VBNIRS DE LA RÉVOLUTION
Ma déplorable vie de jeune lioiriiiic a été loin de lui devoir de la reconnoissance, mais ce sentiment ne sauroit iiitliicr sur l'expression de mes convictions littéraires ; et je déclare hautement (juc les brillantes circonstauces de position oii il s*cst trouvé lui ont ravi plus d'avenir que nous n'en avons peixiu^ mes amis et moi. Trois ou quatre plaidoyers presque improvisés lui promettoient le premier rang au barreau si dramatique de cette période révolutionnaire, qui n'est pas finie. Je les sayois par cœur en prison, comme je les sais encore^ et je ne me les rappelle jamais sans me sentir ému d'admiration et de regrets sur un si beau talent, malheureusement sacrifié aux honneurs et à la fortune.
• XiV
Danton... dont la figure hideuse épouvante la liberté. Cette violente hyperbole est de Saint-Jiist.
GuADGT. . . CussY. Quelques-uns des personnages dont il est question dans ce paragraphe ont trop de rapport avec les miens pour qae je ne les fasse pas connoître au lecteur. Je les reprends donc selon l'ordre alphabétique :
Barbaïioux, Chai les-Jt an-Mai ic, né à Marseille, avocat et homme de lettres, ddputé des Bouche s-cki-Rhône, îmé de 50 ans (au moment de raclion}, mort sur l'éch'afaud à Bouleaux, le 25 juin 1794, après s'être frappé inutilement de deux coups de pistolet. C'étoit un des meml)rcs les plus jeunes et les plus éloquents de la Convention. Sa force et sa beauté en fai soient une espèce de héros épique, dont la physionomie est supérieurement tracée dans d'eicellentes pages des Mémoires de Louvet et de madame Roland*
BrzoT, François-Nicolas-Léonard, né à Évreux, avocat, député de TËure^ âgé de 33 ans, mort Tété suivant dans un champ des environs de Saint-Émilion où il fut trouvé à demi dévoré par les loups. La Montagne l'appeloit le roi Buzot^ parce qu'elle le regardoit comme le chef et l'âme des prétendus complots des fédéralisteSi
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LE mniKIBft BAKQUBT DES CntOTTOmS. 149
Girey-Duprî:, Josoph-Marie, né à Paris, liumine do lettres ot journaliste, âgé de 24 ans, ex('riité h Paris vingt jours après les Girondins, le 20 novembre M'XL 11 n'étoit pas de la Convention nationale, mais il avoit adhéré d'une manière assez vive aux principes des hommes d'État pour se signaler à leurs bourreaux . A l'époque où parle Gensonné, il étoit déjà prisonnier à Bordeaux; mais il ne fut amené à la Ck>nciergene qu'après la mort de ses amis.
GuADET, Marguerite-Élic, né à Saint-Émilion, avocat, député de la Gironde, Agé de 35 ans, mort sur l échafaud à Bordeaux le il juillet 1794, avec la plus grande partie de sa famille. Guadet fut le rival d'éloquence de Vergniaud et de Gensonné dont il ne cessa pas d'être l'ami. Quelques-uns de^es mouvements oratoires l'emportent même en véhémence tribunitienne 8iir tout ce qui s'est conservé de plus remarquable dans ce genre chez les anciens et chez les modernes.
LouvET, dit de Gouvray, Jean-Baptiste, né à Paris, hon^rno de lettres et journaliste, député du Loiret, âgé de 29 ans;niurt le 25 août 1797, à l'âge de 33 ans. Le seul des personnages historiques de rft récit qui ait été emporté par une mort naturelle. Le roman de Faublas lui avoit acquis, très-jeune, une réputation d'esprit dont peu d'écrivains de nos jours seroient jaloux. 11 y a de l'éloquence, bien qu'un peu apprêtée^ dans quelques-unes de ses philippiques^ r^t le récit de sa proscription renferme des pages admirables.
Pétioî< ou Péthion de Villeneuve, Jérôme, né à Chartres, avocat, maire de Paris, député d'Eure-et-Loir, âgé de 4U ans, mort de faim dans les champs de Saint-Émilion, où il fut dévoré par les chiens et les loups, vers le milieu de l'année 1794. Son parti i'avoit appelé Aristide. Les biographes ne s'accor* dent pas même sur l'orthographe de son nom.
Salles, Jean-Baptiste, né à Vézelise, médecin et homme de lettres, député de la Meurthe, âgé de 33 ans, exécuté à Bordeaux quelques mois après la mort des Girondins^ le 20 juin 1794;
Deux des députés nommés plus haut, Mazuyer et Noël, sont morts aussi sous le couteau révolutionnaire. Une iiuiltitiidc d'autresj ou victimes ou fugitifs^ échappent à ces rapides re-
iOU VENIR! DE LA &âV0U}T10ll.
vues, déjà trop niuUipliLn^s par rapport à la dimension do cet écrit. La calablrophe du 31 mai demand^roit à elle seule , une longue biographie spéciale.
