‹ Souvenirs de la vie littéraireChapitre 8 sur 44 · CONFIDENCES DU DOCTEUR · texte numérisé non relu

CONFIDENCES DU DOCTEUR

Le cher docteur tint sa promesse.

Quelques jours après, il était assis près de moi ; voici ce qu'il me dit :

— J'ai lu, cher Monsieur, avec un bien vif plaisir votre volume sur de Balzac; je vous en fais mes sincères compliments, il aura du succès, je vous assure ; vous n'y épargnez pas les coups do griffa ni les sourires très-finement gracieux à celui qui vous a si indignement pris pour dupe et pour victime.

Il y a dans cet ouvrage beaucoup d'esprit et de malice.

Que pensez-vous de Balzac comme écrivain, car je ne veux pas vous demander votre avis sur l'homme privé ?

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— Vous me posez là, Monsieur, une question fort délicate à laquelle je ne puis répondre : je ne saurais exprimer mon opinion- personnelle sur le mérite de cet écrivain; tout le monde m'approuvera, car je suis très-loin d'être compétent ; je puis dire de lui, ce que disait le grand Corneille lors de la mort do son protecteur et ennemi intime, le cardinal de Richelieu :

a II m'a trop fait de mal pour que j'en dise du bien ; il m'a trop fait de bien pour que j'en dise du mal. »

Cependant, je puis exprimer ici une opinion particulière : je crois que de Balzac, de son vivant, a été trop loué, trop vanté surtout, trop surfait même, par les admirateurs de son talent, par les femmes d'abord, dont il flattait les petits péchés mignons; tandis qu'il a été vigoureusement fustigé , très-souvent injustement, il est vrai, par des Aristarques, de vrais Zoïles, constamment jaloux des produits qui ne sont pas leurs œuvres.

J'ai lu tout récemment, dans le Journal des Débats (octobre 1858), un très-remarquable article de critique sur de Balzac et ses 'écrits, dû à la plume élégante, spirituelle et mordante à la fois de M. Henri Taine, dont la place est marquée d'avance à l'Académie française, où il ira grossir la phalange des conservateurs de nos libertés gallicanes, car il faut être Français avant tout.

(^-et écrivain a jugé de Balzac avec une modération et une impartialité des plus parfaites.

Jugez-en, Monsieur; voici le portrait de Balzac qu'il crayonne d'une main de maître :

« Vous avez vu parfois une lourde chenille, aux pattes (( multipliées, aux dents infatigables, s'endormir et se « transformer dans l'épais réseau qu'elle s'est tissé ; il en « sort péniblement un papillon pesant, empâté et nourri « par les débris de sa chrysalide, et que ses ailes magni- « fiques ot énormes emportent an plus haut de l'air.

« Tel est Balzac, soutenu dans son vol hardi par la « vigueur grossière de son tempérament, par l'entasse- « ment de sa science, et dont le génie ne se dégage qu'à « force de patience, après mille études, avec des imper- « fections visibles, par l'accumulation et le triomphe de « la volonté. »

Je partage cette opinion.

M. H. Taine prend ensuite le scalpel du critique, il passe en revue et juge en maître chacun des ouvrages dont se compose la Comédie humaine.

La part des chefs-d'œuvre littéraires qu'il signale est bien légère, je vous assure. Lisez, Monsieur, cette curieuse analyse, elle a pour titre : Le style de M. de Balzac.

Lorsque la génération actuelle aura fait place à une nouvelle, celle-ci sera de l'opinion de ce sévère mais judicieux censeur.

Do Balzac a fait école, mais, hélas !

.le n'ai fait que passer . . il n'était déjà plusj

Ce qui restera à jamais de Balzac, selon moi , c'est l'observateur profond, patient et laborieux ; l'analyste du cœur de la femme qu'il a fouillé dans tous ses replis les plus cachés ; l'observateur des vices et des passions des hommes de ce siècle.

Oui, je le crois, de Balzac a été le plus profond comme le plus grand des psychologistcs de notre époque.

Voici tout ce que je puis dire sur cet homme de lettres, comme littérateur, que j'ai trop aimé jusqu'au jour où il m'annonça perfidement que mon Waterloo était sonné !

— J'ai fait, dit mon docteur, luie remarque sur un fait qui a une certaine importance dans la vie intime de Balzac, c'est que vous n'expliquez pas le véritable motif du prompt et inexplicable déménagement de la rue de Cassini pour

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aller se percher sur le point le plus culminant d'une rue déserte, presque inhabitée,, perdue pour ainsi dire, la rue des Batailles, à Ghaillot.

