‹ Souvenirs de la princesse de Tarente 1789-1792Chapitre 30 sur 31 · XIV. — Mémoire des autres dépenses relatives au mariage · texte numérisé non relu

XIV. — Mémoire des autres dépenses relatives au mariage

Au sieur Cormart (marchand de mousseline des Indes) 292 liv.

A madame Goman (id.) 523 liv.

Aux sieurs Mirvault et Gerdru, pour den-

teUes 3545 liv.

Au sieur Godin, pour toiles et dentelles.. . . 23120 liv.

Au sieur Thiébaut, pour toiles de Jouy. . . . 4569 liv.

Au S' Relu Girard, pour toile de Jouy 120 liv.

A M. Le Normand (autre mémoire), pour

étoflesde soie 2844 liv.

Au s' Baye, marchand de modes 48 liv.

Au S' Richard, pour blondes 131 liv.

Au s' Chevalier 72 liv.

A M^ Gourdain, marchande de modes 7193 liv.

A M"« Dumas, couturière 860 liv.

A M™« Lefèvre, ouvrière en linge 537 liv.

A M*« Feuchebourg, autre ouvrière en linge. 439 liv.

A M^e Suzanne Bardin (linge de toilette). . . 277 liv.

A M' Namur (lacets) 118 liv.

A la dame Gautray (galons pour la toilette). 920 liv.

Au s' Alberty, pour 12 cuillers à café de

vermeil 138 liv.

Au s' Lebaigue, bijoutier 1113 liv.

Au s*" Pihet, pour argenterie 148 liv.

A la princesse de Tarente, pour distribuer

aux gens de livrée de Thôtel de La Trémoille. 552 liv.

A ma dite dame, pour ceux qui ont apporté

des présents 720 liv.

Donné au comptable 1220 liv.

A ceux qui lui ont apporté des bouquets

pendant plusieurs jours de la part du prince. 60 liv.

Aux gens de livrée de la maison de Chft*

tillon 288 liv.

A M' Mesnil, somme avancée pour mettre au cierge de la princesse, lors de son mariage 144 liv.

Au suisse de la^uchesse ; somme donnée

aux tambours et bouquetières 48 liv.

A la princesse, pour ses habits d'hiver (nov.

1781) 3000 liv.

Mise au net du compte 6 liv.

Total général 66954 liv. 15 s.

1782y /4 février. Paris. — Dépenses de la princesse de Tarenle,

J'ai reçu de monsieur Mesnil la somme de soixante et douze livres pour les leçons de révérances de Cour que j*ai données à madame la princesse de Tarente.

A Paris, ce 14 février 1782.

Gardet.

Arch. naL T. 1051 «•.

1782-1783. — Dépenses de la princesse de Tarenle.

Du 13 avril 1782. ~ Fait graver à madame la princesse de

Tarente, neuf armes à des pièces de déjeuner doré.. . 9 liv.

Fait redorer la place des armes et rebrunir à neuf. 21 liv.

Total 30 liv.

Arrêté à la somme de trente livres laquelle sera payée par le s' Mesnil notre intendant à qui il en sera tenu compte en rapportant la présente quittance. A Paris, ce 30 juin 1783.

(Signé) : M. de Salm, duchesse de La Trémoille.

Je n'écris ceci que pour moi-même, afîn de repasser encore, avant de la voir finir, le cours de ma vie entière, avec ses malheurs, ses fautes, souvent venues de la fatalité qui les causa, avec ce repos et ce bonheur véritable qu'après tant d'orages, la Providence daigne m'accorder, hélas I trop tard, pour un cœur comme le mien.

Je me trompe, en disant que je n'écris que pour moi : c'est aussi pour cet être angélique, à qui mon âge n'a point fait peur et qui a bien voulu me confier son bonheur, avant d'avoir réfléchi qu'il me restait trop peu d'années à pouvoir le protéger ; j'écris enfin pour ce petit être qu'elle porte dans son sein ; Dieu veuille que ce soit un La Trémoille pour la défendre quand je n'y serai plus ! Ces lignes qu'elle lui lira, avec toute la tendresse éclairée d'une mère comme il en existe peu, avec toute la force d'esprit et de jugement dbnt elle est douée, lui apprendront que de la première éducation dépend l'avenir du reste de la vie ; celui qui a été gftté dans son enfance ne peut plus s'astreindre à réfléchir avant d'agir, à résister à ses passions, à ne viser que le but le plus noble et le plus honorable, même s'il contrarie son intérêt ou ses plaisirs ; l'âme la plus droite est ainsi entraînée dans des fautes qui pèsent sur l'existence tout entière.

A sept ans environ, je fus mis au collège du Plessis, sous la surveillance d'un gouverneur nommé Paris qui, lorsque mes frères furent en âge d'y être mis avec moi, a été renforcé d'un sous-gouverneur nommé Salentin. Pendant sept années, je

poursuivis mes études avec assez de succès ; à ma sortie du collège, je pris quelques mois de repos (1778), et fus confié à M. d'Attilly ', major du régiment d*infanterie de Tlle-de- France, homme d'esprit et d'excellentes manières, recommandé à ma mère par son cousin le prince Emmanuel de Salm- Salm. Je partis, en compagnie de ce major, pour le régiment en garnison à Ntmes, d*où il fut bientôt envoyé à Perpignan.

J'en revins en 1780 et, dans l'hiver de 80 à 81, mon mariage fut arrangé avec M"« d'Emmanuelle de Chfttillon, seconde fille de la duchesse de Chàtillon, qui devait hériter un jour de deux cent mille livres de rente : c'était une grande fille de 17 ans et demi (je n'en avais pas encore 17), maigre et peu formée, d'une physionomie sauvage et peu accueillante ; elle ne me plaisait pas du tout, mais devint plus tard ce qu'on appelle une belle femme. Mon mariage eut lieu en juillet 1781 ; mais ma mère voulut que je partisse le soir même de mes noces, pour le régiment de mon oncle le duc de Croy, Royal Normandie cavalerie, auquel j'avais été attaché comme souslieutenant et qui tenait garnison à Arras. Je le rejoignis, l'année suivante, à Vitry-le-François ; là, pour un enfantillage, j'eus une affaire avec un camarade, aussi jeune que moi ; mon épée lui glissa sur les côtes et lui tira quelques gouttes de sang, tandis que la sienne, passant le long de la garde de mon arme, me la faisait tomber de la main ; l'unique témoin de ce duel enfantin nous sépara.

Durant l'été de 1783, ayant obtenu une permission de quatre jours, je me rendis aux petites eaux d'Attancourt * avec trois camarades, plus joueurs que les cartes. J'eus le malheur de faire connaissance avec la passion du jeu d'une manière si effrénée que je passai vingt-deux heures de suite à la même table, où l'on nous apportait à manger. Après avoir eu devant moi 1500 louis de profit, je finis par les reperdre en totalité,

Page 1