‹ Souvenirs de Mme Louise-Elisabeth Vigée-Le BrunChapitre 45 sur 84 · COMTESSE DE SABRAN · texte numérisé non relu

COMTESSE DE SABRAN

Peinture de Madame Le Brun.

Gravure de Berger («787)

sation si piquante, si pleine d'anecdotes que personne ne savait conter ainsi, me retint plus de trois heures auprès d'elle. Je pensais en l'écoutant, que, ne voyant rien, ne recevant aucune distraction des objets extérieurs, elle lisait en elle-même, si je puis m'exprimer ainsi, et cette sorte de lanterne magique de choses et d'idées, qu'elle me retraçait avec tant de grâce, me retenait là.

Je ne la quittai qu'à regret, car jamais je ne \ l'avais trouvée plus aimable.

M"" de Bouf- \ fiers n'a laissé \ que deux en- \ fants, son fils, M. le comte de Sabran , • bien connu aussi non seulement par son esprit plein de finesse, mais encore par des fables charmantes qu'il récite dans la perfection, et M"' de Custine, que j'ai connue dans sa jeunesse et qui ressemblait alors au printemps. Elle était passionnée pour la peinture, et copiait parfaitement lesgrands maîtres, dontelleimitaitle coloris et la vigueur, au poin., qu'en entrant un jour dans son cabinet, je pris sa copie pour l'original. Elle ne me cacha point tout le plaisir que lui causait mon erreur ; car elle était aussi naturelle qu'elle était aimable et belle.

Page 1