Le!^ anthropopharies du Nouveau^-AfondeMes expressions sont en eflet celles de Barbaroux, qui a pu s'en servir avant de séparer de ses amis, mais qui les a consignées plus tard en caractères ifnmortels dans une lettre à son ûlsau berceau. Nous recommandons aux études des républicains à Tenir cet admi* raUe monument d'éloquence ei de raison.
Jacob Dupont. C'est le nom d'un conventionnel, (railleurs peu connu, qui avoit fait h la tribune profession d'athéisme. 11 disparut devant l'étrange théisme de Rohespierrei et mou* mt^ suivant les hiographes, en état de démence.
La révolution est comme Saturne, etc. Cette phrase célèbre de Vorgniaud a été prononcée d ins une question d'assic^nats. En m'exposant au danger de faire parier des orateurs tels que ceux-ci d'une manière indigne d'eux« je n'ai rien négligé du moins pour recueillir et encadrer leurs plus helles paroles^ toutes les fois que j'ai pu les lier au sujet. Ce genre de centon n'a rien de di^acieuXi à mon avis^ tant qu'il n'est pas postiche et forcé*
Oùmm Mirabeau celui de la monarchie, « J'emporte le deuil « de la monarchie) les factieux s'en disputeront les lan»* « beaux. i» Dernières paroles de Mirabeau» rapportées par Cabanis.
Sur le peuple tout entier.. Ce discours n'est qu'un pastiche sur la faiblesse duquel je ne me fais pas illusion, mais qui représente du moins avec quelque vérité lo mouvement du langage et les formes familières de l'orateur, 4e Tavoia détaché des GuiofiiMiis comme §péçlinm dans uu fragment sur l'Uih
LE DRUIIBII BAKQIÎBT Wè 6lll01«DIIIS. ftftt
qucnmde /a(rï6uiM«qui a trouvé sa place aUleurs^ de manière qu'il fera double emploi dans mes (Etivres^ puisqu'un libmire a jugé à prc^s de réimir sous ce titre pompeux quelques écrits profondément oubliés qui ne méritoient pas tant d'honneur. J'aurois facilement pointu à cette redoddaneelnullle en le remplaçant par uti autre; car il n'y a rleti de phis fecile qu'vm mauvais pastiche, mais c'est dcjâtrop d'un pastiche de Vcr^iiiaud. 11 faut étudier toute sa vie les grands écrtraîtis^ et les imiter si l'on peut. 11 ne faut pas les contiefduc. Ici, la circonstance et le sujet m'excusent peut-être.
Oubliez nos déplorablrs disputes. Lasource, préoccupé du projet d'usiu'pation ou de dictature du duc d'Orléans, n'avoit cessé de le poursuivre de cruelles ]>h}lip piques. Ce fui lui qui demanda l'arrestation du prince et celle de Sillery, qu'il dcvoit retrouver à le hafaud. J'ai appris du vén(^rablc abbé Emery, dont il sera question plus tard, que Lasource et Sillery s'étoient embrassés à plusieurs reprises le jour de l'exécution. En général^ et je ne saurois trop le répéteryii n'y a ici de mon invention que Fenchidnement logique des paroles, et j'ai cherché à le tendre aussi rationnel que possible. Tout ce qui fait allusion ftut faits est fondé sur des écrits ou des traditions Terbales dignes de foi*
Tu mourras comme Sidney. Cette phrase est de Girey-Dupré (V. notexy), qui la prononça peu de temps après devant le tribunal assassin, en répondant à l'interpellation qui lui étoit MÎB sur ses rapports avec Brissoh le la donne ici 'à un antre,
en vertu d'un privilège dont j'ai usé souvent sans dissimuler
cette licence, celui de m'eniparer de queUjues belles pai'olcs des absents, dans les occasions où elles ont pu se présenter naturellement à un de mes personnages*
mil
La Fayette, V idole devant laquellp j*avois si longtemps sacri* fié (V. le Moniteur, séance du Corps législatif, 19 août 171)2). Puissent de nouvelles rcvoiuUuns ne jamais rappeler au uubla
S5S 80UVBN1H8 DB LA BÈVOlirTIOTI. \
vieillard dont parle ici Lasouice lingralitude et l'iiyusUcc i des républiques!
LAMoLfiETTE, Adrien, né àTervent,dans le Boulenois, homme de lettres, prêtre, évêque constitutionnel de Lyon, nieinbie du Corps législatif, exécuté à Paris à l'âge de cinquante-deux ans, le 10 janvier 1704, soixante-dix jours après les Girondins. 11 dut »c trouver en même temps qu'eux à la Conciergerie, où M. l'abbé Ëmery le réconcilia, comme il avoit fait pour | Fauchet, avec Dieu et l'Ëglise. C'est de la bouche même de | M. l'abbé Emery qu'a été recueillie Texpression fort connue à laquelle on fait allusion ici, et qui est rappcnlée par la plupart îles biographes.