Vous paraissez l'attribuer à son horreur pour le service de la garde nationale , au désir de fuir les persécutions de son sergent-major, un dentiste qui lui gardait particulièrement une dent atroce, parce qu'il s'était refusé à lui confier les soins de son affreuse mâchoire. . .

— Je le crois encore, Monsieur!

— Erreur, mon cher, erreur des plus grossières ; c'était tout bonnement une fable inventée par ce romancier pour dissimuler le véritable motif de sa fugue du midi de Paris au nord. — Est-ce donc qu'Auguste ne vous en a pas dit le vrai motif ?

— Non certes, Monsieur; cela par deux bonnes raisons; la première, c'est que ce valet de chambre était pour son maître d'une inviolable discrétion ; la seconde, c'est que je trouve et juge infâme cette curiosité qui porte à interroger un domestique pour connaître les secrets d'un intérieur, les faits et gestes de ses maîtres ; cette "curiosité, je la nomme une bassesse.

— Et par Rose la bavarde, que vous nommez la grande Nanon, vous n'avez rien appris non plus ?

— Non, encore une fois, non ! d'ailleurs le jour même du déménagement elle avait été congédiée.

— Je conçois alors votre silence. Monsieur ; je connais, moi, dans tous les plus petits détails, les mystères de cette eurieuse historiette , ainsi que les causes de ce subit et prompt changement de domicile ...

Balzac prouva en cette occasion que non-seulement son cerveau était déjà comme celui d'un illuminé, mais encore que sa tête était toquée, véritablement toquée.

— Y aurait-il. Monsieur, de l'indiscrétion à vous prier, à vous supplier même de vouloir bien me raconter la vraie

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cause, le vrai mystère, comme vous dites, de ce changement de domicile qui a si grandement surpris ses amis, car rien ne l'avait fait pressentir. Vous excitez au dernier degré chez moi le vif désir de la connaître.

— ■ Nullement, Monsieur, je vais satisfaire vos justes désirs, car un jour, dans la seconde édition de Balzac y à votre tour, vous pourrez la raconter.

Je dois vous faire observer tout d'abord qu'il n'y aura rien de blessant pour la mémoire et l'honorabilité du caractère de votre ancien ami ; — il était jeune alors, libre de ses actions ; — l'aventure dont il fut le héros mystifié n'a rien à craindre de cette révélation tardive. Balzac a payé son tribut à la grande faucheuse depuis près de huit ans; il est mort, vous le savez, le 3 août 1850, il n'avait que cinquante ans ; il est mort au moment de jouir de la fortune acquise par ses nombreux écrits, le sang enflammé par ses travaux de nuit et par l'abus du café auquel les veilles forcées le condamnaient.

J'ai appris cette histoire, depuis quatre ans seulement, par le spirituel vicomte Charles de Rastignac- Cadillac, que j'ai eu la douleur de perdre des suites d'une maladie qui résiste trop souvent à la science, — d'uuQ tluxion de poitrine aiguë ; — ce bon et aimable gentilhomme était, à l'âge de vingt-deux ans, l'vm des six conjurés de la loge infernale de l'Opéra de 1883 et 1836, conjuration dont le dénouement eut pour résultat de blesser au cœur de Balzac, et do punir son arrogance aristocratique et littéraire.

Mais avant de vous dire le récit un peu long de ce boa Rastignac, si nous fumions un cigare? qu'en dites-vous? J'ai là (et il me passa son porte-cigares) d'excellents et délicieux londrès, choisissez-en un.

Je ne m'y refusai pas, je vous assure. Le havane allumé, assis dans un large fauteuil devant

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un bon feu, la jambe gauche croisée sur celle de droite, tout en aspirant l'arôme parfumé de la nicotiane , cet aimable et cher docteur commença ainsi l'historiette suivante que lui avait racontée son ami le vicomte de Hastignac.

LA LOGE INFERNALE OU DES LIONS A l'opÉRA.

— Vous avez connu , cher docteur, me dit mon ami Charles de Rastignac, cette célèbre loge infernale ou des lions de l'Opéra, qui Ht tant de bruit dans la société parisienne de 1833 à 1836 ; vous l'avez connue, non par ouïdire mais bien parce que vous étiez l'un des plus spirituels amis que nous y recevions dans la plus intime amitié ; nous étions sept qui l'avions louée à l'année.

Voici les noms de ces turbulents lions, dignes d'être cités dans les âges futurs ; c'étaient Messieurs :

Le marquis de Podensac ,

Le vicomte Charles de Rastignac-Cadillac, moi, votre ami,

Le comte de la Bastidc-Florac,

Le vidame Nestor de Saint-André de Cubsac,

Le baron Emile de Barsac,

Le comte de Grandignan-Preignac,

Le chevalier d'Entragues de Balzac.

