IX
quoi ne pensez-vous pas à Louis , Valentin, Samuel ou Raphaël? Si vous accouchez d'une Glle, à qui vous vouliez donner un nom distingué, appelez-lu Geneviève; et si c'est d'un garçon, Denys, Germain, llemy, Landry, Séverîn, Sulpice, ou Merry. Laissez-nous les Foulque et les Jocelyn : ne cherchez pas vos noms dans les Chroniques , et prenez-en dans les Litanies, Il n'est rien de si joli pour un enfant de Paris que de porter un nom de légende gauloise, et surtout du diocèse de Paris. Un villageois Breton qui s'appelle Maclou , une Tourangelle qui s'appelle Martine, ne sont point ridicules, et j'approuve beaucoup les Espagnols qui ne prennent jamais d'autres patrons que les saints de leur calendrier. Les paysans sont comme les princes, ils ne portent que des prénoms nationaux, et dansées noms des paysans , je trouve toujours une grâce charmante avec je ne sais quoi de respectable , en ce que ces pauvres gens qui les portent en sont rattachés à quelque chose d'anciennement local et desolariégoj comme disent les Castillans. On dirait qu'ils ne datent pas d'hier? Comme vous êtes une femme de bon sens, je vous dirai que je ne puis souffrir les petites filles qui s'appellent Fanny, et que lorsque je vois des garçons (Français bien entendu) à qui l'on a donné les noms étrangers d'Alfred ,, Edouard , Fernand , Gustave , et Frederick snriouil je prends leurs parens en aversion.
Je vous avouerai , mon fils , que j'ai fini par céder aux instances de M°^« Caristie que j'aime beaucoup. II a fallu composer avec l'exigence de l'Électeur de Saxe , mon compère , qui s'appelle Auguste ;
ainsi notre filleul s'appelle Auguste-René-Victor. 11 en résulte une sorte de jeu de mots qui me déplaît beaucoup; mais je recommande incessamment qn^on ait soin de Télever de manière à ce qu'il ne s'entende jamais dire — Auguste Garistie, va te faire sucre (4)!
M. de Lalandë vient de faire paraître un dictionnaire des Athées qui devrait être brûlé par la main du bourreau, et il a dit hier à M. de Pougens que, si j'étais déjà morte , il n'aurait pas manqué de m'inscrire parmi ses Athées , ce qui suffira pour vous donner une idée de la véracité de son livre. La tendance actuelle serait plutôt déiste que matérialiste , ou plutôt , les gens de ce temps-ci ne sont rien du tout. Ils lisent encore Voltaire , et c'est là qu'ils apprennent ce qu'ils doivent penser de la religion chrétienne.
Il est à remarquer que, parmi nos bons écrivains du xvii*^ siècle, les deux auteurs de prédilection du siècle philosophique ont toujours été Molière et Pascal. H se trouve encore aujourd'hui que les Lettres Provinciales et Tartuffe sont les deux ouvrages les plus goûtés du public, et pour cause. Les Lettres Provinciales ne sont qu'un tissu de mensonges , et l'on pourrait dire que le chef-d'œuvre de la théologie de Port-Royal est un crime. Tartuffe est visiblement dicté par un sentiment d'hostilité contre la religion;
(4) Nous avons sous les yeux une carte de visite, imprimrp, qui porte le nom de M. AuGUSTB GARISTIE, rue Notre>Daniedes-Victoires , n» 49^ ce qui s'accorde parfaiferaent avec l'Alinanach des 25 mille adresses , page 96. {Note du libraire'édU. )
haine masquée , mais à laquelle les impies et le public irréligieux ne se sont jamais mépris. C'est l'œuvre d'un comédien. La faveur obtenue dans un temps d'irréligion par ces deux ouvrages est la meilleure preuve de leur tendance irréligieuse. Les Francis sont un peuple si sot et si fin !
La preuve que la révolution n'a pas détruit l'intelligence et n'a pas tué l'esprit dans notre bon pays, c'est que les Devises personnelles et figurées y sont devenues fort à la mode (à défaut d'armoiries). On m'en a cité de charmantes , et je voudrais terminer ce chapitre en vous parlant sur la science des Devises. Vous verrez que ce n'est pas de celles de la rue des Lombards , non plus que des armoiriales ^ en vérité , car la plupart des Devises de blason ne valent pas mieux que des devises à bonbons. Je n'aurai pas beaucoup de légendes héraldiques à vous citer sous le rapport de Tesprit , mais le genre d'intérêt qu'elles doivent présenter n'est pas celui de la subtilité dans l'intelligence.