Par le saint Evangile, Duperret etoit protestant, ce qui ei* " plique rinterjection familière que la tradition lui attribue. |
H^aunanà Beaucaire. Bonaparte pouYoit s'y être effectivement rencontré en ce temps-là. Un des petits pamphlets politiques par lesquels U paya son tribut aux orageuses passions de l'époque étoit intitulé : le Souper de Beaucaire, et on n'ignore pas qu'il fut imprimé à Avignon dans les premiers mois de 1793> c'est-à-dire sous les yeux des amis de Duprat.
XXYll
Les Bomaim ne wmlmen^ pas y prendre des eedaves. Ce reproche est loin d'avoir rien d'injurieux en soi, car il ne peut être que fort honorable pour un peuple de ne point pai oUic propre à la servitude ; mais il fut saisi avec empressement dans sa mauvaise acception par les nombreux eimemis du gouvernement impérial, quand rsapultina eut ouvertement roiiqmavec le principe révolutionnaire, parce qu il n en avoit plus besoin. La phrase dont il est quii^tion, devenue promplement populaire, eourut la trance sous le nom de M. Lanjuinais, un des niejiiim s de la foible opposiliuii du Sénat, où se cooservoient encore quelques sentiments de liberté.
tB DKANIBR BARQUBT DBS GIB01IDIN8.
Cazotte, Jacques, né à Dijon en 1720, guillotiné à Paris dans »a soixante-treizième annoe, le 25 sepleoibre 1702, et qui n'est pjAS cité assez souvent eomnie un des espi-its les plus ingénieux, ULrx des plus nobles caractères, et un des liumnies les plus vertueux du dix- huitième siècle. II est fait allusion, dans le pa.ssage qui donne lieu à cette note> au fameux récit de la prédiction de Gazotte que La Harpe publia seulement quelques a.miées après^ mais qui pouToit cimiler dès lors dans le monde littéraire et politique. Authentique^ cette prophétie se* roit des plus extraordinaires^ apocryphe^ elle prouTe au moins que la froide imagination de La Harpe s'ëtoit élevée^ par l'étude des liyres saints^ à un genre de conception dont il n'y a. point d'autre exemple dans ses ouvrages. Je suis disposé à croire que Gazotte en a donné lui-même l'idée, quand les premiers développements de la révolution eurent rendu ce calcul de prévision plus facile et plus vraisembliible. Je me souviens d'avoir vu M. Gazotte, autant qu'on peut se souvenir de Tagc de huit h neuf ans. Il étoit l'anii de mon père, et les sujets familiers de sa conversation étoient fort propres à fixer les souvenirs des enfants. Le plus aimable des conteurs comme le plus beau des Tieillards, il se complaisoit en causeries vives et saisissantes qui auroient fait oublier le sommeil aux naturels les plus lourds et les plus paresseux. Son imagination étoit un ccmte oriental perpétuel dans lequel il s'attnbuoit volontiers un rôle, soit qu'il eût réeUement pris part aux événements . dont il parloit, soit qu'il ne pût s'empêcher de s'identilier, en racontant, avec un de ses personnages. Je n'ai consei'vé aucime idée de ce qu'on appeloit ses visions, parce que je les confondois probablement avec ses histoires, mais j'en ai ouï souvent parler à mon père. — M. Gazotte eut, par une exception qui devenoit raie, tous les honneurs de la mort politique. L'accusateur public lui avoit dit : « Pourquoi faut-il que j'aie « à vous trouver coupable après soixante-douze ans de vertus ! « 11 ne suffit pas d'avoir été bon ùU, bon époux, bon père ; « il faut encore être bon citoyen L'allocution du prési-
dent est le plus glorieux hommage qu'ait reçu Tinnocence en montant à réchaûnid : « Envisage la mort sans crainte^ lui I. — U
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SOUVENIRS ilB LA BévOLUTtOfl
€C dit-il ; songe (ju i Ue n'a pas le droit de tY'tanner! ce n'est a pas un pareil moment qui peut effrayer un liomme tel que a toi ! » — Sa fille l'a voit défendu des assassins de septembre ; elle ne put rien contre ses juges. — Et la peine de mort eu politique n'est pas le plus grand des forfaits i Pauvre Cazottel
Un mob turhulmt et convulsionnaire pour Thomas Payp^» ifo6 est un mot anglois (jui signifie « populace », dans un sens plus spécialement puliUque dont nous n'avons pas encore l'équivalent, la mobilium turba quiritium d'Horace. Le chevalier Croft pensoit que mob primitif pouvoit être radical dans mobilis. Ce rapprochement (»st au moins fort ingénieux.
Thomas Patne, de Thetford, comté de Norfolk^ fabricant de corsets, homme de lettres, député à la €k»nTention nationale par quatre départements, âgé de 56 ans au moment de l'action, mort seize ans après en Amérique. Thomas Payne^ que j'ai vu rarement, m'a laissé le souvenir d'un homme de bien, hasardeux en doctrine, réservé en pratique ; sujet à se livrer au mouvement des révolutions, incapable, d'en accepter les dan;,'ereuses conséquences ; bon par nature^ et sophiste par conviction. U ebt iort imparfaitement apprécié daus les biograpbie5«
AreiS'mr'Aube, Nom du lieu natal et de la maison de cam*
pague de DaiitOQ.
