SANCTUAIRES MUSICAUX I O
pallida, e muta, eslanca... e bella ' ! C'est là, par une liède journée d'automne, que j'entendis me parler du nouveau pape, de Pie X le (irand, le Saint, le Jlusicien, le jeune prêtre qui, pendant quatre années, à Venise, avait été non seulement le maître de chapelle, mais l'hôte et le commensal quotidien du patriarche, le lils chéri de son esprit et de son cœur. Appelé par Léon XIII à la maîtrise de la Sixtine, don Lorenzo avait dû quitter Venise pour Rome, et voici qu'appelé par Dieu, Pie X était venu l'y rejoindre. C'est don Lorenzo (pii m'ouvrit le premier les portes du Vatican. Avant tout autre, c'est à lui que je dois — quelle dette sacrée ! — l'honneur et le bienfait inouï de la plus auguste amitié. Quatre ans avant notre rendez-vous dePise, j'avais connu à Paris l'auteur de h Résiareclion duChmt. J'avais surtout admiré, connue je fais encore aujourd'hui, la seconde jtartie de son œuvre. Un souille ardent et fort la soutient, la transporte. L'Aube du triomphe est le litre de ces pages éclatantes. Elles le justifient. Tout y est figuré, tout y est émouvant :1e prodige et le jtaysage ; plusencore la rencontre de Madeleine et du Jardinier divin, son trouble, son saisissement et, répondant à l'appel du Maître, son cri : Rabhoui .' l'un des plus beaux (|ue des lèvres, du cœur de cette femme, la musi([ue ait jamais arrachés.
J'ai revu bien des fois, ;\ Rome, le jeune « directeur perpétuel » de la chapelle Sixtine. Que d'heures harmonieuses, tous les étés, nous passâmes ensemble ! Je traversais