Je vous dirai, pour commencer par le commencement , que les allégories figurées dont il est question dans les anciens, participaient beaucoup du caractère de la devise moderne.
Un peintre grec avait donné pour emblème i la sottise une femme qui veut se tenir debout et qui trébuche sur le dos d'un cochon.
Un poète de l'ancienne Rome avait choisi pour emblème de l'opiniâtreté une femme qui serre et qui embrasse étroitement la tète d'un âne,
— Voyez la tulipe et l'épi , dit saint Augustin , le plus spirituel des hommes « et c'est à prooos de l'hu-
hE LA MARQUISE DE GREQUY. 121
milité : — Tinutile fleur est orgueilleuse et droite/ quia vana; la grappe du froment est humblement penchée , quia plena.
Relativement au Révérend Père Menesfrier qui a fait un Traité des Devises y je tous dirai que c'était un honnête homme , et voilà tout. Si je n'avais appris sur les Devises que ce quMI en rapporte dans son traité , je vous renverrais au fameux Bourdaloue qui n'en dit pas beaucoup plus , à la vérité , mais qui dit supérieurement bien tout ce qu^il en sait; enfin , je vous recommanderais ce bel ouvrage du Pape Léon X , lorsqu'il était MessireJéan de Médicis, et qu'il envoya , par un beau page, à son ami le Cardinal de Créquy, une bouture de cet excellent poirier qui porte son nom de jeunesse. Studieuse et chaste jeunesse ! Adolescence ingénieuse et docte , à qui nous devons un des ouvrages les plus spirituel» «les temps modernes. Tâchez de vous procurer ce livre des Devises composées par Léon X, et vous y verrea^ que de toutes hs opérations de pur^esprit^ l'art des Devises personnelles et figurées est peutêtre Fa plus ingénieusement délicate et la plus difficile (i).
On n^en sauraft apprécier Témérité sans connaître la difficulté de leur facture y. et l'on ne saurait en
(i) Daos cette belle pekiture die Rapliail, qui ceprésente Léon X et qui appartient à nos Rois , le livre ouvert qu'on y voit entre les mains du Pape est celui de ses Devises. Les spirîioeHes figures des Cardinaux de Médicis et de Rossi paraissent en témoigner au Saint-Pèpe une approbation si satisfaite et si respectueuse , q.u'il me semblait enjtrer dans le Vatican du •cizième siècle en re^rdant ce tabteau. {NoU de l'Aut. y
122 souvEraas
connaître les difficultés sans en savoir les conditions. La devise allégorique, ainsi que Fenfendenl les modernes , est composée d'un corps et d'une âme , c'està-dire d'un objet matériel à qui s'applique une I&- {}ende. Cet objet matériel doit être unique j c'est-àdire que le corps d'une devise régulière ne saurait être formé, par exemple, de trois étoiles , ou d'une rose et d'un papillon. La légende doit être concise et « légtesrement destournée , sans aucun subterfuge « et par un élégant soubs-entendu , » dit mon ami Gilles Ménage. Elle se doit appliquer tout aussi justement à la personne pour laquelle on la destine , qu^à ce dit objet allégorique et matériel. Henry Estienne ajoute à cette prescription que « Tasme de a la deuise doibt touts jours estre assez modeste « pour que celluy quy Tarborre en puysse faire ap- « pliquation sur luy-mesme, et qu'il en puysse avoir « faict composition sans oultrecuidance ou uanité M malséyante. »
Il est bon que le corps de la Devise représente un objet agréable aux yeux.
Le genre de cet objet et le sexe de la personne doivent être le même.
Indépendamment de ces deux conditions de rectitude et d'ingéniosité qui doivent se remarquer dans l'ame ou la légende, elle ne doit être composée que de huit syllabes, au plus; la seule exception qu'on y puisse faire est en faveur de quelques vers latins , italiens ou français^ et si toujours faut-il qu'ils soient des plus excellensl c^estle précepte. Mais en voilà bien long sur le didactique , et comme le professorat m'a toujours fatiguée , j'aurais bonne envié de m*ap-
DE LA MAEQUISB DE GRËQUY. l'?3
piiquer la de?ise de Saumaise , Ams lugens gomsu- Hoa. Je 8uis seulement fâchée que ce soit une Lampe; mais réiégaoce et la propreté n'étaient pas le fait du ménage Saumaise , et mes grands-oncles en avaient ou! dire des choses à faire soulever le cœur! Allons^ plus d'épisodes et point de distractions ; ne sortons pas de l'important sujet qui nous occupe , et tâchons de coUiger noUre dkre sur les deuisis en toute preudhome y comme dit maître Etienne Pasquier dans sa belle épitre à Monsieur de Thou.
