ALLEZ
soutenu d'une vie si éprouvée et si pure, ne pouvait être frustré. La veille de son départ, après avoir reçu la sainte communion, il lui fut permis de prononcer la formule de sa consécration à la Reine des Anges.
On avait cru remarquer un peu de mieux dans l'état du malade; sur les instances réitérées des médecins, Ton s'empressa d'en profiter, sans qu'Auguste dit un seul mot soit pour avancer soit pour retarder le départ. Telle avait toujours été sa pratique. L'infirmier qui le soignait depuis longtemps en était dans l'admiration. « Quel bon enfant ! disait-il. Il ne se plaint de rien, ne « demande rien, ne refuse rien; il est toujours occupé « de Dieu et de la sainte Vierge ; on fait de lui tout ce f< qu'on veut. » Auguste sentait vivement les bons offices qu'on lui rendait : par une parole affectueuse ou par un sourire aimable, il tâchait d'adoucir à ceux qui le servaient les fatigues que leur occasionnait sa maladie. Au moment du départ il chargea son frère de témoigner sa reconnaissance à ceux des supérieurs qu'il n'avait pu voir, à ses maîtres, aux infirmiers, enfin à tous ses pieux condisciples : son cœur se croyait redevable envers tous du bonheur dont il avait joui à Saint-Acheul.
Il partit pour Lille dans les derniers jours de mars. Les circonstances de sa maladie depuis ce moment nous ont été transmises par un de ses frères qui ne le quitta plus jusqu'à sa mort. Voici ses paroles : « Notre bon Auguste, dit-il, est arrivé ici à Lille après avoir beaucoup souffert des fatigues du voyage. Le lendemain, qui était le dimanche des Rameaux, son état avait empiré. Il me proposa de lui lire quelques passages de la Passion de Notre-Seigneur, et de réciter quelques prières k la sainte Vierge, entre les mains de laquelle il avait remis tous ses intérêts. Sa confiance en elle était sans bornes. Pendant toute sa maladie il voulut avoir son image sous les yeux. Quand il avait la force de parler il aimait à exalter ses grandeurs, à raconter quelques traits de sa bonté, à dire la dévotion qu'on a pour elle à Saint- Acheul. 11 m'entretenait souvent des avantages de la