Comme vous le voyez, chacun de nous était né sur les rives fleuries de la Garonne, aux environs de Bordeaux, dont les heureux habitants possèdent à un haut degré le feu sacré de la satire , de l'esprit, de la raillerie, et principalement celui de tout fronder et gouaillcr.

HONORÉ DE BALZAC. Tô

De Balzac était noire aîné; chacun de nous pouvait compter de vingt-deux à vingt-six ans ; nous étions tous riches, libres, indépendants, conduisant la vie élégante à grandes guides, dépensant follement notre or en prodigalités fastueuses et frivoles ; — chacun de nous connaissait l'art d'exprimer sa pensée par la plume ; — les grands comme les petits journaux , auxquels nous donnions chaque jour des articles mordants, étaient à notre dévotion. Malheur à qui avait l'audace de nous fronder! Malheur surtout, aux acteurs et artistes chanteurs qui avaient pu déplaire à l'un de nous ; — ils étaient certains d'être épatés, démolis, éreintés par des hommes qui ne craignaient rien, pas plus une rencontre au pistolet qu'à l'épée.

Nous formions ainsi une véritable société d'assurance mutuelle, intime, fraternell^e, contre quiconque essayait de se frotter à nous.

C'était dans notre loge que se réunissaient nos amis littéraires ou autres; — chacun d'eux y apportait son anecdote ou historiette scandaleuse, ou le récit de quelque aventure plus ou moins épineuse ; — vous savez par quels éclats de rire bruyants tous ces récits étaient accueillis. Plusieurs fois il arriva môme que le commissaire de police chargé du maintien do la décence et du l)on ordre dans la salle, vint faire cesser le bruit infernal de notre gaieté trop expansive. L'un de nous , Nestor, était, par ses sîMllies , l'un des plus redoutables critiques de tous les faits de l'administration de l'Opéra ; — avec Tcsprit sarcastique que vous lui connaissez, par ses articles [)lciiis d'une implaca])lo ironie, il était devenu un des adversaires redoutés de cette pauvre administration ; ce qui ne l'cmpôcha pas plus tard — sans doute pour apaiser sa verve mordante et démolissante — d'obtenir, en 1847, le privilège, pour dix ans, de directeur de ce même Opéra qu'il

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avait si bien houspillé ; ce privilège il le garda jusqu'en 1860, et il le céda à M. Perrin.

A la sortie du spectacle, nous allions tous les sept faire un succulent et joyeux souper au cabaret de la Maison- Dorée, où, de même qu'à l'Opéra, nous possédions un salon particulier dans lequel personne ne pouvait pénétrer sans notre volonté ; quelquefois nous y admettions des filles d'Eve du demi-monde.

Vers les trois ou quatre heures du matin , chacun se retirait chez soi ; nos équipages nous attendaient ; Balzac avait aussi le sien; c'était un coupé magnifique, un locatis qui lui coûtait 500 francs par mois, sur les panneaux duquel resplendissaient les armes parlantes des d'Entragues; le cocher et le petit groom, par la richesse de leur livrée, le premier par sa majestueuse corpulence, le second, par sa taille de Tom- Pouce, rivalisaient avec ceux de M. de Rothschild, ce roi de la finance.

Une particularité digne de remarque, c'est que M. de Balzac ne payait jamais sa part de dépense au quart d'heure de Rabelais; non pas qu'il manquât d'or — il avait une admirable bourse toujours bien garnie de ce vil métal; — il ne faisait payer que le lendemain en ajoutant un aristocratique pourboire pour les gens de service.

Certes, devant la quittance du payement de la location de notre loge, nous devions être tous égaux.

M. de Balzac en jugea tout différemment.

Dès la première soirée de notre prise de possession, il fit ce qu'avait déjà fait, dans une circonstance très-épineuse, Bonaparte avec ses deux collègues les consuls : — il s'empara de la première place, la meilleure, celle d'honneur, qui aurait dû être tirée au sort , puisque nous étions tous là au môme titre.

Nous fûmes blessés au cœur par cette inconvenante façon d'agir.

M. de Balzac, il est vrai, était; non pas notre grand maréchal littéraire, comme dans sa folle vanité il se nommait lui-même, mais notre soleil radieux le plus éclatant, notre nec phiribus impnr, pourtant chacun de nous l'emportait sur lui par l'éclat du nom de ses ancêtres, et surtout par la richesse.

