Rhamhs, espèce de métayer qui cultive au cinquième
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vailler, ne faisait que dormir. Pendant ce tenaps, chose merveilleuse, la paire de boeufis marchait toute seule, de telle façon qu'au bout du jour ils avaient fait plus d'ouvrage que tous les autres. On rapporta ce prodige à Ismaêl, qui voulant s'en assurer de ses propres yeux, se cacha un jour près de là, et vît Ëmbarek couché sous un arbre, tandis que ses bœu& labouraient^. Ismaêl, se précipitant alors à ses genoux, lui dit : — Tu es relu de Dieu; c'est moi qui suis ton serviteur, et tu es mon maître. — Aussitôt, le ramenant chez lui, il le traita avec le plus profond respect. Sa réputation de sainteté s'étendit bientôt au loin : de toutes parts, on venait solliciter ses prières et lui apporter des offrandes. Ses richesses ne tardèrent pas à devenir considérables; maïs son influence était plus grande encore, et les Turcs eux-mêmes la respectaient. Les descendants de ce saint personnage furent à leur tour regardés comme les protégés de Dieu; en leurs mains habiles, cette puissance était toujours restée considérable. Lors de la guerre contre les Français, Ben-Allall, le chef des Ëmbarek, marabout vénéré, guerrier illustre, fut nommé par Abd-el-Kader son khalifat à Milianah; etle premier acte de sa puissance fut de détruire l'autorité que les Omar, depuis longues années déjà, avaient su se créer parmi les tribus.
La famille des Omar a des annales plus curieuses encore que celles des Ben-Yousef et des Si-Embarek. Leur
1. La tradition même ajoute que les perdrix, pendant ce temps, s'approchaient de Si-Embarek pour lui enlever sa vermine.
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histoire ^ se rattache à une de ces fortunes turques qui, selon Texpression arabe, se créent par le bras; et le dévouement d'une noble femme, dont le courage héroïque a deux fois relevé sa famille abattue, est venu dans ces derniers temps y ajouter un nouveau cachet de grandeur.
Le plus célèbre d*entre eux fut un de ces soldats dont chacun pouvait se dire en entrant dans la milice : «S*il est écrit, je serai pacba. » Méhémet-Ali, celui-là même qui fut vice-roi, relâchant à Mételin lorsqu'il se rendait en Egypte, rencontra Omar*, dont le frère occupait depuis quelques années déjà une position élevée auprès du pacha d'Alger. Méhémet-Ali et Omar se lièrent d'amitié et partirent ensemble pour tenter la fortune ; mais, à peine arrivé en Egypte, Omar reçut une lettre de son frère Mohamed, qui l'appelait près de lui. Les deux nouveaux amis se séparèrent, non sans s'être juré que le premier qui réussirait ferait partager son sort à l'autre. A Oran, oîi son frère était devenu khalifat du bey, la belle taille d'Omar, son œil dont nul ne pouvait soutenir le regard, ses longues moustaches noires, sa beauté éclatante, le firent nommer chaotis^. Peu de temps après, la fille d'un Turc de Miliaûah, nommée Jemna, que
i. Nous devons la connaissance des détails de cette histoire à l'obligeance de M. Roche, notre consul général à Tanger, qui a bion voulu nous communiquer quelques-unes de ses curieuses recherches. — Hoi-môme j'ai beaucoup connu le fils d*0mar, dont il est ici question,