MADAME DUGAZON DANS LE ROLE DE MARINE DE (( LA COLONIE
Ou najve, ou sublime, ou fidèle, ou parjure ; Son jeu toujours piquant, délicat et sans fard ; Sais prêter des charmes à l'art Et des grâces à la nature.
iravure contemporaine
belle-sœur, mon frère, M. de Rivière et moi nous avons joué plusieurs opéras-comiques, avec M"" Dugazon, Garât, Caillot et Laruette.
Ces deux derniers, qui étaient alors
tation du Mariage de 'Figaro par les acteurs
Souvenirs de Madame Vigée-Le Brun
de la Comédie-Française. Je me rappelle que M'" Sainval jouait la comtesse, M'" Olivier le page ; et que M"" Contât était charmante dans le rôle de Suzanne. Il fallait néanmoins que Beaumarchais eût cruellement harcelé M. de Vaudreuil pour parvenirà faire jouersurce théâtre une pièce aussi inconvenante sous tous les rapports. Dialogue, couplets, tout était dirigé contre la Cour, dont un^ grande partie se trouvait là, sans parler de la présence de notre excellejU prince. Chacun souffrait tie ce manque de mesure; mais Beaumarchais n'en était pas moins ivre de bonheur : il courait de tous côtés, comme un homme hors de lui-même ; et, comme on se plaignait de la chaleur, il ne donna pas ie temps d'ouvrir les fenêtres, et cassa tous les carreaux avec sa canne, ce qui fit dire, après la pièce, qu'il avait doublement cassé les vitres.
Le comte de Vaudreuil dut se repentir doublement aussi d'avoir accordé sa protection à l'auteur du Mariage de Figaro.
Peu de temps après cette représentation, Beaumarchais lui fait demander un rendez-vous qu'il obtient aussitôt, et il arrive à Versailles de si bonne heure, que le comte venait à peine de se lever. 11 parle alors d'un projet de finance qu'il vient d'imaginer et qui devait lui rapporter des trésors ; puis il finit par proposer à M. de Vaudreuil une somme considérable s'il veut se charger de faire réussir l'affaire. Le comte l'écouta avec le plus grand calme, et quand Beaumarchais atout dit : « Monsieur de Beaumarchais, lui répondit-il, vous ne pouviez venir dans un moment plus favorable ; car j'ai passé une bonne nuit, j'ai bien digéré et jamais je ne me suis mieux porté qu'aujourd'hui; si vous m'aviez fait hier une pareille proposition, je vous aurais fait jeter par la fenêtre. »
Une des belles campagnes que j'aie vues
était Villette. La « Belle et Bonne
marquise de Villette » m'ayant engagée à venir l'y voir, j'y suis allée passer quelques jours, et je retrouve dans mes papiers de fort jolis vers que M. de Villette fit pour mon arrivée. Je les copie ici, en vous priant toutefois de ne pas oublier que c'est un poète qui parle :