; il a deux mille ans ^ à nfon avis :
ino SOUVENIRS
je vous serai bien obligé de faire dire aux acadéniicicns que je ie verrai nommer avec plaisir.
Je ne manquai pas de faire connaître les ihledtions du Roi, comme vous pouvez croire, è( les amis i]u jeune pocte (il avait environ <]uarati(e ans) m'en surent tout le gré possible. C'est à cette occasion-iîi que jeTai connu (<).
En attendant la première vacance à rAcadéiiiic, ([ui ne tarda guère, attendu que M. de là Cdhdamine mourut quinze ou dix-huit mois après, M. le Comte d'Artois voulut bien conférer à M. Delillc un joli béncOcc de son apanage, au moyen du^tiél il a subsisté fort aisément jusqu'à la spoliation âcs biens du cjergé. On avait eu de la peine à lui fh>Uvcr un nid convenable et commode^ c'est-à-dirfe un bénéfice qui n'astreignît pas a résidence et qui piït être possédé par un laïc. M. le Duc de Perithiëvre n'en gardait jamais en réserve et n'en avait plus un seul à sa disposition ; votre père avait colloque tous les siens, Dieu sait comme; et mon prieuré des G.Hines étaii rempli par un gros joufflu d'Abbé du Gôron qui promettait de vivre autant que Mathusaicm. Quand on nous avait priés de faire demander par M. de Pentbièvre un bénéfice a la chancelleric du Pninis-lloyal, ce Prince avait répondu que M™^sa fille n'avait pas le crédit d'y faire chanter un aveugle, et du reste, on savait que la collalion
(I) r.a IcUrc do i'AIibé Dciiilc qui se trouve citée dam VAvis de VhAlitcury nu commencement du premier volume de cet ouvrage , parait dovoir se rapporter à rettc eircoostance indiquée par routeur.* ( .Yofo de VÉditcv.r. )
des bénéfices de l'apanage d'Orléans , n'était pds toujours un don gratuit. Enfin M. le Comte d'Artois voulut bien nous tirer d'affaire en cortférdnt l'abbaye de St.-Séveriii d M. Delille, et ce fut avec «né [Jrace infinie. MonSieuJi voulut bien aussi iii'6crirc a celte occasion-là, qu'il regrettait que la iriajorilé des bénéfices à sa nomination ne fussent que des prieurés du des abbayes de filles, ce qui se trouvait principalement vrai peut- sfes domaines de la l'rovcnce et de la Normandie.
Je vous dirai de Monsieur, qu'il aurait bien vôiilii pouvoir échanger sa Dtiché-Pairie d'AlenÇoiï contre celle de Créqiiy, par la raison que la possession dé ce grand domaine était suivie d'un droit dé collà^ tions admirables , y compris celui de présentation pour rdrchcvêché de Synopolis , en vertu d'une bulle obtejiuedu Pape Innocent III, par l'Empereur Baudoin, votre vingt-et-unîèmeaïeiil : privilège agréable et magnifique , en ce qu'il donnait aux Sires dé Créquy le droit de conférer, non pas seulement la crosse et la mitre, prérogdtive appartenant à tous les patrons et collateurs abbatiaux , mais le pouvoir de conférer le caractère épiscopal avec la croix pectorale et le pallium, ainsi que les XIV glands d'or aux cordelières de synople. Je pense bien que l'importance de cette prérogative n'était pas tout-à-falt étrangère au sentiment d'affection particulière et de considération que le clergé français a toujours témoigné pour votre maison ; mais pour en revenir à cette convoitise de MoinsiEtia qui ne s'accordait guère avec les projets de votre père et les intentions de toute ma vie, je vous dirai que si la révolution
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n'était pas arrivée , mon Gis n'aurait pu manquer de se brouiller avec Monsieur pour cette raison-l^. C^était bien la peine d'avoir économisé trois millions huit cent mille livres en cinquante-huit ans , pour ne | opérer le retrait de votre premier domaine > et | acquérir ces belles qualités de Ducd'Alençon, Clomte du Perche et de Nogent-le-Uotrou ! c*est-é-direque j'en pleurais d'y penser, et que votre père en serait mort de rage! Le Roi n'approuvait pas cette imagination de son frère , mais il aurait fallu se fdcber avec MoNSiEUH, quitter la maison de Madakb, et je TOUS assure que ce beau patronage , accordé par Innocent III en >I242 , nous a fait passer de tristes journées en 4777.