Aveû êon zèl» aeotmtumé. Valazé avoit été rapporteur dans le procès du roi, et Ducos, qui partagea son opinion, deToit lui tenir compte de son ardeur à soutenir l'accusation, avec toute la constance et toute l'àpreté de son inflexible caractère.
Le punch qui remplissoit tous les verres* Cette transition parottra un peu brusque dans une discussion qui pouvoit donner lieu à de si riches développements. J'en avois probablement ainsi jugé autrefois, car toutes les autres parties de la compoirïtiioii éloient aubovdonnées à celles dans mes pre*
LE DSaNiSa BANQUET DES GIRONDINS. tB&
mîers essais. A force d'y réfléchir, et j'y mis le temps, je me ôxiis convaincu que cet épisode entièrement philosophicfiie me "faisoit sortir de la spécialité de l'histoire ; qu'il ctoit de toute Invraisemblance qu'il eût occupé beaucoup de moments dans \g dernier banquet des Girondins, et qu'il ne pouvoit que jeter «ne langueur plus ennuyeuse encore que solennelle dans un ^l'ame déjà trop prolongé, dont le sujet est connu et le démioûment prévu dès le frontispice du livie. Qu'aurois-jc pu faire d'ailleurs autre chose que de copier le PlUdon 4e Platon arec celui de Moïse Mendelssohn, en assujettissant lamagni* fique simplidié de leurs raisonnements à de certaines combinaisons de style^ modifiées selon Téducation, Tesprit et le na* turel des personnages, et sur lesquelles je n'ai peut-être insisté que ti'op jusqu'ici, parce qu'elles m'offroîent le seul moyen imaginable de varier, au moins par la couleur tranchée des discours, le fond monotone cl une scène sans action et sans péripétie. Je crois qu'on tombera voldntiers d'accord avec moi, si l'on daigne se rappeler que répn([ueoLi l'artion se passe est incontestablement la plus étrangère à toute saine idée de psychologie qui se soit rencontrée jamais dans l'histoire de la société, et que je n'aurois pu l'animer dans les débats, pour n'être pas invraisemblable ot absurde, que de quelques pâles reflets de la philosophie du dix-huitième siècle dont personne aiyouxd'hui ne veut entendre parler. Cette combinaison, la seule qui approchât du vrai» auroit jeté quelque ridicule sur les interlocuteurs et sur la question elle-même^ et il n'y avoit lien de plus contraire à mon dessein. «
Un homme de beaucoup d'esprit, bien connu par son apti* tude à retenir des anecdotes charmantes et des mois délicieux, qu'on chercheroit vainement ailleurs, raconte que les GiKo>j- DiNs, dont il a gardé quelque souvenir, finirent par aller aux voix sur la discussion, et que la cause du spiritualisme et de la Divinité fut p(^rdue h la majorité d'une voix. Cette historiette est bien triste, mais j ai le bonheur de n'y pas croire, et dans aucune hypothèse je ne m'en serois servi. Je me suis donc borné à faire résumer en quelques mots par quatre de mes personnages. Le Hardy, Fonfrède^ Bissot et Fauchet, les proposi* tiens morales, I^ysiologiques^ philosophiques et religieuses qu'il aurc^t fallu développer. Ce texte est vaste, sans doute, et peut donner matière encore à un beau livre, après Mendels-
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tso soDysmns be la révolution.
sohn et Platon^ sous la pluiue d'un spiiitualistc éloquent et passionné. A la considérer sous ce dernier point de ^ue, je ne fais aucune difficulté de convenir que j'y ai renoncé par impuissance.
Z> Las Casas de la Révolution. Cette belle expression n'est pas de moi ; elle est de If . Réal dans un des plaidoyers mémorables dont j'ai eu occasion de parler note XDI.
Tables d'assassinats, qu'on osoit appeler des jugements. Camille Desmoulins étoit si loin de penser que Ducos et Fonfrëde fussent condamnés qu'il sortit de l'audience en versant des torrents de larmes. — Hélas 1 s'écrioit-il, c'est moi qui les ai perdus en publiant mon Brissoi dévoilé ! Ducos, mon pauvre Ducos ! — Ce mélange de fi énésie, de tendresse et de vanité donne jusqu'à un certain point la mesure des hommes de cette époque. Celui-ci n'étoit pas méchant, et sa mort a peutêtre absous sa vie. Camille Desmoulins, qui avoU sonné le glas funèbre des républicains de la Gironde, les suivit d'assoz près à la mort comme chef de la conspiration des indulg^m s ! c'est ainsi qu'on les appeloit! Terrible histoire que celle d an peuple où les accusateurs des Girondins, où les persécuteurs proscrits pour indulgence emportèrent à leur tour les regrets des gens de bien ! Que dis-je ! si nous savions à fond le secret du 9 thermidor^ nous y verrions Robespierre lui-même poursuivi comme continuateur du système de Camille qu'il avoit sacrifié. Les assemblées politiques font des coups d'Ëtat contre une influence qui tend à s'agrandir^ contre un pouvoir qui s'affermit ; elles n'en font point contre la terreur. Toutes les fois qu'un gouvernement tombe, on peut établir en prin» cipe infaillible qu'il a été modéré dans son système, ou ridiculement maladroit dans la maniure d en changer. Je ne m'en rappelle poait d'exemple^ mais il y en a.