Ce n'est pas ici l'occasion de vous parler de ces sortes d'inscriptions héraldiques qui se trouvent divisées en légendes - ez - armes , ou bien en crisde - guerre (pour défi, pour invocaêion^ ou par événement)- Je vous les garde en réserve pour un chapitre du Blason, que je vous prépare^ et Je ne vous parlerai maintenant d'aucune devise gothique a moins qu'elle ne soit allégorique a des armoiries.
Il est assez connu que, dès l'année 4490, la première devise de vos armes était nul se s't frotte ! ce qui se rapportait visiblement aux feuilles lancéolées de votre créquier; mais Jean Y, Sire de Gréquy , crut devoir Tabandonner par égard pour Louis XI, attendu que ce Roi de France avait arboré la même légende » en y donnant pour corps de devise un porc-épic.
J'ai vu l'empreinte d'un signet de la Reine Blanche deCastille sur lequel on voit un lys au naturel, appliqué sur un champ semé de fleurs-de-lys héraldiques^ et la légende circulaire autour de ce cachet porte ces mots de la sainte Écriture : Lujvm ihteb liua.^
iî4 SOUVENIRS
La Reine Marguerite de Provence, femme de Saint Louis, prenait pour embième une Reine- Marguerite avec oette légende en latin barbare, ou peut-être en dialecte provençal de ce temps-là :
ROTGNÀ DE PaRTERRA , AN CILHA RoTGNAE I>E COELT ( fo
Reine de la terre est la servante de ta Reine du dd^ Il est prouvé qu'à la fin du quatorzième siècle an ancêtre de Messieurs d^Ëstaing portait déjà pour devise des lys et des roses ; Tots por elx , Tots por ELLES ; et vous voyez que le Comte Charles d'Ëstaing n'avait pas eu la peine d'y changer grand' chose pour en faire à ta Reine Marte Leczinska celte galanterie qui fut trouvée si charmante! Tou^poter eux, tout pour elles f On s'écriait : C'est ravissant I et personne ne savait que la Reine , femme de Louis XV , n'en avait pas l'étrenne.
Les Quélen , dont le nom bas-breton signifie do houx et dont le cimier des armes est une branche de cet arbuste, ont pour devise Kimrique : Erpbr Easer Queien {le k&àx est toujours vert).
La vieille devise des vieux Goyon avait pour corps une grosse tour, et voici son âme armoricaines Keranseer samehbc Keransker GimiUEHEG {ehàtean redoutable et châtelain seeourakle)»
J'ai toujours distingué celle deMM. du Boseq de Radepont qui portent quatre lions dans leurs armes: Plus qu'ung lton. J'aime cette devise; elle est de franc-jeu ; mais ne vous impatientez pas , j'ai fini mon chapelet gothique, et nous enlrofis dans la renaissance.
Messire Jean de Médicis avait donné pour devise à Pic de la Mirandole, qui se mourait de labeur^
DE LA MARQfnSfi K CRÉQUW ]2â^
ffii FttmAeau brékaiU à se$ deux» boula: se hbro wm^ MAS TiDi {ptus deviôf 9i moins de lumière).
A Don Joan d'Autriche, vainqueur a Lépante, une Fueie. Dà l'àbdore, l'aediee. (V excès de mon audace vient de mon ardeur, )
A Don Pio Sakiati qui s'était insurgé contre le Sénat de Pise ; Un Aigle : l'alto non temo {Je ne crains fwint de m'élever).
Pour le Commandeur d'Aquino, calomnié par son frère ; un Cygne sur Ceau ; Tangos , non tin^e. {J*en suis touché sans en élre taché.)
Je TOUS avouerai que je ne fais pas grand cas de la devise de François premier. £icep(é sur les images cabalistiques et les diplômes de Rose-Croix , qui est-ce qui a jamais yu des Salamandres dans Us flammes? Quand les ignorans et les enfans peuvent demander: •— qu'est-ce que cela? les personnes instruites et les gens d'esprit doivent dire : — je n'aime point cela 1 Si le corps de cet emblème est chimérique, l'ame en est complètement vide; mais il faut composer avec la complexion de certains individus. Les salamandres et les amoureux ne songent guère à ce qu'ils disent ; ils sont dans les flammes ! et pour un emblème de François premier, on est obligé de convenir que. les flammes étaient l'essentiel. (Il n'y a pas moins de 4 mille salamandres sculptées dans, les voûtes et sur les parois du château royal de Chambord!)