L'abbé Delille n'avait jamais été que simple tonsuré ; il avait toujours refusé d'entrer dans les ordres; il a fini par épouser M'^ Vaudechamp qui, disait-on, n'était pas facile à vivre; mais je puis attester qu'il ne s'en plaignait jamais. Il avait accompagné le Comte de Choiseul-Goufiier dans son ambassade à Constantinople, et nous en avait rapporté de curieux détails sur le Comte de Bonneval et la formidable mort de cet apostat (4).
m CIaii(1c-Alex<in(1rp , dos Ciuiitcs de Bonneval et de Rlanclicfori , (Hait né vers rnnnôtHr)02,cn Limousin , oh sa fi^mille a toujours marque parmi la haute noblesfo. U aTait ^poaac Judith de Gontaut, lîlle du Maréchal -Duc de Uirnn , dont il n^avait pas eu d'enfant ( grdcc à Dieu pour elle ). Turbuleot , arro{;ant, indiscipline, brétandier , débauché, duelliste, îl avait usé quilter le service de France en temps de fruerre , |)Our aller servir Tlilmpereur qui le fit f^énéral de son nrlillcrie et son eon:»! iller auliquo, f qui uVinpéclM pus Un tribunaux fraudais
Ainsi que Voltaire , il aurait pourtant voulu mourir dans la religion de son père et de son pays. Il avait écrit à l'Ambassadeur de France, qu'il n'avait jamais cessé de rester chrétien dans le fond de son cœur, et qu'il le suppliait de lui envoyer un de ses aumôniers pour l'entendre en confession , pour l'absoudre , enfin pour témoigner de son repentir, en réparation du scandale qu'il avait donné à la chrétienté, de In douleur qu'il avait causée dans sa famille, et de l'insulte qu'il avait faite à la noblesse française. M. de Peyssonnel, premier secrétaire de notre ambassade, avait pris sur lui d'aller visiter ce renégat, et l'avait trouvé qui répétait dans l'ardeur de la fièvre et sombrement, ces vers de Malherbe :
« Ncspcrons plus , mon âme , aux promesses du monde ; a Sou éclat n^cst qu^un verre , et sa faveur une onde « QuQ toujours quelque vent empêche de calmer. « Quittons les vanités , lassons-nous de les suivre ;
« GVst Dieu qui nous fait vivre,
• G^est Dieu qu'il faut aimer ! »
Ainsi que Voltaire, étendu sur son lit de mort et son lit de justice, en présence de Dieu, Achmet Pacha fut circonvenu par des familiers impies. On l'enve-
de le condamner à mort , pour le fait d'avoir été servir à Pennemi. Comme il ne pouvait tenir nulle part, il no manqua pas de se brouiller avec la cour de Vienne , et fut se réfujrier auprès du Grand Turc, qui lui conféra la dignité de Comharici'Baehi , ainsi que renseigne n trois queues du Taclialick de Uomélie. Il avait renié \v clirisiianismc en 1758, et mourut À Gonstantinople en 1 747. ( Note de VÀuieur, )
loppa dans le réseau d'iniquité qa*n avait oo Soliman-Bey, renégat milanais et fils adopfif M. de Bonneval , eut soin d'empéchef qi^^îl ne | communiquer avec aucun de nos compatriote». Il envoya chercher l'Iman delà mosquée yoisi Ad, et Dieu sait quelles ont été les dernières pensées iéet malheureux apostat: c'est un secret entre (a i*rovidence et le tombeau.
Je vous dirai que TAbbé Delille avait absolu it voulu m'accompagner dans une de mes àiidiéi) au comité de l'Assemblée nationale, à l'occasion notre procès contre Nicolas Bezuchèt. — SfonsieiiT TAbbé, lui dit le citoyen Lamourette avec sdîi air de béni{jnité mielleuse, encouragez M'"^ de Créquy dans la confiance qu'elle doit avoir en notre impartialité , je vous promets de l'interroger avec tous les égards qui sont dus à son âge et à son sexe. — je le crois bien , lui répliqua l'autre : allez procéder à son inlenogatoire et vous verrez qu'il est impossible de lui dire plus haut que son nom.
