‹ Souvenirs de notre tour du monde;Chapitre 60 sur 73 · DE SAN FRANCISCO A CHICAGO · texte numérisé non relu

DE SAN FRANCISCO A CHICAGO

clic entre dans les sauvages déniés des cations. Des rochers aux formes fantastiques se succèdent sans cesse; à leurs parois de couleur rouge clair se détachent ici et là de petites touffes de verdure, sous les grandes lettres blanches d'une hideuse réclame de : Soyodont, So\odont et toujours So^odont! qui tirent l'œil et jurent atrocement avec la beauté du paysage. A trois heures nous sommes à Evanston, petite city au beau milieu des neiges. L'air est vivifiant, exquis.

L'après-midi nous passons par de nombreux snoiv-sheds, longs tunnels faits de poutres et de planches, plus qu'indispensables contre les rafales de neige qui bloquent souvent des trains pendant des jours entiers. Certains de ces sheds ont une longueur de plusieurs kilomètres. Nous croisons aussi le train venant de l'Est, et qui s'est trouvé arrêté pendant douze heures dans les Montagnes Rocheuses par suite d'une tourmente inattendue. Grâce à ce train, nous lisons les derniers journaux parus dans les villes que nous allons traverser; mais ils donnent surtout des comptes rendus locaux et consacrent des pages entières à la description des toilettes et des villégiatures des dames de Denver, la capitale élégante du Colorado. Nous apprenons ainsi l'intéressante nouvelle que M" B... portait hier au théâtre une robe saumon et que Miss M... vient départir en courte visite chez ses amis les O..., à X..., etc., etc.

Le 17 février, le premier arrêt a lieu à Rock-Creek House. Le paysage est tout empreint du charme sévère, de la saison. Nous sommes sur les hauts plateaux des Montagnes Rocheuses et nous allons traverser les grandes plaines de Laramie, où vivent d'innombrables troupeaux de cerfs.

Au milieu de la journée nous franchissons le fameux pont de Dab-Creck, qui ressemble à un tissu de fils de fer. A Sherman nous nous trouvons au point le plus élevé de la route, à

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