‹ Souvenirs de notre tour du monde;Chapitre 51 sur 73 · H: NARA · texte numérisé non relu

H: NARA

enveloppé dans la grossière superstition qu'entretiennent soigneusement les prêtres.

Le bouddhisme est bien la religion reconnue du Japon, mais elle se subdivise en une quantité innombrable de sectes dissidentes et rivales, ayant toutes leurs reliques, leurs saints et leurs héros spéciaux. Leurs bonzes sont voués au célibat. Ils ont la tète rasée, portent des vêtements sacerdotaux et des chapelets qui leur donnent une ressemblance extérieure, déjà souvent constatée, avec les prêtres catholiques de nos pays*, il en est de même de l'appareil luxueux et surchargé du culte qui rappelle beaucoup l'intérieur des églises romaines.

A côté du bouddhisme a été ravivé depuis la restauration impériale le shinfoïsme, qui est la religion antique des Kamï, ou divinités nationales, et le culte officiel de la maison souveraine. Ses rites et ses cérémonies sont empreints d'une simplicité archaïque qui exclut toutes les idoles -, ses temples ne contiennent que des miroirs ronds symboliques et une austère décoration de papier blanc en bandes déroulées. Les prêtres, connus sous le nom de katmushi, ont là faculté de se marier, portent pour les cérémonies des mitres noires et des robes de couleur, mais gardent dans la vie habituelle le costume civil ordinaire.

Toutefois, comme le nombre des kami est légion, et que toutes ces divinités fictives ont leurs sanctuaires aussi bien que les saints et les héros du bouddhisme, la quantité des lieux sacrés est innombrable, dans les villes, dans les campagnes, dans le pays tout entier. Le peuple vénère les uns comme les autres, trouvant sans doute sa plus grande satisfaction dans les réjouissances et dans les fêtes multiples faites pour célébrer tant de puissances surnaturelles, et profitant de toutes pour demander la réalisation de ses vœux.

De Musashino, l'hôtellerie isolée que nous habitions sur une pente au-dessus de la plaine, un grand escalier et un superbe

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