‹ Souvenirs de Saint Cyr et de l'École d'État-MajorChapitre 33 sur 37 · IJ · texte numérisé non relu

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les sous-lieutenants suivaient les cours d'une ficole d'application ; apr^s de nouvelles 6preuves, ils servaient success! vement dans I'infanterie, la cavalerie, rartillerie, et souvent meme dans le genie (i). lis connaissaient done le service de toutes les armes pour Tavoir pratique.

c Ils entraient ensuite dans un 6tat-major, ou remplissaient les fonctions d'aide de camp aupres des gendraux commandants les divisions, les subdivisions ou les troupes actives.

€ Depuis 1818, ou pour mieux dire, depuis 1820, date de la premiere promotion de Saint- Cyr, de grands abus s'etaient introduits dans le corps d'etat-major ; la loi de Gouvion-Saint- Cyr n'etait plus executee rigoureusement. D'abord, a la sortie de TEcole de Saint-Cyr ou de I'ficole polytechnique, on ne tenait compte que de Texamen qui donnait un num6ro de classement ; on oubliait qu'^ c6te des connaissances mathematiques,

(i) Erreur, rarement dans TartiUerie, jamais dans le genie.

topographiqueSy historiques, deYaient se placer des qualit^s toutes parliculieres : Un caractere calme et bienveillant, un esprit gdndralisateur dominant les questions, une grande facilite d'assimilation, un style clair rendant bien la pensee; rapide et sans 6cart, .une parole facile et une heureuse m^moire. Enfin, le goQt prononce du travail, une activity physique exceptionnelle, une babiletd remarquable en Equitation, et le sentiment du respect indispensable, pour qui vit sans cesse avec ses supErieurs (i).

Pendant leurs stages reginientaires, quelques officiers d'6tat-major, detourn6s de leur service par les colonels eux-memes, remplissaient des fonctions qui ne leur apprenaient pas le metier.

Enfin, dans les 6tats-majors, ils deyenaient de vdritables secretaires, copiant des ordres, des lettres, des circulaires. Ce metier de commis les

(i) Dans cette judicieuse nomenclature des qualit^s oeccssaires k I'officier d*etat-major, le general nous parait avoir oublid la connaissance d'une ou plusieurs langues ctrangdres.

LE CORPS DETAT-MAJOR l^^

humJIiait et faisait disparailre le charme de la carriere. Aides dc camp, ils ne trouvaient que rarement, auprfis de leur g^nfiral, un aliment subslanliel pour Icur intelligence. Un grand nombre donnaient eux-m^mes les ordres pour ne pas troubler le repos de leur chef (i).

* Ils voyaient de trop pres les defauts du commandement pour ne pas devenir sceptiques elennemis du travail.

* L'insCitution de Gouvion-Saint-Cyr avail peri, non par la faute des officiers d'^tal-major, mais bien par I'indiff^rence des chefs qui devaient les eclairer, lesdiriger, les commander, les iastruire, les preparer pour la guerre.

< Au lieu de la corriger dans ses applications, on a bris6 une oeuvre exceilente en soi. Tout en

[ij Ce que dit le gdn^ral Ambert est si vrai que nous pourrions citer un .giairal commandant une des plus Importantes subdivisions de France, qui, I'^te, s'en allait pendant trois mois k la campagne, fi 300 lieues, lalssant a SOD aide de camp mille ou quinze cents lettres signies en bkac pour eitpfdier le service.

condamnant Tancien corps d*etat-major, le gouvernement, depuis la paix, a souvent choisi des officiers de Tancien corps d'etat-major pour ministres de la guerre. »

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