Pour arriver directement de François premier à son petit-fils, en passant par*dessus Henry second, qui n'a jamais fait ouvrer que des H entremêlées avec les croissans de sa belle Diane ; je vous dirai
126 ëOUVËJ^ilRS
que le Roi Henry III avait fait sculpter sur le mauiiolée de son favori, le feune Hyacinthe de Maugiron, une touffe de jacinthes avec ce vers de sa façon qui est d'une correction parfaite :
Des Regrets d'Appqllo triste et doulx mojnuhbht.
Ce fut l'Archevêque de Paris, M. de Noailles, qui fit enlever ce petit bas-relief, en disant queson air de paganisme était déplacé dans une église. Il en avait peut-être encore un autre bon motif, en arrière-pensée; mais toujours est-il que, pendant la jeunesse de mon père, cette allégorie payenne (avec le nom d'Appollon) se trouvait encore sur le môme tombeau dansTéglise de Saint Germain-rAuierrois^ où ma grand'mère et mes grands-oncles l'avaient toujours vue sans en être scandalisés le moins du monde. C'était dans la grande chapelle a droite, en face de l'hôtel de la Sainte-Vierge. On ne sait comment expliquer dans les Valois , cette candeur dans rimpiété, et cette naïveté dans l'impudence?
La douce et triste Louise de Vaudémont , épouse négligée du même Henry III, avait pris pour devise nn Cadran sous le soleil: Aspigeut Asncio& (Regarde^" moi afi^n que ton me eomidere!)
La Reine Marguerite, Duchesse de Valois, ne voulait plus porter les armes de France depuis la rupture de son mariage avec Henry IV , et cette ingénieuse princesse avait fait graver sur sa vaisselle et son sceau-privé une tige de Vigne avec ce vers du Tasse : L'Ardor temo et Gielo m'offende {Je crains f ardeur et la froideur m offense, )
DE LA MARQUISE D£ GRÉQUY. ir7
Henry Ë^tiénne avait donné pour Devise au pre* niier Duc de Sully (Grand-Maître de rartillerie) un Aigk portant la fùudre : Qoo jcssa Jotis 1 {Où JupUer veut que faille four lui.)
Marie de Médicis avait fait représenter dans les médaillons qui formaient les angles de ses tapisseries, à Bruxelles, une Cascade: de mi Caida, mi Câhdoe. {Dfme ma chute, la blancheur.)
La Reine Anne d'Autriche portait pour Devise au commencement de sa régence, la Lune qui se lève au coucher du soleil: Peb te, koïi tecum. (Par toi y sans toi.)
Je ne saurais approuver la Devise de Lou's XIV avec cet embtèaie du Soleil , qui, par son outrecuidance, est en opposition formelle avec le sage précepte d'Henry Estienne. A la vérité , le Roi Louisle-6rand a laissé représenter cette Devise , mais on ne saurait dire quMl l'ait jamais portée.
M"* de la Fayette écrivait un jour au Grand-Prieur de Froulay que la devise qui conyenait le mieux à Mademoiselle de la Valliëre était «ne Rose naissante^ avec ce vers du Tasse : QuAirro si mostea hen , tanto PiUBELLA, {Moins elle se montre, plus elle est belle.) Si je ¥ous rapporte cette devise , à qui je voudrais faire honneur, parce qu'elle est sœur de la Princesse de Clëves, ce n'est pas qu'elle ne me semble un peu plus spécieuse que véritablement ingénieuse. J'aime mieux celle que M*°* de la Fayette avait composée pour la Duchesse douairière de Gréquy (Armande de Saint-Relais. ) One Tourterelle. Piaugo sua morte , £ MiA viTA. {fe me plains de sa mort et de ma vie. )
Je vous ai parlé de cette belle Duchesse de Les*
m souvEmfes
diguièreSy Yotre grand' tante, qui était grand'^mère à 28 ans, et à qui M""« de Sévigné, votre aïeule , avait donné pour emblème un Orangtr : us Feuit r'x
DÉTRUIT PAS hk FtEUR.