Laigioelqt. Je ne me crois pas obligé dans ces notes, qui n6 sont pas écrites^ comme cela se pratique ordinairement, pour
grossir le volume^ à m'étendre en longues explications sur Fabre d'Églantine et Chénicr. Leurs noms sont trop connus de tous les lecteurs pour avoir besoin d'être rehaussés par le iuxe surabondant de la biographie et de la critique. Il n'en est pas tout-à-fait de même de Joseph-François Laignelot, député de Scine-et-Oise à la Convention nationale, qui vient de mourir fort obscur à l'âge de qmtre-vingts ans. Jeune cncort^, LaigneLit s'étuit annonce au monde littéraire par une tragédie intitulée Agis, représentée en 1779, et dont le sujet présente un rapprochement singulièrement remarquable avec la destinée fort imprévue alors d'un tribun qui devoit prendre place un jour parmi les juges suprêmes des rois. Personne n'a pu oublier qu'Agis ëtoit un roi de Sparte qui fut mis à mort par son peuple. Laignelot a passé tranquille à Ghaillot les années critiques de la Restauration, fidèle au culte de Harat qu'il aYOit beaucoup aimé, mais n'épanchant son enthousiasme religieux pour la sanglante idole de la Montagne que dans l'intimité du tète-à4éte le plus familier : au demeurant, homme doux, tranquille, de mœurs simples, de hmim conversation, fort occupé de litLéiaturc, et dont il n'auroit jamais été question, ni de buii Tivant^ ni après sa mort, s'il n'avoit fait que des vers.
Pons de Verdun. Robert Pons, natif de Verdun, et député de la Meuse à la Convention, ctoit un de ces hommes qui réalisent leur esprit en petite monnoie. Il toumoit le conte, l'épigramme et le couplet avec une rare facilité, qui l'avoit fait surnommer la Providence de VAlmanach des Muses. Le catalogue de sa bibliothèque annonce un goût éclairé et spirituel, quoiqu'un peu bizarre, et il n'est pas douteux qu'il auroit laissé intacte la réputation d'un littérateur aimable^ s'il n'avoit pas eu la malheureuse fantaisie de devenir un personnage politique. De plus beaux génies que le sien ont échoué contre cet écueil.
Maïuvais Hyh du Châielet. Fouquter-Tinville avoit été procureur au ChÉtélety et c'est à cela que Ducos fait allusion. Fouquier VLéMt pas d'ailleurs un homme sans littérature^ comme
80CY£NiaS m LA RÉVOLUTION.
on pourroit le croire au méchant langage de sa défenêe. H
avoit débuté dans la carriiT i' poétique par de petits vers fort doucereux, fort lunocents, et surtout fort laudatifs à la gloire de Louis XVi et de sa fanulle. Les petits vers fui-ent probablement mal accueillis ou mal payés, et c'est peut-être le dédain du distributeur des grâces qui a valu à l'humanité un de ses plus exécrables fléaux.
J'ai rimé sa dernière odyssée. On a fort mal dit^ comme le remaïqui^t le vieux Beaulieu» dans la Biographiê univers^, que c'ëtoit de sa propre arrestation que Ducos vouloit parier en improvisant cette chansonnette^ qui ne manque pas d'agrément. Ducos fut arrêté à Paris même, en sortant de la Convention. La chanson resta, et je Tai souvent ouï chanter dans la rue, quelques années après, par une iimme jeune encore qu'on disoit devenue folle d'amour pour le poète, le jour de son exécution. Ce que je sais positivement, c'est que le contraste de ces traits abattus et de cette voix sanglotante avec les vives saillies de Ducos produisoit un effet inexprimable sur mon cœur de jeune homme. J'ai entendu dire que Tinfortiince étoit morte à la Salpêtrière. J'ofiTre avec plaisir ce aiyet de iVofiosHe à mes amis qui en tireront meilleur parti que moi
La plupart se répétèrent en otour. Tout ceci est exactement historique^ et il y avoit en effet assez de mots saillants dans le pot-pourri de Ducos pour expliquer cet accès de folle gaietë^ même entre des hommes naturellement sérieux, s'il aTcût éclaté en tonte autre occasion. Geuz-cisont riants et nai&:
J« prenois le long du chemin Ua âne pour un jact^in...
Dr fiayeur perdant la tête Pendant ce conflit e^oudam On me prit pour un>- l>ête.
