LA RECOMPENSE PROMISE EST EFFECTUEE
En effet , huit jours après, M'*» Irène Gobald signait un })i'illant engagement de premier sujet pour la danse avec le directeur du grand théâtre de Bordeaux , dont les turbulents mais spirituels habitants sont constamment comme piqués par la tarentule , — ils sont fous de la danse ; — cette viUe est donc TEldorado désiré de toutes les jeunes et fringantes adoratrices de Therpsicore.
Heureuse cette fois, M"<> Irène partit immédiatement avec sa mère pour Bordeaux , laissant à Pasléger le soin de vendre leur riche mobilier, et ensuite d'aller les rejoindre.
Les journaux de Bordeaux annoncèrent avec emphase ses débuts , ses succès et ses triomphes.
Depuis oette éj^qu^ , qu^est devenue ce J^rillant sujet ? Nous n'en savons absolument rien i
De son côté , M. de Balzac ne reparut plus dans notre loge ; se doutait-il que c'était nous qui. étions la cause première de cette mystification ?
Il partit peu de temps après pour un lon^ voyage en Italie, dès qu'il eut vendu à une puissante et riche société de librairie » pour une somme fabuleuse, la propriété de sas oeuvres.
Il y a déjà» cher docteur, près de vingt-quatre ans que ces faits se sont accomplis, et neuf que notre ami a payé son tribut à la nature.
Ce secret a donc été religieusement gardé; mais aujoui*d'hui il n'y a plus de raison pour le tenir sous clef. — C'est pour cela que je vous l'ai fait connaître.
Ainsi termina M. A. Thierry le long récit de son ami , en ajoutant avec un sourire narquois : Si non è vero, è bene trovato, comme dit un proverbe italien.
Le fond de cette nouvelle est vrai.
Mais il est bien probable que la folle du logis de ce spirituel et bon docteur l'aura embellie par quelques brillants oripeaux de soi! imagination.
TABLE DES CHAPITRES
f« — Trois portraits au«si peu flatteurs que peu flattés.
H. — Mon jugement personnel.
Ilf. — Comment Je fais connaissance de cet homm€ de lettres. IV. — La rue du Ponceau.