Le Prince de Marsiilac, Francis VHI de U Rochefoucauld , portait pour devise au carrousel de Paris une Montré; Cheto fuob , CoiiifOTO dëntro. On disait avec raison qu'aucun emblème ne pouvait être mieux choisi pour ce jeune seigneur, attendu qu'avec un front si calme, il avait toujours le cœur et l'es* prit en agitation passionnée.
Ménage avait donné pour Devise aOigrand Condé vne Èpée: Pao Rege s^bpe, pro Patru sempeb. ( Pour le Roi souvent , pour la pairie toujours. )
A Bossuet un Éclair : Dvm illuminât , minàtub. ( En menaçant , il éclaire. \ Mes vieux oncles ont rabâché devant moi que M"*® de Sévigné disait k ce vieux Ménage : Mon bel amoureux, c'est bon à dire, mais si monsieur de Meaux taisait venir Grangeneuve pour lui faire graver sur un petit cachet, un éclair, de la part de M. Ménage, Grangeneuve dirait : — Dn éclair! que le tonnerre
écrase les sa vans ! de quoi se mèlent-ils?
La Devise de la Reine Christine était une Hirondelle, et Pour caERCHER mieux.
Celle de M"™® de Sévigné , une Hirondelle encore, et Le froid me chasse.
Ninon de Lenclos scellait ses poulets ( mon oncle le G. P. en avait gardé bon nombre et vous en trouverez dans mes portefeuilles ) avec une Girouette entre les quatre-vents. No mudo se wo mudan. (Je ne varie pas ^uand ils ne changent point.
DE LA MARQUISE DB GRÉQUY. tS»
J^ai trouvé dans les Lettres Édifiantes que l'Impératrice douairière de la Chine (en 4642) ayait choisi pour emblème une touffe de pâquerettes , ou petites marguerites , dans un beau vase de porcelaine; et je pense bien que c'était du vert-céladon-craqueié de noir avec des reliefs or et blanc ; mais le bon missionnaire n'en parie pas. Ge qui vaut beaucoup mieux , c'est qu'il nous donne la traduction des quatre lettres chinoises qui font l'âme de cette devise, et je ne saurais assez m'étonner que ces quatre lettres puissent dire autant de choses. Née sous le
SABOT DU aUSTKB , DESTINÉE À LÀ GUEULE DE l'aNE , l'auOUR m'a TROUVÉE DIGNE D*U]f TEUPLE , ET j'hABITB m PALAIS.
Je n'omettrai pas de vous parler de ce musicien Farinelli, favori modeste, à qui le Roi des Espagnes avait imposé Tobligation d'accepter un titre de Castilie, et qui choisi^ celui de Marquis d'£nsenada y ( ften m soi). Les armoiries qu'il s'était composées et qui peuvent passer pour une Devise , étaient des CerclesatUourd'un Centre, et Minihus Jnti- Mus. {Le plus proche est le moindre.) Je trouve qu'il y a dans cette humilité d'un homme aussi puissant quelque chose de si vertueusement noble , que j'en ai les larmes aux yeux.
La Duchesse d'Orléans ( mère de Philippe Égalité ) s'était mis en tète que je devrais lui trouver une Devise. Comment, répondis-je à M. de Pentbièvre, avez-vous eu la témérité de vous charger de cette commission-là ? Je ne connais pas un seul
emblème que je voulusse désigner Attendez
donc , pourtant , une cruche de grèsl dites-moi
no SOUVENIRS
ce que vous pensez d'une Cruche de grès, dure et
FaAGlI£?
La plus belle et la plus parfaite de toutes les Devises est peut-être bien celle-ci pour le Roi de Suède , Charles XII. Le tigne de l'Ourse (lequel est le signe aroiiilaire le plus près du pôle. ) Altior e Gelidis ( le plus haut des astres du Nord).
Mais précipitons notre kirielle en y supprimant les formules, car il est passé deux heures , et voilà que j'entends sonner mon couvert.
Le Maréchal de Villeroy , ancien Gouverneur de Louis XY.
Une di de mwUre.
j'ai réglé qui nous règle.
La Princesse des Ursins.
Une Aile^ prise de ses armes.
SERPERE NESCIT.
\ tUe ne sm pas ramper.)
Le Duc de Nivernais (ëpoux très fidèle).
Vm Chicorée.
i'àI blanchi sous UES LIfillIS.
Pour 1 abbé Barthélémy.
Vn Flageola.
SIMPLE ET TOUJOURS d'aCCORD.
Pour le Comte de Caylus (habile antiquaire).
Une Coupe étrusque.
NULLA ICONITA BIBONTUa FICTILIBUS.