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devant lui, ou il essayait de les excuser, ou il cessait de prendre part à la conversation.
Sa condescendance pour le prochain ne nuisait point à son zèle pour la gloire de Dieu; il en était dévoré. La vue des désordres publics l'affligeait amèrement, et il en parlait avec beaucoup de feu. Un jour s'entretenant avec une personne pieuse du dépérissement de la foi et des progrès de l'irréligion, il lui fit entendre clairement que de nouvelles persécutions, de nouveaux combats étaient encore réservés aux vrais enfants de l'Eglise; mais la vue de ce triste avenir n'abattait pas son cœur, elle le fortifiait : « Que nous serions heureux, dit-il à « cet ami, que nous serions heureux de mourir pour la « foi ! » j
Sa charité pour les pauvres, pour tous les malheureux, était aussi active que tendre et compatissante; elle ne se bornait pas aux besoins corporels, elle s'étendait avec plus de ferveur encore aux besoins spirituels. Avec quelle bonté et quelle vigueur en même temps ne savait-il pas exhorter et reprendre! Comme il savait se plier aux différents caractères! Tantôt il s'armait de fermeté, tantôt il prenait le ton de la prière; quelquefois un signe de sa part, son silence même était un avertissement efficace.
Cependant Auguste, plein du désir de servir le Seigneur avec plus de perfection, sentait qu'il lui manquait bien des choses pour y parvenir, et que l'état religieux seul pouvait satisfaire son cœur : cet état était à ses yeux un asile de bonheur au-dessus duquel il ne voyait que le ciel. Mais il n'osait rien se promettre, aucune voie ne semblait pouvoir s'ouvrir pour le rapprocher de ce terme : tout s'y opposait au contraire, et plus que tout le reste, la volonté de ses parents, qui craignaient de se voir enlever pour toujours un enfant si digne de leur affection. Au mois d'août 1827 il confia ses peines à une personne pieuse. «Voilà les vacances, lui dit-il, faudra- «t il encore retourner au collège? Ne pourrai-je donc '< janais espérer d'entrer à Saint-Acheul? » On lui ré-