CANTON 1H
par des policcmcn indigènes qui interdisent l'accès à tout le monde, sauf aux domestiques des maisons européennes. Celles-ci, au nombre d'une trentaine environ, gaies et jolies, sont élevées dans de petits jardins et bordent une longue avenue centrale, toute gazonnée, que coupant à angle droit quelques courtes rues transversales. Une église anglaise et deux clubs internationaux complètent le nombre des bâtiments. Un quai ombragé fait le tour de l'île -, il donne, du côté de Canton, sur un océan de barques où barbotent des familles innombrables, de l'autre, sur le large fleuve et les bords plats des rives opposées. C'est la seule promenade pédestre offerte aux habitants de la concession.
Accueillis de la façon la plus cordiale par les représentants de MM. C. et C* et S. et C° de Hongkong, qui nous reçurent deux par deux dans leurs maisons hospitalières, nous avons passé quatre nuits sous leurs toits. Mais, malgré tout le confort de leurs habitations, l'impression que nous a laissée l'îlot est imprégnée d'une monotonie mélancolique. On s'y croirait dans une cage !
Presque tout notre temps a été employé à circuler dans la ville chinoise. Partant le matin pour rentrer à Sha-mine à l'heure du tiffin, et sortant de nouveau jusqu'au moment du dîner, nous avons consacré deux jours à visiter les endroits curieux, et deux autres à courir les boutiques et à faire quantité d'achats. Nous étions guidés par un Français établi commissionnaire à Hongkong qui nous avait rejoints à Canton pour nous piloter.
Comment maintenant dépeindre ce Canton tant de fois décrit, la ville chinoise par excellence et qui dispense de visiter toutes les autres, Pékin excepté? Que Ton se figure, dans un entourage de vastes faubourgs, une enceinte de 8 à 1 o kilomètres de pourtour, avec gros murs hauts de trente pieds et large de vingt, percés de sombres portes bardées de fer et impitoyablement fermées à la nuit tombante ; puis, au milieu de cela, un amas de