Notre orgueilleux ami était donc là, chaque soir, à cette place d'honneur, se prélassant, faisant la roue devant une société distinguée ; il semblait lui dire : « Regardez-moi bien, je suis Guillot, berger de ce troupeau, » faisant tournoyer sans cesse entre ses mains gantées de blanc, comme celles d'un vrai gandin, sa monstrueuse canne de tambour-major, afin de faire scintiller aux feux de mille bougies les pierres précieuses dont la tète était émaillée ; son habit était de lin drap bleu, sortant des ateliers de son ami Buisson, son tailleur et celui de la jeunesse dorée, enrichi de boutons d'or, ciselés par Gosselin, son pseudo- Benvenuto Cellini, son joaillier-bijoutier ; sur son gilet de piqué blanc anglais, serpentaient et brillaient les mille anneaux d'une imperceptible chaîne d'or de Venise ; ajoutez, pantalon noir à sous-pieds, dessinant à merveille ses tibias, des bottines en cuir verni, et vous aurez rensemblo des perfections physiipies de notre ami.

Avec cette toilette ébouriffante, fort mal portée, je vous assure, cher docteur, avec cette lourde désinvolture si prétentieuse ([ue vous lui avez connue, lorsque jNI. de Balzac (juitlait notre loge p(#»ur aller se promener et se faire admirer au gi-and foyer, il ressemblait volontiers à un riche marchand de bœufs de Poissy, en grande tenue d'apparat, pour aller festoyer avec quelques amis la dive bouteille et C-onms.

Dans toutes nos réunions, il affectait à notre égard une

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grande supériorité ; — il nous parlait sans cesse de la vogue qu'obtenaient ses écrits, — de l'engouement des femmes pour sa propre personne, — de ses nombreuses conquêtes, — de l'illustre famille d'Entragues dont il prétendait que sa famille était issue ; — si bien que, pour flatter son orgueil aristocratique, et pour nous moquer de lui, — nous avions fini par ne l'appeler plus, entre nous, que d'Entragues ou d'Entraguet.

Ainsi sans cesse mortifiés par ce personnage fat, orgueilleux, vaniteux , nous résolûmes de nous venger de lui, et de le blesser au cœur.

La vengeance est un plaisir des dieux, ont dit les poètes. — Nous n'étions pas certes des dieux de l'Olympe, mais de simples mortels à qui la vengeance était chère et permise.

Mais comment nous y prendre avec un homme aussi fin, aussi rusé, aussi clairvoyant que celui que nous voulions mystifier, sans qu'il pût s'en apercevoir ni s'en douter même?

Là était la plus grande des difficultés, — difficulté trèsdélicate et très-épineuse.

Nous délibérâmes à ce sujet entre nous ;^ voilà ce qui fut résolu à l'unanimité.

Ce fut dans son orgueil de race aristocratique surtout que nous décidâmes de le blesser.

L'or n'est point une chimère, comme l'a dit Scribe dans un paradoxe insoutenable ; il est bien une réalité.

Que nous importait quelque peu d'or, à nous qui le dépensions si follement ? Rien ! absolument rien ; chacun de nous était riche.

L'or nous sera utile cette fois, nous dîmes-nous.

Le hasard, ce despote, qui préside toujours à nos destinées nous fournit l'occasion.

Depuis quelques soirées déjà nous avions remarqué

parmi les figurantes du corps de ballet, une nouvelle débutante, un rat, comme on les nomme dans la langue pittoresque des coulisses.

Ce rat, ou plutôt cette figurante, pouvait tout au plus compter seize à dix-sept ans, — sa taille était au-dessus de la moyenne; bien cambrée, — elle était souple, légère, bondissante, rappelant par son impatience fébrile les bonds capricieux et gracieux de la gazelle ; — ajoutez une démarche remplie de grâce, pleine de séduction et de distinction; — ses cheveux abondants étaient d'un noir d'ébène , ainsi que ses sourcils épais et bien marqués. Deux beaux yeux fendus en amande étaient voilés par de longs cils noirs et soyeux, qui en tempéraient la vivacité et l'éclat ; — sa peau blanche rivalisait avec celle du satin dont elle avait la douceur ; — les plus belles couleurs de ce rose, apanage de la jeunesse et le désespoir des coquettes , brillaient sur sa figure, dont le petit nez retroussé à la Roxelane révélait beaucoup d'esprit, de ruse et de ip.alice.

N'oublions pas deux perfections importantes de la nature : — de petites dents, perles blanches enchâssées entre deux lèvres de corail, — un pied qui pouvait le disputer, par sa petitesse, à celui d'une Andalouse.

Telles étaient les perfections physiques de ce rat si précieux, digne en tous points d'être croqué par un roi.

Nous jugeâmes que cette ligurante accomplie pourrait bien, si nous savions nous y prendre, nous seconder dans la réussite de notre complot.

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