‹ Souvenirs de la marquise de Créquy de 1710 à 1803Chapitre 77 sur 95 · ARRÊT DU 24 MARS · texte numérisé non relu

ARRÊT DU 24 MARS

Sous la présidence de W le Doyen des Maréchaux, ViceConnéUble, assisté de Noss»'* les Maréchaux de Noailles, de Laval et de Lautrec.

Sur ee que Nosseigiteurs ont appris qu'il survenait une contestation sérieuse entre Messire René-Louis d'E»coubleau de Sourdis, Marquis de Sourdis et d'AUuye, Comte de Montluc, Prince de Chabannois et de Carmaing, d'une part, et Messire Antoine-Alexandre Colbert, Seigneur en partie du Marquisat de Sourdis, à titre d'héritier et du chef de sa mère, étant possesseur au môme

(1) Ce rare et curieax document provient des archiyes de Créqay« et nous a para mériter d'être reproduit dans cet appendice. Vayez le H' yolume de la dernière édition des Souvenirs, chapitre 10 , pages 222 , 225 , 224 et 225. ( Note de l'Éditeur. )

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titre des terres et droits utiles de. la principauté de Gha» lonnois, d'autre part; sur ce que ledit Messire Antoine Colbert avait cru pouvoir ajouter 'k son nom celui de Sourdis, ainsi qu'il en aurait droit en stricte justice, et suivant la coutume vulgaire de France, où les Nobles possesseurs d^un bien noble ont la faculté de prendre et porter le nom d'icelni noble domaine ou fief, le Marquis de Sonrdis opposait à lui que ledit nom de Sourdis avait été porté par ses ancêtres paternels et sans nulle interruption depuis Tannée ^285, et qu'il ne pouvait être arboré par autrui, sans préjudice k la maison dont il sort et dont il est devenu chef des noms et armes à Textinction de la branche ainée, laquelle branche a fini dans la personne de Madame Angélique-Marie d^Ëscoubleau de Sourdis, héritière des domaines et non pas des titres et qualifications du Marquisat de Sourdis et de la Principauté de Chabannois , laquelle Dame Angélique avait épousé en Tan i 702 Messire François-Gilbert-Henry Colbert, Seigneur de Saint-Pouange, et lesquels ont eu pour fils aîné ledit Messire Antoine Colbert, surnommé de Sourdis, et sur qui porte la contestation que le tribunal a cru devoir évoquer h dessein de la terminer suivant les règles du point d'honneur, ainsi qu'appartient 9 Nosss'* les Maréchaux d'en user et décida souTeraine% ment et sans appel, dans toutes les contestations qui peu» vent s'élever entre gentilshommes ou s'émouvoir entre gens faisant profession des armes et brevetés de saMajestë. Ayant fait assigner, interpeller diligemment, et ouï suffisamment les deux parties, et considérant que le nom de Sourdis est devenu comme inséparable de celui d'£scoubleau, prenant en haute considération que c'est principalement et particulièrement sous le premier de ces

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deux noms que la maison de :^onrdi$ a marqué dans les annales da royaume, où tant de pages s'y trouvent décorées par les grandes actions, les hautes alliances et les antres illustrations qui la distinguent : considérant, avec non moins de bienveillance et d'équité, i^ que la jeunesse et rinexpérience dudit Messire Antoine Colbert ne lui avaient peut-être pas permis d'apprécier toute la portée d'une action contre laquelle a voulu réclamer le Marquis de Sourdis, et considérant, en second lieu, que le nom de Colbert ne saurait avoir besoin d'emprunter aucun lustre étranger à lui , pour être noblement honorable et géoérablement révéré, Nosseigneurs ont verbalement et sommairement ordonné ce qui va résulter du suivant écrit et billet d'honneur que notis avons transcrit, par ordre, au verbal et sur les registres du Siège Général de la Connétablie et Maréchaussée de France, en la galerie de la Tournelle/au palais de Paris, le vingt-sixième jour de mars, en l'année mil sept cent trente-six.

Je soussigné Antoine-Alexandre Colbert ée Sourdis , sur le procès que Messire René- Louis d'Escoubleau de Sourdis , Seigneur et Marquis de Sourdis ^ etc. , était sur le point d'intenter contre moi pour cause et à raison du nom de Sourdis que je porte Je reconnu? s et conviens équitablement que c'est par tolérance de la part dudit Marquis de Sourdis que j'ai porté et que je porte encore ledit nom de SouriUs, dont je ne me reconnais pas le droit de faire usage autrement que de taveu de son premier possesseur, moyennant quoi je

promets et y engage ma parole d* honneur à mon dit Sieur Marquis dé SourdiSy ainsi qu'à tous les autres membres de sa famille, d'abandonner et quitter ledit nom de Sourdis le jour même où je me marierai, pour ne jamais le reporter dorénavant; ensorte que ni^moi ni mes enfants et descendants ne puissent en aucune façon ni porter, ni prendre ou signer ledit nom de Sourdis, en aucun cas, pour quelque cause et sous quelque prétexte que ce puisse être; croyant devoir déroger en faveur de la parenté qui m'unit à la Maison de Sourdis, à tous les droits qui m'appartiens draient en qualité de possesseur de la. terre noble de Sourdis, et nonobstant toutes autres choses généralement à ce contraire; ce qui a été également reconnu, promis et attesté par moi soussigné François Colbert, Seigneur de la Principauté de Chabannois, tant pour mon frère aîné que pour moi et mes descendants ; déclarant, en outre, nous soumettre récipro^ quement pour la même clause du présent bit- Ut, engagement d'honneur, à la noble juri^ diction de Nosseigneurs les Maréchaux de France. En foi de quoi nous signons, à Paris, ce 23 mors ^756.

Signé : COLBERT DE SOURDIS.

COLBERT DE CHABANNOIS.

Signé : De MOLIGNIER.

Et plus bas «

Par M. le P. Lieutenant du Point d'Honnear, Signé : Thuédot, Greffier de la Cimnetablie.

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