Et c'est mou plus grand chagrio*
Si raird*im pauvre diable»
Ceil qoe je mie dépnUi ete*
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LE BERHIBII BAVQUBT des GIBONDRIS. t59
Le jeune compatriote de Ducos dont il est question un peu plus haut est, comme on sait, le fameux Pierre-Jean Garat> qu'un biographe appelle le PraUe musical et VOrphée modeme ; ce qui veut dire que Garât chantoit à menreille, et cela ne dit rien de trop.
Si des conseils insensés n*avoinit prévalu snr les miens. Les hommes politiques de TAssemblée législative étoient loin de vouloir le renversement du trône^ parce qu'ils prévoyoient les suites d'un événement si fertile en malheurs^ et qvd n'avoit point d'avenir possible dans notre civilisation. Gensonné en particulier n'épargna rien pour éclairer la cour sur les dangers de la monarchie ; le rédacteur de Fezcellent article qui lui est consacré dans la Biographie des contemporains, fort instruit, à ce qu'il paruit, de tuus ces détails, raconte que ce député et ses amis entamèrent une dernière négociation avec les Tuileries , par rintennéJiaire d'un peintre nommé Boze, qui étoit ciiarg^é de faire le portrait en pied de Louis XVI, et qui, pendant les séances, voyoit le roi sans témuins. Boze lui présenta môme un mémoire que Gensonné avoit rédigé^ et qui ne manquoit par conséquent ni d'éloquence ni de dialectique. La fatalité, qui précipitoit à sa ruine une malheureuse dynastie, voulut que ces offres salutaires des seuls esprits judicieux et prévoyants qu'il y eût alors aux affîûres fussent dédaigneusement repoassées; et ce que l'on auroit peine à croire^ c'est que les conseillers de la royauté s'efforçoient de traiter alors avec le parti de Danton! — C'est une chose instructire dans sa bitarrerie que le retour de drconstances analogues dans tontes les révolutions ; et cette instruction infaillible n'a cependant jamais profité ni aux peuples ni aux rois. Les vingt-un de 4793 auroient été un point d'appui en 4792 pour la couronne de tiaiice, comme les deux cent vingt-un en 1830. Le ministère à Gensonné, il n'y avoit point de 40 août ; le ministère à Casimir Périer, il n'y avuiL point de 29 juillet. Tout le monde sait cela, et si la même occasion se présentoit mille fois, il arriveroit mille fois la mi rih^ < liose, parce qu'il n'y a point d'expérience, point de raisonnement ({ni puisse prévaloir dans une institution surannée contre Tinstmct de suicide, contre la nécessité de mort qui l'entraine à finir.
t60 SOUVEKIRS DB LA BÊVOLCTIOM.
Dans les positions extrêmes, on ne consulte ni l'observatioii» ni l'histoire, ni le sens comimm. On consulte des courtisans qui se font passer pour capablesj des intrigants qui se donnent pour houiiiios d'Ktat, et tout est perdu; il sujvient bientôt, pour clore cette cunibiiiaison de vingt-un, quehiae terrible catastiophe qui termine tout pour tout remettie ea question ^ le t;tii(^i-iin janvier, par exemple.
ËMERT, Jacques-André, sapérieur général de la congrégation de Saint-Snlpice, âgé de soixante-un ans à l'époque de l'action, mort presque octogénaire en 48ii, dans les foncHom
de grand-vicaire de l'archevêque de Paris. J'ai eu le bonheur de lui entendre raconter, quelques années auparavant, avec une éloquence naïve et cependant pittoresque et colorée, une partie de ces détails qui ont beaucoup pâli sous ma plume; et c'est de sa bouche que j'ai recueilli le nom de l'abhé Lothringer, sur lequel il m'a été impossible de me procm^er d'autres renseignements. Fouquier- Tin ville avoit laissé vivre l'abbé Émery par une raison qui peint mieux ce respectable prêtre que les éloges les plus pompeux : « La douceur et la « résignation de ce vieux calotin^ disoit-il, nous valent mieux 4t que vingt guichetiers. Elles empêchent les autres piison- « niers de crier. »
On VéeotUoit peu,.. ^ onne 1$ eomprenoit pas. Carra avdt en eftet annoncé à ses amis un livre intitulé : la rératrectton et VimawrtaUté de Vitre en B<m ideaUté f»ùuvée$ par le maté" rMisme, Je tiens cette particularité du fameux docteur Sey ffer, dont on est étonné de ne pas trouver le nom dans la Biographie des eontemporains. SeyfTer, qui n'est mort qu'en 1809, et avec lequel j'ai eu les rapports que rnc permettoient mon âge, la bizarrerie de ses systèmes, et l'extrême difficulté qu'il avoit à les développer en notre langue, étoit un vérit;il)li' illuminé, fort accrédité à la cour de Louis XVI, où il s étoit formé une nombreuse clientèle sous les auspices de M. le duc d'Orléans, dont il avoit été, à l'entendi e, le médecin particulier ; ce que je n'ai jamais vérifié, à défaut de m'en informer. 11 professoit la théorie de Carra, dont il est parlé dans le paragraphe qui
