‹ Souvenirs de Saint-Acheul et d'autres établissements français dirigés par les Pères de la Compagnie de Jésus depuis le mois d'octobre 1814 jusqu'au mois d'avril 1857, ou, Vies de plusieurs jeunes étudiants élevés dans les maisons d'éducationChapitre 48 sur 66 · BASTARD · texte numérisé non relu

BASTARD

(eunest).

Décédé le 21 novembre 1853, à l'âge de 12 ans et demi.

La dévotion à la sainte Vierge et la piété filiale résument en deux mots la vie de cet aimable enfant. À peine âgé de neuf ans, il regardait comme une insigne faveur de servir à l'autel, d'accompagner le prêtre qui portait les sacrements aux malades et de chanter avec lui les louanges de Dieu. Jamais il ne prenait son repos, lors même qu'il était fatigué, sans avoir récité les litanies de la sainte Vierge. Malgré sa vivacité naturelle, il se fit aimer au collège, où il entra en 1851. Il se prépara avec ferveur à sa première communion, qui eut lieu le 5 mai 1853. Ses condisciples croient qu'il n'a pas manqué aux résolutions qu'il prit en ce beau jour. Ernest mettait son affection envers ses parents, comme envers Marie, à bien remplir ses devoirs, et Dieu couronnait ses efforts. Dans une douloureuse maladie de vingt et un jours, il montra mieux que jamais à sa famille qui l'entourait combien sa piété d'enfant était déjà solide : souvent de sa main défaillante il essayait de faire le signe de la croix, de baiser son scapulaire, de prendre son chapelet; souvent son regard, plein de résignation, se portait sur le crucifix, ou sur l'image de Marie, ou vers le ciel. C'est là, nous l'espérons, que sa belle âme s'est envolée parmi les anges, le jour de la Présentation, à sept heures du soir, au moment où on récitait l'Angelus. Après sa mort, ses jeunes condisciples se partagèrent spontanément les petits objets qui étaient à son usage, témoignage touchant de leur amitié et de sa vertu.

VTNCHON.

VINCHON

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