DÉHUTS D'UNE VIE D'HOMME DE LETTRES
grande place, surexcité par un but précis et ardemment poursuivi : la reconstruction d'un foyer détruit. En ce qui touche mon frère, ce que j'ai déjà dit de lui, ce que depuis il en a dit lui-même dans tant de pages délicieuses, me dispense d'y rien ajouter. C'est simplement pour mémoire que je rappelle qu'en 1857, il allait occuper un emploi de maître d'études au collège d'Alais, où le souvenir vénéré de notre grand-oncle, l'abbé Reynaud, qui, sous la Restauration, en avait été le principal, venait de le faire admettre. Au même moment, nos parents quittaient Lyon pour aller attendre à Nîmes des jours meilleurs, qu'ils n'espéraient plus que de leurs fils.
Quant à moi, il était convenu qu'après avoir liquidé les affaires commerciales de mon père, — lourde tâche qui, cependant, ne me semblait pas au-dessus de mon âge, — je partirais pour Paris afin de m'y créer une situation et y préparer les voies à mon cher cadet. C'est de mon arrivée à Paris que datent les souvenirs dont je présente au public le premier volume.
Dans ma longue existence, j'ai connu beaucoup de personnages considérables, assisté à des événements dont quelques-uns ont bouleversé le monde, et sans me prévaloir d'avoir occupé de grands postes dans l'État, je peux me flatter de m'être