CANTON
maisons à toits uniformes, amas traverse, coupé, sillonné par d'innombrables labyrinthes de ruelles, si étroites pour la plupart que deux palanquins ont de la peine à s'y rencontrer sans se heurter. Ces ruelles sont fermées en haut, à 5 ou 6 mètres audessus du sol, par des toiles ou des treillages, et bordées par des boutiques ouvertes en étalages de toute espèce.
La vie bruyante et le mouvement qui régnent dans ces artères industrieuses sont surprenants au plus haut point, et de nos palanquins nous avons été témoins, pendant nos premières courses, de scènes vraiment nouvelles et bizarres. Comme tous les personnages de quelque qualité, nous circulions en clïct en chaises à porteurs. Nos hommes criaient «arc plusieurs fois par minute, risquant fort (à nos yeux du moins) de se jeter à tout instant par terre sur les dalles humides et glissantes, cognant par ici un homme chargé de lourds fardeaux, heurtant par là l'immense chapeau de bambou de quelque autre passant, ou bousculant les mendiants plus ou moins aveugles qui se tenaient en file les uns derrière les autres, en faisant une affreuse musique de tamtam et d'épinctte. Singulier cortège vraiment que celui de notre procession passant dans l'imbroglio de ces ruelles et de ces boutiques, tournant à droite ou à gauche de la façon la plus imprévue, et suivant un itinéraire tellement enchevêtré que le dernier d'entre nous, séparé des autres et resté à la merci de ses conducteurs, eût été dans l'impossibilité absolue de se retrouver au milieu d'un pareil dédale!...
Contemplant du haut de nos véhicules une infinité d'industries diverses, parquées par quartiers, nous défilions successivement devant des étalages de poissons, devant des cordonneries, devant des boutiques de jade, de bibelots et de soieries, devant des magasins de meubles, des boucheries, où pendaient exposés des cochons de lait, des rats et des chats desséchés, ou bien encore devant des débits de grains, de riz, etc., etc. Partout