‹ Souvenirs de Saint-Acheul et d'autres établissements français dirigés par les Pères de la Compagnie de Jésus depuis le mois d'octobre 1814 jusqu'au mois d'avril 1857, ou, Vies de plusieurs jeunes étudiants élevés dans les maisons d'éducationChapitre 47 sur 66 · ILES-HECTOR— AUGUSTE · texte numérisé non relu

ILES-HECTOR— AUGUSTE

Décédé le 10 juillet 1810, à l'âge de lo ans

Jules-Hector-Auguste Cambier naquit à Lens le 3 avril 1825. Ses premiers pas dans la vie furent heureux ; une mère vertueuse, un père tendre et éclairé les dirigèrent. Pieux, docile, aimable, il fut dès lors la joie de ses parents et l'objet de bien douces espérances. Aux jours de sa première communion et de sa confirmation , on

CAMBIER

vit sa ferveur et sa générosité prendre un nouvel élan : il les appelait ses deux grands jours. Il entra au collège de Brugelette le 28 mai 1836; là se développèrent les germes de science et de vertu qu'avait déposés en lui Téducation paternelle. Un esprit juste, un jugement solide et déjà mûr, une charité douce, un amour constant de la paix, telles furent ses qualités distinctives. Cependant la vertu d'Hector n'était point une vertu d'éclat, elle croissait en silence; sa timidité naturelle, son extrême réserve semblaient en dérober le secret, mais il se révélait dans les épanchements de l'amitié. Toute sa conduite témoignait de son bon esprit, de son affection pour ses maîtres, de son respect pour leurs volontés. Dans l'occasion, il défendait avec zèle la religion et ses pratiques saintes. Marie était chère à son cœur; il aimait à saluer ses images, à lui adresser des prières : «Hélas! « s'écriait-il, que d'infortunés abandonnent leurs de- « voirs et se précipitent dans le désordre!... Du moins, « s'ils pensaient à Marie... Puissé-je, moi, ne l'oublier « jamais!... » La seule pensée des dangers du monde le faisait trembler, il n'osait y choisir une carrière et il enviait le sort de ceux de ses condisciples qu'il avait vus mourir au collège. « Quel bonheur, disait-il, de mourir « à Brugelette, on y est entouré de tant de soins, de « tant de prières, qu'il est presque impossible de ne pas « aller au ciel ! » Ses vœux furent exaucés : il mourut victime d'une maladie cruelle et inopinée, le 10 juillet 1840, à la quinzième année de son âge. La mort d'Hector, pleurée de ses maîtres et de ses condisciples, laisse sa famille inconsolable.

BA.STARD.

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