» DIBNIBR BAHOVBT DBS GIBOBDmS. B61
correspond à celte note, et il accusoit amèrement Carra de la lui avoir dérobée : reproche d'autant plus fondé en apparence, que cet infortuné Carra est bien connu pour un des plus détenninés plagiaires de son temps. Seyffer s'occupoit, au reste, beaucoup moins de sa double profession de médecin et de philosophe que de rêveries maçonniques; et je lui ai entendu dire qu'à n'étoit venu en France qoe pour y conférer à vingtf-hult adeptes le vingt-huitième grade de l'ancien écossisme d'où il prétendoii fièrement qu'avoit surgi la révolution. J'aurois bien de la peine à le croire. Ce grade étoit celui du chevalier Eadasch, que nous écrivons et prononçons Cadoehe, quand 11 est encore question de le prononcer ou de l'écrire. Kadasch est, dit-on, un mut hébreu qui signifle .sacre. Quant à Cadoche, il ne signifie rien du tout ; et sauf quelques mystères qui ont peut-être échappé à ma pénétration, le but et le résultat de cette nistitution ne sont pas moins insignitiants que son élymologie,
{Vergniaud),.* affectcU la prétention ée n'avoir jamais éerU une seule l^re. Il l'avoit dit à la Convention nationale. Le
reproche qui avoit exigé cette réponse fut renouvelé au tribunal, et Vt^rgiilaud se défendit peu ou se défendit mal de sa coriêspondance avec ses amis de Bordeaux ; mais quelle induction peut-on tirer du procès- verbjil des séances du tribunal révolutionnaire, comme on les hl dans le Moniteur? ï.a presse étoit déjà enchaînée, et la publicité des débats enlennée entre les sbires et les complices de la Montagne. Dans la main des tyrans, les garanties de la liberté deviennent des instruments de tyrannie, et c'est ainsi que se font, dans tous les temps, les révolutions de tous les peuples. On doit à quelques résipiscences tardives l'aveu de la supériorité des Gibondims dans cette dernière lutte. On en jugeroit fort mal par les Jownaux.
{Il grava) le nom d'Adèle et le sien.,, dans la boite de sa montre. Mademoiselle Adèle Sauvan n'étoit qu'une aimable ptitite fille quand Vergniaud muurut. Peut-être lui étoit-elle destinée en mariage ; peut-être, comme d'autres hommes tendres et graves que l'amour de rindépendance a voués au
tes SOUVENIRS DE LA RÉVOLUTION,
célibat, Vergniaud aimoit-U à se dédommager de cette fnrha tion Tolontaire dans une douce amitié d'enfant. Ce qu^il j a de certain» c'est que l'affection qu'elle lui inspiroit paroit avoir été la plus viire qu'on lui ait connue. Quiconque a euk
bonheui de voir depuis mademoiselle Adèle Sanvan sous î« nom de madame Lcgoiivc qu'elle portoit en 1810, époque do sa mort, sait par comliieii de précieuses qualités d'esprit et de cœur elle iii-ii(inii un sentiment si glorieux pour son adt>lescence. La montre de Vergniaud fut en effet remise ave: fidélité entre les mains d'Adèle, et elle se souvcnoit d'y avoii trouvé la simple inscription que Je rapporte» griilbimée assez peu lisiblement^ mais dont il subsiste encore quelques traces. Toutefois, dans la crainte qu'elle ne disparût entièrement uo jour, elle se hâta de la faire reproduire avec plus de soin par un graveur, à la place même qu'elle occupoit, quand la réba^ bilitation légale des GiaonDois permit à Famitié de les avouer sans danger de mort, l'ai déjà dit, note iv, que rouvrier, préoccupé par la nouvelle forme du calendrier, s'y est trompé sur la date de Texécuti on. 11 seroit cependant possiblti que l'erreur fût de Vergniaud lui-môme, qui auroit oublié en écrivant que le mois d octobre avoit trentc-et-un jours, et cette distraction est parfaitement vraisemblable : elle ajfHitei oit un trait piquant de caractère au gnflbnnage autographe^ si nous avions eu le bonheur de le conserver sous le brunissoir de l'orfèvre.
La montre de Vergniaud^ qui est, à mes yeux, une Intéressante relique du plus beau talent de la révolution, mérite d'être décrite pour les amateurs de ce genre de curiosités. Elle est renfermée dans une boîte d'or très-légère de 18 à 19 lignes
de diamètre. Le fond est occupé par un verre coloré ou par une plaque ëmaillée d azur qui figure une espèce d'étoile à rayons nombreux. Le cadran, qui est numéroté en chiflres arabes, porte le nom de l'horloger Cronier, et le lieu de fabrication A Pafus. Son émail est fort écaillé à l'endroit où se met la clef. L'aiguille est arrêtée sur trois heures moins trois minutes, ce qui marqueroit assez la durée de son mouvement, si Vergniaud ne Ta pas remontée depuis l'heure où il se leva pou» aller au tribunal ; et on pense bien qu'elle n'a pas servi depuis. Elle est contenue dans un double cercle ea cuivre, propre à être garni de deux verres et qui en a conservé un.
