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Souvenirs de Saint-Acheul et d'autres établissements français dirigés par les Pères de la Compagnie de Jésus depuis le mois d'octobre 1814 jusqu'au mois d'avril 1857, ou, Vies de plusieurs jeunes étudiants élevés dans les maisons d'éducation

Les trois premières éditions de ces Souvenirs sont depuis longtemps épuisées. Nous en publions une quatrième à la prière de personnes zélées pour l'éducation de la jeunesse. Cette nouvelle édition, augmentée de quelques notices, sera, nous n'en doutons pas, accueillie avec faveur par les supérieurs et directeurs de tous les collèges dans lesquels la religion est en honneur. Les élèves de ces établissements, s.ins avoir besoin de recourir aux annales des siècles passés, trouveront dans ces notices des modèles proportionnés à leur âge et à leur condition présente. Les Gonzague, les Stanislas, les Berckmans, les Bereins, etc., se sont élevés à une perfection de sainteté qui a peut-être quelque chose d'effrayant pour le commun des hommes; et la vie de ces jeunes héros du christianisme peut sembler parfois plus admirable qu'imitable.

Nous vous offrons ici, chers enfants, d'autres modèles,

moins parfaits sans doute, niais en cela même plus accommodés à votre faiblesse; des jeunes gens, et même de tendres enfants, vos condisciples, vos amis. Comme vous ils ont eu des passions à dompter, des défauts à extirper, des fautes même à expier ; car enfin ils n'étaient pas impeccables : mais ces fautes légères, échappées à la fragilité et à la vivacité de la jeunesse, ils les ont admirablement réparées par la pratique habituelle des vertus de leur âge, par tout l'ensemble d'une conduite constamment régulière et édifiante.

C'est ainsi qu'en peu d'années ils ont su parcourir une longue carrière, et qu'au moment marqué par la Providence, ils ont fait avec joie le sacrifice de leur vie pour s'envoler pleins de confiance et d'amour dans le sein de Dieu.

En les contemplant sur le lit funèbre, vous envierez souvent leur sort, chers enfants. Eh bien! vivez comme eux en chrétiens, comme eux vous mourrez en prédestinés, heureux de mériter ainsi à votre tour d'être donnés pour modèles à ceux qui viendront après vous.

Amiens, Collège de la Providence, décembre I808.

DE SAINT-ACÏÏEUL

ET

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