‹ Souvenirs de Madame de Caylus avec une introduction et des notesChapitre 28 sur 33 · Ici s'arrête l'édition de · texte numérisé non relu

Ici s'arrête l'édition de

trop> (l'empire aux jeunes personnes qui l’approchoient ; ce qui l’a jetée dans quelques inconvéniens qui ont pu faire quelque tort à sa réputation.

On a parlé de deux hommes pour lesquels on a prétendu qu’elle avoit eu du goût : le premier étoit un fou * , et elle étoit un enfant quand il alla en Espagne, où il fut aussi l’amoureux de la reine d’Espagne1 2, sœur de madame la duchesse de Bourgogne.

Je ne l’ai pas connu parce que je n’étois pas à la cour dans ce temps-là ; mais j’en sais assez pour dire que les passions étoient en lui des folies, et par les excès où elles le

1 . On voit bien que c’est de M. de Maulevrier que je veux parler ; et la manière dont il s’est tué justifie assex ce que j’en ai dit : il se jeta par une fenêtre. (Note de Mme de Caylus.)

2. La reine d’Espagne lui avoit écrit quelquefois. Chaque mot de la lettre étoit enfermé dans une boule de lioca ; le paquet étoit adressé à l’abbé de Caumartin, depuis évêque de Blois. (Cette note paroîl être aussi de Mme de Cavlus).

portoient, et par les moyens qu’il employoit. Cependant, comme il avoit de l’esprit, il a ébloui pendant un temps les gens les plus sages. Madame de Maintenon n’a pas même été exempte d’avoir quelque bonne opinion de lui ; ce qui a paru par des audiences particulières quelle a bien voulu lui donner quelquefois. Madame de Maulevrier, fille du maréchal de Tessé, qui fut bien avec madame la Dauphine jusqu’à la mort de son mari, s’est brouillée avec cette princesse pour n’avoir pas voulu, à ce qu’on dit, lui rendre ses lettres ; mais, dans la vérité, pour avoir, je crois, répandu ce bruit-là sans fondement. Quoi qu'il en soit, il est certain qu’elle a toujours été mal avec elle depuis , quoiqu’elle fût fille du premier écuyer de cette princesse, et d’un homme dont le Roi s’étoit servi pour travailler à son mariage.

Nangis est le second pour lequel madame la Dauphine a eu du goût. Je ne parlerai pas de celui-là comme j’ai parlé de l’autre,

et j’avouerai que je le crois comme le public : la seule chose dont je doute, c’est que cette affaire soit allée aussi loin qu’on le croit, et je suis convaincue que cette intrigue s’est passée en regards et en quelques lettres tout au plus. Je me le persuade par deux raisons: l’une, que madame la Dauphine étoit trop gardée, et l’autre que Nangis étoit trop amoureux d’une autre femme qui l’observoit de près, et qui m’a dit à moi-mème que, dans le temps qu’on soupçonnoit qu’il pouvoit être avec madame la Dauphine, elle étoit bien assurée du contraire, puisqu’il étoit avec elle.

APPENDICE

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