IS DBRMIBR SAIVQIIBT DES GIRONDINS. t6S
Bien des lecteurs trouveront que la valeur intrinsèque de ce bijou ne le rendoit pas cligne d'une description si détaillée ; mais je n'en ai pas de plus précieux^ car il est à moi par le bénéfice de ramitié; et je ne le doimerois certainement pas ponr rhorloge magnifique dont Haroun-al-Raschid fit présent à Charlemagne. Madame LegauTë^ qui le tenoit de la main de Vergniaud mouranty le laissa par son testament à mon ami Jouy, qif il suffit de nommer pour rappeler aux amateurs du bon esprit et du bon goût un des écrivains 1^ plus ingénieux^ les plus aimables et les plus universels de notre époque. Jouy me Tavoit laissé dans le sien ; mais je n'ai pas besoin de dire ffue je le possède par avancement d'hoirie, et qu'il me seroit bien triste à voir, si je ne le devois qu'au funeste privilège de la survivance. Voilà pourquoi j'ai beaucoup parié de la montre de Vergniaud^ et pourquoi, peut-être, j'ai achevé d'écrire les GiRONDins.
La République descendit avec Brissot, etc. Il n'y a pas de doute sur le premier des Girondins livré à la mort ; c'étoit certainement Sillery ; la plupart des témoins que j'ai consultés s'accordent à croire que Fauchet fut le second; le reste devient très-vague, et ce n'est qu'au dernier qu'on retixniye quelques notions vraisemblables; encore ne sont-elles pas unanimes. J'ai suivi celles qui ofiient le plus de probabilité, le cérémonial de Fassassinat judidaire assignant ordinairement la dernière place dans l'exécution au plus coupable des condamnés, et ce rang revenant de droit à Brissot que l'acte d'accusation présentoit comme le chef de la prétendue conspiration deb tedéidUstes. Cependant plusieurs contemporains croient se rappeler que ce massacre finit à Viger, qui n'a voit rien à faire avec le fédéralisme, et cjui, ainsi que je l'ai dit ailleurs^ avoit à peine para à la Convention nationale. Cette particularité n'est pas au reste de grande importance p nir l'histuire qui n'aura déjà que trop de peine à compter nos moils^ pour se souder de l'ordre dans lequel ils ont étA frappés.
RECHERGHËS
MB
L'ÊLOQUËMCË RÉVOLUTIONNAIRE
AVERTISSEMENT KÊCESSAIRE ^
Les pièces suivantes ont déjà paru dans les Souvenirs de h
Révolvtion et de l'Empire, dont la première édition est depuis assez iongtenips épuisée. Cet ouvrage reprenant sa place dans la collection que Téditeur appelle mes CEuwree, et dont il foimera le huitième volume, j'en ai détaché tout ce qui avoit un rapport immédiat avec l'art de la parole an temps des GiAOMDiNs, et on en concevra facilement la raison : c'est que ces recherches n'étoient effectivement que des études pour un livre que je concevois en le commençant sous un aspect heaucoup plus riche en développements. J'ai déjà dit, mais je ne répéterai jamais assez, que mon impuissance m'avoit détrompé de cette longue illusion.
L'analogie de ce travail avec celui que j'avois entrepris est si intime, lu aui oit vià bien dillicile de m'y soustraiie à quelques redites^ même quand je les aurois entrepris succes-
lC«t ■▼eriisMnwat h trouva dam rMitioa oomineueë« n ISdâ*
AVEaTISSElIENT NÉCB88AIBB. 265
dTemfint^ au lieu d'y procéder d'une manière toute simultanëej essayant Fun pour faire Tautre* Mes Retherehm $w f éloquence
révolutionnaire ne sont donc qu'une ^losc de ce draine iiiipariait que j'ai intitulé : Le dernier Banquet des Girondins, Elles présenteront quelquefois des traits dont j'ai dû faire usage dans le système bon ou mauvais de ma composition^ mais sous une furme plus historique et plus vraie que celle du centon à laquelle m'assujcttissoit l'exiguïté de mou cadie. J'espère qu'on me pardonnera volontiers ces cinq ou six lignes de redondance explicative^ si elles expliquent réellement quelque chose. U est bien entendu que je suppose qu'on lira, et que je dis ceci pour ceux qui lisent. Leb antres se seroient passés de cette consciencieuse réticence» et j'avoue de tout mon cœur que les autres ont raison.
le ne finirai pas sans rappeler que les pages suivantes ont clé écrites sous la Restauration, époque où il étoit plus inconvenant que dangereux de réhabiliter de certaines réputations. Je ne les écrirois certainement pas aujourd'hui, de peur de les laisser prendre pour une concession à des idées qui deviennent une puissance, et que j'ai servies plus que je ne voulois (^uand elles n'étoieuL qu mi souvenir. Comme il n'y a rien d'absolument vrai eu politique et aiUeurs» toutes les causes sont bonnes quand on les embrasse avec candeur et bonne foi ; mais les âmes de ma trempe sont bien ridicules : elles ne sympathiseui avec les causes perdues.