Malgré son refus de composer une cantadc républicaine pour la fête de TÉtre- Suprême, ou plutôt malgré ce fameux dilhyrambc sur riiiiuiortalité do ràmc, qui lui valut l'animadvcrston de llobespierrc et les dénonciations quotidiennes do VAmi (lu peuple et du Père Duchesnc ( journaux terroristes), l'Abbé Delille avait tenu ferme à t'arîs; mais il a fini par y manquer de patience, et voiti pourquoi : il avait rencontré, dans la rue de la F.oi, le rc|)réscntant du peuple Cambon , qui lui déclara qu'il était lo plus malheureux citoyen de lu rcp'ii- Miqu*'; ''M rc ((n'il lîv p'.'uvoil sculomcul pas ^-'ali-
scnter pour aller se reposer pendant huit jours à la campagne! — « La convention n'a que trois orat^jorseifen suis-t-tm. » — Il est impossible de r/3sl,er dans ce pays-ci, s'écria le ci-devant accadémicien, et il s'enfuit en Angleterre d'où il n'est revenu qu'après la chute du gouvernement directorial.
Par ^ne transition difficile à vous expliquer , si vous avez perdu de vue la troisième croisade et la bulle d'Innocent III , je vous dirai que l'Abbé DellUe Aous avait rendu le service de nous faire déchiffrer^ à Constaolinople , un document illisible, lequel était supposé relatif à ce que nous appelons le reliquaire de Sainte-Hélène. Vous le trouverez , daA3 oiOA oratoire, intact et scellé de quatre bulles, ay.ecâon auréole et sa couronne de pierreries ; mais, comme la charte en question tombe en poussière, il me parait urgent d'en conserver la lettre , et c'A^t pourquoi je vais la reproduire en affidavit re£[isl,ré.
ce Nos LEGIER de P^eyssacq , ce Deeos de l'yeclise aichimasjore de c( Saîncte Sophye et Chancelliers de ce lempyre de Constaiitinoples ^ etEscc TIENNE de Couscy;, tresaurrieis dî ce celle meîsme yeclyse ^ et Gaulclier ce Huraiilt, Deens de lyeclyse Nostre v< Dame de Panecrantez, foîsonz sa-
ce poer a louts ceulx quy lez prësantes ce lectres voyront o oyront que H tree « noble Bers , MessjTe Bauldouîn de c< Crequy, Connestables de lempyre ce de Coiistantînoples , nos pryat humce blâmant et devotemant, que por ce Deus et por almosnes a li , donnesce sionz alcuns saînctuaîres por ance voyer en son payx; et nos reguardant ce la dévotion ^ de son cuer et la bone ce intention 5 por ce que nos créons ce que li sainctuaires esteront honorez a souficialement la o il les anvoyera, ce li cloname et donons partye du chief ce de Madame saincte Hellènes , impece ratrix ^ lîquel estait de tôt temp en ce lyeclysc Nostre Dame de Panece crantes avironncz dune bende dor ce tôt en tors , eu laquelle sez nom esce toit escrîp de lectres grégeoise, Et ce por ce ([lie nos créons et debvons a ce creoyre que ce soyt vraye le tesce moîgnagc des Latius quy en lye-
c< clyse dicte ont estez et sont, et ossy
ce des Grex anliaîns , Nos li donons
a ces lectres scelléez du scel de lem-
« pyre^, et prîoiits tots cels as quels
ce ces de\ant dictes saiiictes relîctes
ce saroiit esposeez, que il pouDeus et
ce por miserricorde que attaade , re-
c( coyve liquelles sainctuaire Madame
Ci saincte Hellènes en toute reverrence
à et lor orayson. Ces lectres doneez
ce fusre a Saincte Sophye, en lan de
ce lincarnacion Ihu xpist mil et CC et
ce XLV el mois de Geinvyer. »
Je croirais vous faire injure en recommandant ce reliquaire à votre vénération : c'est un monument de la splendeur de vos ancêtres, et je me borne à vous prier de veiller à sa conservation , comme je l'ai fait jusqu'ici. Vous verrez que la Charte qui l'authentique est encore scellée de quatre bulles: une d'argent, qui porte les armes de l'Empire d'Orient, c'est-à-dire une croix d'or en champ de gueules, cantonnée de quatre /3 d'or, initiales des quatre mots grecs Basiléus Basiléôn, Basiléouôn Basiléousi, (Roi, des Rois régnant sur les Rois ), et les trois autres bulles en plomb ^ sont annoiriées des VI. 7
mômes blasons que portent encore aujourd'hui trois anciennes familles de Preissac , de Coucf Ilurault de Vil)raye. Vous direz peut-être, et jen' disconviendrai pas, que de l'an FIIc de la Rép bliquc française à Tan du Salut 4 245, il a fallu fa; un fameux saut d'écrevisse.
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